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Le fil des événements entourant l’assassinat de Amiot Métayer


vendredi 10 octobre 2003

Enquête du Réseau Haiti Solidarité Internationale / Institut Mobile d’Education Démocratique (HSI/IMED)

Rendue publique le 10 octobre 2003

Informations recueillies aux Gonaives sur l’assassinat d’Amiot Mettayer et ses conséquences immédiates

*Mardi 22 septembre, la nouvelle est tombée comme un couperet. Le corps de Amyot Métayer est retrouvé dans un état lamentable à Gros-Morne-Saint-Marc, section rurale de Bocozel (Artibonite) transpercé de plusieurs projectiles et éviscéré (crâne, ventre, yeux, pieds), rien n’est épargné. Crime odieux.

En réaction, ses partisans, gagnent les rues, pour exiger l’arrestation et le jugement du principal suspect Odonel Paul - employé à la section culturelle au Palais national qui était passé chercher le défunt chez lui, le dimanche d’avant. Les activités (Ecoles - Commerce - Industrie - Transport en commun) sont paralysées.

*Mercredi 23 septembre, la rue est occupée tôt, par des proches du défunt. La police d’une part utilise des grenades lacrymogènes et d’autre part ouvre le feu sur la population civile - Bilan 5 blessés par balle. Un début d’exode est constaté.

*Jeudi 24 septembre, Manifestation - début 10 heures AM - dans la zone de descahos (Entrée sud de la ville ) la police intervient avec brutalité - Bilan 3 blessés par balles.

Vers 11 heures 30, à la ruelle Mecklembourg (entrée Nord de la Cité des Gonaïves) Elysée Joseph, 23 ans, est assassiné par un policier.

*Vendredi 25 septembre, au cours de manifestations, la police a opéré une descente des lieux dans le quartier populeux de Paul Cross.

Bilan : une voiture écrasée à crosses de fusils d’assaut

2 maisons mis à sac, appartenant respectivement à Ti Fi fi, ainsi connue et Yves-Rose Marius. Quant à la voiture, elle appartient à un artiste populaire, Elou ainsi connu dit Djam Pan. Ces personnes ont pris le maquis depuis.

*Jeudi 2 Octobre, sous la direction de Camille Marcellus, directeur départemental de la police de l’Artibonite, vêtu en la circonstance de noir, uniforme de l’unité CIMO, les forces de terre, de mer et de l’air, ont effectué un raid sur les quartiers populeux de Trou-sable - Jubilé - Raboteau.

Tôt dans la matinée, deux navettes de la Police patrouillent la mer des Gonaïves, en même temps un hélicoptère, fait la reconnaissance des lieux, et parallèlement, arrivent sur douze (12) tout terrains, les unités de la Police Nationale (CIMO - SWAT TEAM - USGPN - BRI), renforcer l’effectif local, pour mener l’opération : Mettre K.O les manifestants anti- Aristide.

Midi pile, Camille Marcellus directeur départemental de la police de l’Artibonite ordonne à ses troupes de commencer le bombardement. Toutes les unités (Terre - mer - air) tirent sur même temps et à rythmes saccadés sur ces quartiers populeux. Bilan partiel : 8 morts recensés à l’Hôpital la PROVIDENCE des Gonaïves et plus d’une douzaines de blessés. 7 autres morts signalées sont transportées durant la nuit par les proches. Donc, non vérifiés à la morgue.

Signalons deux faits importants :
1. La Police a utilisé un Pick-Up de couleur blanche sans plaque d’immatriculation et a ramassé des corps, durant toute l’opération de ratissage.
2. Présence sur la mer des canots vident ballotant sur la mer, et absence depuis hier des pêcheurs qui ne sont jamais revenus.

N.B.- durée de l’opération : midi pile 3 h 10 PM.

Butteur METTAYER

Dimanche 21 septembre 2003, aux environs de 1 heure pm. Butteur METTAYER a, dit-il, appelé en Haïti son frère Amiot METTAYER (Cubain) pour s’enquérir de ses nouvelles. Il lui a demandé de continuer à prendre des précautions durant son absence. Ce dernier, pour preuve, lui répond qu’il n’a pas mit le bout du nez au dehors et qu’il est resté caserner en buvant de la bière avec son ami des mauvais et des bons jours, Odonel PAUL.

Le lendemain lundi, Butteur a été informé par un proche, le nommé Serge Casimir, que Amiot METTAYER n’est pas rentré hier soir pour dormir. Immédiatement, il a mis la radio carnival de Miami au courant. Quelques temps après, le téléphone sonne à nouveau dans la maison des METTAYER à Miami, et la nouvelle tombe comme un coup de tonnerre : Amiot METTAYER est retrouvé assassiné ! Sans perdre de temps, le frère cadet de Amiot METTAYER dit avoir donné mandat à ses proches en Haïti d’appeler Amiot dans une table tournante, moyen mystique d’après lui, pour pouvoir faire parler Amiot, comment avait-il trouvé la mort. Butteur continue de déclarer que Amiot à cité nommément Odonel PAUL, employé de la section culturelle du palais national et du Ministère de l’Intérieur et de la Défense Nationale, Harold ADECLAT commissaire municipal de la Police des Gonaïves, et les autres assassins portaient cagoule, ne pouvant donc être reconnus. Butteur insiste que Amiot avait livré une grande bataille avec eux, et c’est pendant cette lutte sans merci qu’il a pu identifié la voix de Pierre André PHILEMON dit ( ti tchoul) et Charly ainsi connu. Butteur insiste encore que Amiot, au cour de la bataille, a pu endommager Harold au pied droit et ce dernier boitille, de même qu’un policier non identifié avait reçu un coup de poing à l’œil, ce que tout Gonaïvien avait pu constater durant toute la semaine qui a suivi l’assassinat de Amiot. Pour conclure, Butteur laisse croire que c’est la preuve la plus évidente que la mort d’Amiot METTAYER vient du sous sol du palais national.

DEMARCHE JUDICIAIRE

Le gouvernement, d’après Butteur, voulant éviter toute velléité des parents de Amiot METTAYER pour demander justice, a révoqué le commissaire du gouvernement des Gonaives, Me. Louiselmé Joseph, et l’a remplacé par un suppléant juge de paix de Delmas. Malgré tout, Butteur insiste et a fait devant lui une déposition. Butteur note que si le gouvernement de la République parle de justice, sa première réaction comme cela se fait dans tout pays civilisé, tout suspect mérite d’être examiné. Ainsi, le gouvernement doit procéder à l’arrestation de Odonnel PAUL, Harold ADECLAT, Pierre André PHILEMON (dit ti tchoul) et Charly ainsi connu. Ces derniers identifieront pour la Justice les autres policiers qui étaient en cagoule.

A PROPOS DU MASSACRE

Le jeudi 2 Octobre, le délégué départemental, M. Ketlyn TELEMAQUE avait demandé à Butteur de faire les funérailles de Amiot le plus tôt possible, vu l’état avancé de la décomposition du cadavre. Ayant appelé à Raboteau plusieurs de ces camarades pour prendre une décision quand à la date, il a constaté que les téléphones sonnent et qu’il n’y a personne à la réception, c’est à ce moment là qu’il a voulu laisser la table, présentant qu’il y a quelque chose d’anormal qui se passe. C’est alors que le directeur départemental de la Police de l’Artibonite, M. Camille MARCELUS l’informe aussi que la Police est à Raboteau. Et ce n’est qu’à son retour qu’il a pu constater les dégâts. Toutefois estime t-il, il n’a pas fait marche arrière pour faire inhumer Amiot lundi, contrairement aux allégations des portes paroles officielles, moi dit-il, Butteur Mettayer, j’annonce qu’il n’y avait pas de négociations, qu’il n’y a pas de négociations et qu’il n’y aura pas de négociations, car Cubain est mort il doit avoir justice et point barre !

WINTER ETIENNE Porte parole de l’armée cannibale

Dimanche matin, comme toujours, fidèle parmi les fidèles, Winter ETIENNE arrive tôt au quartier général de l’armée cannibale. Après les salutations d’usage, il a ordonné à Odonnel PAUL de se retirer parce que sachant que ce dernier aime les gros sous et peut toujours jouer le rôle de stipendié. Après discussions et délibérations, ils ont convenu que Odonnel, vu qu’il est un ancien camarade de lutte de Cubain, peut rester sous surveillance mineure. Alors, Winter s’est déplacé pour aller écrire un dossier sur un projet d’assainissement de la zone de Raboteau pour 2004. Et il dit : projet que je devais apporter jeudi à Dismy César. Amiot avait de grands rêves pour 2004.

Lundi matin on me fait savoir que Amiot n’est pas rentré chez lui, quand Dyouby ainsi connu un employé de la délégation a informé les proches de Amiot qu’il y avait un corps inerte trouvé à Gros morne St Marc, et qu’il fallait appeler la croix rouge. Immédiatement nous avons pris toutes les dispositions pour nous déplacer. En arrivant nous avons constaté l’inacceptable. Prenant l’enquête par le bout des bras, nous avons essayé de rentrer en contact avec le palais National, et c’est là que nous avons appris que Odonnel PAUL avait confié à une secrétaire qu’il avait passé la nuit à Montrouis, et que ce matin il a un rendez-vous important avec Oriel JEAN. D’après la secrétaire, il a laissé le palais National à 3 heures p.m accompagné de Jean-Claude Jean-Baptiste. Tout ceci de source sur, poursuit Winter ETIENNE, le crime est signé par le palais national. Odonel rentre souvent aux Gonaïves dans une jeep de couleur blanche sur laquelle il utilise tantôt une plaque « officielle », tantôt une plaque « service de l’Etat ». Après notre première enquête nous avons, en bons haïtiens, appelé Amiot à la table tournante. Il nous a révélé qu’il s’est battu du mieux qu’il a pu, que ses assaillants étaient au nombre de 14, qu’il a blessé Harold ADECLAT au pied, un autre à l’œil, et un autre à la bouche. Il a dit avoir identifié la voix de Charly et celle de Pierre André dit « Ti Tchoul ». Ces faits ont été vérifiés le lendemain au commissariat, Harold ADECLAT traînait sur un pied, son chauffeur avait la bouche tuméfiée et un autre policier avait un œil au beurre noir. C’est une mort très suspecte qui ne ramène qu’à une seule personne : Jean-Bertrand ARISTIDE.

Pourquoi j’accuse le président Jean Bertrand ARISTIDE ?
Le gouvernement ne tenait pas à arrêter Amiot pour plusieurs raisons. A la mi septembre, après la sortie d’Amiot de prison un certain Jacques, envoyé par Jean-Claude JN-BAPTISTE est venu nous trouver à Raboteau. Nous avons eu une réunion en privé, Amiot , Jacques et moi. Il nous a expliqué qu’Amiot devait retourner en prison qu’on lui donnerait $ 200.000.00 (deux cent mille dollars US), sinon l’Etat utiliserait la force pour aboutir à ses fins. Amiot rétorqua alors « Si vous m’arrêtez je divulguerai tout ». Alors, j’ai pressé Amiot de m’expliquer de quoi il s’agissait, car même si je ne suis pas son avocat, j’ai pris beaucoup d’engagements pour lui, je dois être au courant au cas où quelque chose lui arriverait, ai-je dit devant tout le monde.

Il m’a confié que pour le 17 décembre, dès vendredi, un coup de fil, de Port-au-Prince lui avait demandé de préparer ses armes. Joany CANEUS, l’ancien directeur départemental de la Police de l’Artibonite, lui avait remis en mains propres 3 T65 pour préparer un coup contre la convergence démocratique. Odonnel lui, s’empara d’un T65 et s’apprêtait à rentrer à Port-au-Prince avec. Amiot n’était pas d’accord mais n’a pas pu empêcher Odonel de partir avec le T 65. Et Amiot s’était rendu, immédiatement après, à Passereine, localité des Gonaïves. Quand les hostilités ont commencé, il est revenu, une personne avait déjà été tuée et une autre allait subir le supplice du collier. Alors Amiot a tiré en l’air et a aidé cette personne à s’enfuir.

Il m’a confirmé aussi qu’un groupe, avec comme chef de fil Odonnel PAUL, entre autres, a été payé pour assassiner Jean Dominique. C’est pour cette raison que nous ne faisions pas confiance à Odonnel, car il est toujours avide d’argent.

A la nouvelle de l’assassinat d’Amiot, la population indignée a gagné les rues, elle ne pouvait encaisser ce coup sans réagir. Amiot était un vrai leader toujours prêt à aider tout le monde. Il a négocié avec lavalas pour supporter le pouvoir d’Aristide et il a été assassiné. Nous avons décidé de manifester pacifiquement mais à chaque sortie, nous enregistrons morts et blessés. La Police nous tire dessus pour éparpiller les manifestants. Et alors, c’est la pagaille ! Les gens courent dans tous les sens et nous n’avons plus le contrôle de la foule. Pire, nous avons appris par la suite le saccage des bureaux publics.

Jeudi la Police a occupé Raboteau durant 3 heures 44 minutes à peu près. Butteur METTAYER nous a dit qu’il était au bureau de Police et le téléphone sonnait sans que personne ne répondait. C’est alors que le commissaire lui confirmait que tous les policiers étaient à Raboteau.

On a émis des mandats. C’est la répression qui commence. Nous pensons que ces mandats devaient être contre Odonnel, Charly, Pierre André etc. C’est à cette fin qu’ils ont nommé un nouveau commissaire qui n’est même pas qualifié.

Nous n’avons pas peur des mandats, il y en a eu en 86. Jean Tatoune est prêt a répondre par devant la justice, il a été libéré à la faveur d’une circonstance indépendante de lui, il ira en justice, mais pas avec lavalas ! Il a été victime d’un compromis fait en haut lieu il a subi un jugement politique ! Les responsables du massacre, les gros bonnets courent les rues. Cédras et Michel François qui ont fait le coup d’Etat ont bénéficié de l’amnistie. Tatoune qui est un meneur, un leader avait été contraint d’accompagner les attachés.

Les funérailles sont pour lundi 6 Octobre à Raboteau, l’inhumation se fera à Raboteau. Tout ceci, pour vous dire que la lutte ne fait que commencer, car nous ne comptons que des cadavres aujourd’hui. La lutte dépasse le cas d’Amiot. Nous avons déjà sur les bras 18 cadavres. Nous demandons à l’international pourquoi ce silence ? Est-ce un silence complice ? Ou sont les organisations des droits humains, ont-elles peur ? Pourquoi ce silence ?. Aidez-nous dans cette lutte pour permettre le respect des droits de tout un chacun. Nous comptions porter plainte par devant le commissaire du gouvernement des Gonaives Me. Louiselmé JOSEPH, mais il a été relevé de ses fonctions et remplacé par un juge de Delmas sans qualifications.

C’est un crime, un assassinat, un massacre prémédité. Dany Fabien du cabinet du secrétaire d’état à la sécurité publique avait annoncé la couleur. Marcelus le commissaire de l’Artibonite avait préparé ses dispositifs par mer, par air et par terre. Ce 2 octobre, il y a eu préméditation et la justice doit agir. Il y a eu massacre.

Après les funérailles il y aura peut-être une manifestation, mais si on nous tire dessus, je ne pourrai plus contrôler la foule en colère.

Le mot d’ordre est le même : le départ du président Jean-Bertrand ARISTIDE et son gouvernement ! Ensuite, nous mettrons sur pieds un gouvernement de Consensus avec, à sa tête, un juge de la Cour de Cassation pour réaliser des élections générales crédibles.

Ce gouvernement fera appel à une force internationale pour aider à la sécurité et contenir les dégâts de la Police Nationale qui tue les citoyens comme elle l’a fait le 2 octobre. Cette force doit être militaire, civile et technique, ce qui permettra de renforcer les institutions.

Aristide doit forcément partir ! C’était plus qu’un massacre, il nous faudrait trouver un autre mot juridique pour qualifier ce qui s’est passé aux Gonaïves le 2 octobre. Les militaires durant la période du coup d’Etat, n’avaient tué que 7 (sept) personnes à Raboteau. Aujourd’hui sous le règne de Jean Bertrand Aristide, nous comptons déjà 18 cadavres, et des gens continuent à succomber de leurs blessures sans compter d’autres cadavres que la mer nous renvoie. Il doit partir, ce démon d’Aristide !

Melina Gustinvil

J’habite près de la maison du père d’Harold ADECLAT. Depuis lundi, nous avons déserté la zone, mais je faisais le va et vient chez moi. Jeudi matin, il y avait un climat de tension, des tirs nourris étaient entendus. C’est alors que nous avons appris par téléphone, que des civils armés, dans une voiture sans plaque avaient tué Michelet. On dit qu’il s’agit d’un certain « Sonnin » qui se trouve à leur tête.

Michelet était sorti avec un ami en allant chez sa sœur, il a croisé une voiture sans plaque. Les occupants de la voiture les ont interpellés : Michelet a couru et a pris refuge dans une toilette à l’intérieur d’une cour. Ces gens l’ont poursuivi et l’ont criblé de balles.

Le Directeur de Police accuse Jean Tatoune, boy etc... Il ment, car ces messieurs n’étaient pas dans les rues à ce moment. Je dois dire aux responsables qu’ils sont au pouvoir, ils ont tout en main, point n’est besoin de mentir. Ils ont tué Michelet. Nous leur en sommes gré. Le peuple haïtien avait fait un choix dont il paie aujourd’hui les conséquences. L’armée avait fait un massacre le 2 octobre, la police a réalisé le sien.

Dayouse Nortil

J’étais sous la galerie de ma maison, je voyais arriver Michelet. En même temps, une voiture avec vitres teintées est apparue à l’angle des rue Lamartinière et Pétion. Les occupants de la voiture ont appelé Michelet et son ami qui traversaient la rue. Michelet a traversé la cour et est allé s’abriter dans une toilette. Deux des gens l’ont poursuivi et ont tiré beaucoup de balles. Ensuite, ils sont remontés dans leur voiture et sont partis. C’est alors que je suis partie à la recherche de Michelet croyant qu’ils ne l’avaient pas retrouvé. Je suis tombée sur le cadavre de Michelet dans la toilette les bras levés et les pieds dépassant la porte. Michelet n’avait rien fait de mal, on aurait pu l’arrêter ou le frapper pour s’être sauvé mais pas le tuer de la sorte ! Il a laissé cinq enfants en bas âge.

Madame Saintanise Dieujuste, femme de Samilien AGENOR

A cause de la guerre, les enfants n’ont pas mangés depuis 4 jours. Jeudi, il est sorti pour aller vendre une chaudière et apporter à manger aux enfants. J’attendais son retour quand la nouvelle m’est parvenue, qu’il avait reçu une balle et qu’il a été conduit à l’hôpital. Il a subi une intervention, j’ai acheté une partie des médicaments. Par la suite, je n’avais pas d’argent pour un test et du sang. Samilien est mort laissant 4 enfants et je suis enceinte. Je ne sais que faire même pour les funérailles.

Morency

J’ai quinze ans, j’ai été atteint d’une balle devant ma maison quand des policiers en noir passaient et tiraient. J’habite aux Gonaïves, mon frère et moi sommes venus à l’école aux Gonaïves, nous sommes de Plaissance. Nous sommes là à l’hôpital, nous n’avons rien pour acheter des médicaments.

Robinson Aristil

Je revenais de la mer et j’allais vendre quelques poissons. On tirait beaucoup et j’ai été atteint d’une balle. Je n’ai pu identifier personne. J’habite rue du Quai. Je commence à aller mieux.

Tony Pierre 22 ans

Je fais la cinquième, j’étais assis sur la galerie de ma maison, des policiers passaient et tiraient et j’ai été atteint.

CADOSTIN Marc-André (Inspecteur Principal Responsable SDPJ section Départementale de la police judiciaire) et Hérard HENOCK (Inspecteur responsable de l’Administration et des services généraux du Département)

Cela fait huit mois depuis que nous sommes en fonction aux Gonaïves. Comme vous le savez, ici aux Gonaïves il y a une armée dénommée Armée Cannibale.

Mardi 23 septembre 2003 aux environs de 2 heure du matin un certain Williams proche de Amyot METTAYER est venu au commissariat et nous a demandé si nous pouvons l’accompagner pour aller à Saint Marc, compte tenu qu’ils ont appris qu’on a retrouvé un corps à Saint Marc. Il n’y a pas de doute, a-t-il dit, il s’agit de Amyot METAYER. Suite à sa demande, nous avons décidé de nous rendre à Saint Marc. Une fois arrivée, le corps était transféré à l’hôpital Saint Nicolas de Saint Marc, après négociations avec les autorités locales nous sommes retournés aux Gonaïves avec les proches de Cubain.

Vers deux heures de l’après midi, commence une sorte de va et vient dans la citée de l’indépendance, et la ville commence par être en émoi.

Le 2 octobre, la Mairie accompagne la Police pour enlever les carcasses de voiture. Soudainement, nous avions appris qu’il y a eu des tirs à Jubilé Blanc .

D’après vous quelle a été l’attitude de la police à cet effet est ce que vous vous êtes rendus la bas à jubilé Blanc une fois avoir appris la nouvelle ?

- Non

Etes-vous au courant de la présence dans la ville d’une jeep blanche sans plaque d’immatriculation ?

- Concernant cette jeep sans plaques que vous avez mentionnée nous en avons entendu parler aussi par oui dire mais nous l’avons jamais vue.

Selon les dires de la population, ce sont des policiers qui sont venus à Jubilé le 2 octobre 2003 dans une jeep Blanche sans plaques d’immatriculation et ont commencé à tirer. Qui d’après vous à intérêt à tirer sur la population ?

- De plus il y avait une négociation entre Butteur METTAYER et le délégué départemental pour les funérailles d’AMYOT, donc, comprenez-vous, Jean Tatoune, Jean Pierre, Marc- Antoine Joseph, n’ont pas intérêt dans cette négociation, donc ils voulaient à tout pris soulever ces gens. Il y a des gens qui n’ont pas intérêt pour que la cité redevienne normale, si vous entendez les informations de certains journalistes c’est décevant.

Conclusion

Voilà  ! Nous vous livrons les résultats de notre visite aux Gonaïves dans le cadre d’une tentative de compréhension des évènements provoqués à partir de l’assassinat de Amiot METTAYER.

Certes, il y a d’autres choses encore à dire, à comprendre. Mais nous croyons qu’il serait beaucoup plus utile que les autorités du pays se prononcent clairement sur les raisons de ces crimes odieux, tel celui de Amiot et de tant d’autres encore depuis 1994. Car la démocratie est soeur jumelle de la lutte contre l’impunité, et la transparence, la base de l’Etat de Droit...

Liste des bléssé(e)s rencontré(e)s

Morency

Robinson Aristil

Tony Pierre 22 ans

Bastien Etzer

Etienne Edner

Liste des morts constatés

Agénor SAMILIEN, 29 ans

Denis NOEL

Jean-Fleur LOUIS

Wilson MEZIL

Maudelaire ETIENNE

Michet LOZIER

Adilus PETIT- HOMME

Louis-Jean MEUS.

Liste des personnes rencontrées

Butteur METTAYER (Frère cadet de Amiot METTAYER)

Winter ETIENNE (Porte-parole de l’armée cannibale)

Melina GUSTINVIL (Mère de Michelet Lozier )

Louna LORZIER (Sœur de Michelet Lozier)

Dayouse NORTIL (concubine de Michelet)

Père Marc-Eddy Dessalines (Représentant justice et paix des Gonaïves)

Cadostin Marc-André Inspecteur Principal resp SDPJ

Hérard Hénock Inspecteur responsable de l’Administration et des services généraux du Département)

Jean Claude Noel Journaliste vision 2000

Honorat Marc Antoine Journaliste Kadans FM

Jean-Claude Noel Journaliste radio lumière

Saintanise Dieujuste (Epouse de Agénor Samilien)

Liste des mandats

Dieujuste ainsi connu

Winter Etienne

Odonnel Paul

Jean Pierre

Boy ainsi connu

Arios Jean Charles