Dépêches

Haïti/Université : Les étudiants protestataires délogés de la Faculté de médecine


mercredi 9 septembre 2009

P-au-P, 09 sept. 09 [AlterPresse] --- La Police nationale d’Haïti, via le Corps d’intervention et de maintien de l’ordre (Cimo), a délogé un groupe d’étudiants protestataires qui se trouvait à l’intérieur de l’enceinte de la Faculté de médecine et de pharmacie (Fmp) depuis trois jours.

Cette action policière s’est déroulée en présence d’un juge de paix, Gabriel Ambroise, aux alentours de 15:30 ce 9 septembre 2009.

Cette opération policière est autorisée par le Décanat de la Fmp qui avait lancé un ultimatum aux étudiants protestataires pour qu’ils quittent sans délai l’enceinte de la Faculté afin que les activités académiques puissent reprendre leur cours perturbé depuis de long mois.

Dans cet ultimatum qui a expiré ce mercredi 9 septembre à 14 heures locales, le Décanat de la Faculté de médecine se réfère aux articles 34 et 34.1 de la Constitution haïtienne autorisant les forces de l’ordre à pénétrer dans les établissements d’enseignement en accord avec leur Direction.

Les étudiants ont été emmenés par les forces policières à bord de fourgons.

Cette intervention a provoqué des tensions dans le quartier et des roches ont été tirées par des individus en direction des forces de police.

Dix étudiants ont été exclus de la Fmp par le décanat, tandis que 35 autres sont exclus temporairement, pour deux années académiques successives.

Différentes unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti (Pnh) étaient déployées dans les parages de la Faculté de médecine et de pharmacie (Fmp) depuis ce 9 septembre 2009 tôt dans la matinée.

Sans discontinuer, les étudiants protestataires ont fredonné des chansons engagées tirées de la musique populaire haïtienne, les émaillant de slogans chantés comme un seul homme, tel « Hasta la victoria siempre (Jusqu’à la victoire finale) ». 

La crise qui sévit depuis plusieurs mois à la Fmp est taxée de « lutte de classe, lutte intergénérationnelle », par Jean Blaise Bontemps, l’un de ces étudiants en médecine.
 
« Nos revendications sont justes. Ils [les responsables de l’UEH] refusent le chemin du dialogue pour résoudre la crise, ils préfèrent utiliser le pouvoir des armes », affirme Jean Blaise Bontemps.
Selon le décanat de la Fmp, ce sont ces étudiants qui refusent tout dialogue. 

Vêtu de sa blouse de médecine, Bontemps estime que l’espace facultaire appartient de plein droit aux universitaires et non aux policiers. En ce sens, il dénonce toute intervention policière dans cette entité de l’Université d’État d’Haïti, dont l’inviolabilité est selon lui garantie par la Constitution de 1987. [do mm apr 09/09/2009 15:15]