Dépêches

Haïti-Séisme : Décentraliser, refonder le pays, pas seulement reconstruire..., dixit Préval


mercredi 24 février 2010

P-au-P, 24 février 2010 [AlterPresse] --- Il ne s’agit pas de rebâtir la capitale Port-au-Prince, mais d’investir dans la décentralisation, a souligné le président René Garcia Préval, mardi dernier 23 fevrier 2010, résumant sa position à deux rencontres régionales, sur la reconstruction d’Haïti, tenues le weekend écoulé à Cancùn (Mexique) et à Rio de Janeiro (Brésil).

« Il ne s’agira pas de reconstruire, mais de refonder le pays. Un pays plus juste, un pays décentralisé, qui ne se contente pas de concentrer toutes ses ressources sur Port-au-Prince où vivent les élites économiques et politiques » a-t-il, en effet, déclaré le dimanche 21 février lors du 1er sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Mexique et des Etats membres de la communauté économique caribéenne (Caricom).

A l’issue de ces rencontres, Haïti a reçu plusieurs promesses de dons, notamment de Trinidad et Tobago, dont le Premier ministre Patrick Manning est en charge de réunir l’argent des différents pays donateurs au profit du peuple haïtien.

En même temps, Préval tient à signaler les besoins urgents qui touchent les 1,5 million de sinistrés, dont la plupart vivent dans des abris de fortune à la merci des intempéries.

« Nous sommes à la recherche des voies et moyens pour, le plus rapidement possible, permettre aux familles de s’abriter dans des conditions décentes », a-t-il relevé à Cancùn, rappelant la priorité numéro un du gouvernement.

Des milliers de tentes et bâches plastiques ont été distribuées à la population, mais 50 000 tentes supplémentaires sont en route, annonce le président de la République.

Des abris plutôt que des tentes, mais aussi des emplois

Ces tentes ont été achetées pour une somme de 5 millions de dollars américains par l’Etat haïtien.

Néanmoins, « le problème n’est pas une question de tentes, mais d’abris », a-t-il précisé, « parce que, acheter des tentes coûte cher et n’offre aucune perspective d’emploi ».

De retour à Port-au-Prince, Préval a également fait part de sa position vis-à-vis de la relocalisation des sans abris.

« Je pense que c’est dans les sites qu’il faudra intervenir et construire des camps de 100 à 150 tentes. Si des conditions spéciales le permettent nous construirons des espaces plus grands, mais je crois qu’il faut privilégier la proximité des gens avec leur lieu de travail, leur famille. » a-t-il dit.

Jusqu’ici seuls 30% des sans abris ont pu recevoir une aide leur permettant de se protéger temporairement, selon les chiffres du bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha). [kft rc apr 24/02/2010 19:10]