Débats autour de la
réforme de la loi dominicaine de migration
Par Gotson Pierre, République Dominicaine,
juillet 2000
La
proposition de réforme de la loi de migration
présentée par le gouvernement Fernandez au
Congres dominicain "ne sert a rien",
selon Nassef Perdomo de la Fondation
Institutionalidad y Justicia. Il répondait ainsi
a une question lors d'une journée de réflexion
autour de la société civile, organisée le 21
juillet par le Centre Bono a Santo Domingo.
Un ensemble d'entités des secteurs
démocratiques et populaires dominicains
travaillent maintenant a une reformulation de
cette loi, qui pour le moins, selon elles, nie
les droits les plus élémentaires des étrangers
vivant sur le sol dominicain. De l'avis de ces
secteurs ce projet, préparé par la Secrétaire
d'État des Relations Extérieures, la Direction
de la Migration et le l'équipe de conseillers
juridiques du pouvoir exécutif, restreint et
pénalise notamment l'accès des immigrants sans
documents légaux a des soins de santé.
En République Dominicaine, le terme d'étranger
se réfère le plus souvent aux Haïtiens qui
forment de loin la communauté la plus nombreuse,
avec un grand nombre d'illégaux. Le chiffre
n'est pas connu, mais les estimations, reprises
par le Centro Puente, un organisme dominicain
travaillant sur la problématique, se situent
entre 500.000 et 1 million.
Le directeur de la Migration, Danilo Diaz, a
défendu, dans les colonnes de la revue
"Ahora", le 17 juillet 2000, l'avant
projet de loi incriminé. Il a insisté sur le
fait que "le pays doit vérifier et définir
quel type de migration lui est nécessaire, qui
protéger, a quel moment et comment".
La loi de la migration, qui remonte a l'ère de
la dictature de Trujillo dans les années 30,
"mérite d'être modifiée", admet le
Mouvement des Femmes Haïtiano-Dominicaines (en
Espagnol : MHUDA). Mais, ajoute MUDHA, la
réforme doit être pratiquée dans un esprit
d'"équité", sans chercher a
marginaliser certains groupes de personnes de la
société.
Durant les semaines écoulées, le projet de
réforme de la loi migratoire dominicaine a été
sévèrement critique, particulièrement les
sections se referant a l'éducation et a la
santé des migrants. L'Association Médicale
Dominicaine a même qualifié cette loi de
criminelle.
Début juillet, 20 organisations
haitiano-dominicaines et dominicaines a
caractère social et a vocation humanitaire ont
demandé au Congres dominicain de rejeter cette
loi, qualifiée d'"inconstitutionnelle,
unilatérale, excluante et discriminatoire".
Ces organisations et institutions, dont Service
Jésuite aux Réfugiés, Mouvement Socioculturel
des Travailleurs Haïtiens et l'Union de la
Jeunesse Dominicaine, estiment que le projet de
loi reflète seulement les sentiments d'un
secteur de la société dominicaine. Ces mêmes
organisations ont demandé que le document soit
"soumis a un vaste débat entre tous les
secteurs de la vie nationale".
La reformulation de cette loi est presqu'a point,
précise Nassef Perdomo. Le document qui contient
environ 200 articles aurait été analyse en
profondeur.
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