Harmonie entre Haïtiens et
Dominicains : Les enfants donnent l'exemple
Par Gotson Pierre, République Dominicaine,
novembre 2000
Les
voix des petits Haïtiens et Dominicains
s'entremêlent dans des chansons en Créole. Ces
refrains, ils les ont recemment appris lors d'un
"campamiento" à Carrisar, au nord de
la Republique Dominicaine, et Capotille, au
nord-est d'Haiti.
Chaque été, à l'initiative du bureau de
l'organisme Centro Puente à Dajabon, ville
frontalière du Nord de la Republique Domicaine.
Cette année, 24 enfants agés de 8 à 11 ans y
avaient pris part. Précisément 11 Haitiens, 12
Dominicains et un Haïtien/Dominicain. Ce dernier
s'est réclamé Dominicain à Carrisar et
Haïtien à Capotille, ont précisé avec une
pointe d'humour les organisateurs.
Durant 5 jours, ces enfants jouissent de
l'harmonie qui devrait exister entre les deux
peuples vivant sur l'île d'Hispagnola. Ils
apprennent à se comprendre et s'entendre.
"Nous avons communiqué en Créole et en
Espagnol. Nous avons appris à vivre ensemble a
ne pas nous juger sur nos erreurs et à ne pas
chercher ce qui nous différencie" : Ainsi
s'exprime Patricia, 11 ans. Et Conald, 9 ans, de
s'interroger sur "les problèmes de
discrimination de couleur et la situation
pénible des braceros haïtiens dans les
bateys".
Le "campamiento" est également
l'occasion pour les petits Haïtiens et
Dominicains d'apprécier la culture de chacun des
deux peuples à travers la musique, la peinture,
la danse, la cuisine, etc., et d'en observer les
différences et ressemblances. "Nous avons
beaucoup d'éléments culturels semblables que
l'on peut observer lors de certaines fêtes
paysannes", remarque Carolina, 8 ans.
Patricia pense que "les activités
culturelles devraient se multiplier entre la
Republique Dominicaine et Haïti". Les deux
pays devraient étendre davantage leurs
relations, car "il n'est pas possible que
les Dominicains nourrissent un tel sentiment de
racisme envers les Haitiens, s'indigne Carolina.
Les organisateurs ont profité de cette activité
pour sensibiliser les enfants sur la question
environnementale. Jose, 9 ans, s'inquiète du
réchauffement de la terre, qui est en partie due
à la déforestation. "Voilà pourquoi,
dit-elle, il faut planter des arbres et motiver
la population des deux pays sur la nécessité de
ne pas gaspiller l'eau".
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