Dépêches

Haïti/Sécurité publique : Plus de 40 cas d’enlèvements en moins de trois mois


jeudi 14 août 2008

P-au-P, 14 août 08 [AlterPresse] --- Une quarantaine de personnes ont été enlevées en Haïti durant les mois de juin, juillet et pour les 13 premiers jours d’août 2008, selon des données recueillies à la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah) et fournies en conférence ce 14 août à la Presse, dont l’agence en ligne AlterPresse.

Le mois de juin arrive en tête de liste avec 24 enlèvements, dont 20 à Port-au-Prince. Pour le mois de juillet, 13 personnes ont été kidnappées, contre 5 du 1er au 13 août 2008.

Ce qui porte à 42, dont 29 à Port-au-Prince, les cas d’enlèvements enregistrés en Haïti en moins de trois mois, indique le policier canadien André Leclerc, nouveau porte-parole de la Police des Nations Unies (UNPOL), la composante policière de la Minustah.

Leclerc succède à l’américain Fred Blaise, arrivé en fin de mission en Haïti.

D’un autre côté, 82 cas de meurtre ont été recensés, tandis que 17 personnes ont été lynchées pour la même période considérée (juin à août 2008) par la Minustah.

Pour cette période, 930 mandats d’arrêts ont été exécutés de concert avec la police haïtienne, informe André Leclerc dans cette conférence de presse ce 14 août 2008.

Le nouveau porte-parole de la UNPOL confirme également la préparation de la 20e promotion de la Police nationale d’Haïti (Pnh) qui compte 711 aspirants policiers et policières.

Parmi eux, se trouvent 89 femmes et 622 hommes, admis à l’Académie de police depuis le 21 juillet 2008.

Pour sa part, le porte-parole militaire de la Minustah, Darryl Wright, affirme que 44 suspects ont été appréhendés, lors de patrouilles conjointes avec la police haïtienne en juillet 2008.

Sans donner des précisions sur les endroits, Darryl Wright informe que 30 cadavres ont été découverts, alors que 21 manifestations pacifiques ont été sécurisées.

Dans l’intervalle, « les relations entre la Minustah et la Pnh sont au beau fixe », selon Sophie Boutaud de la Combe, porte-parole de la mission onusienne, qui intervenait à cette conférence de presse.

Elle en veut pour preuve les patrouilles conjointes et les opérations de police mises en œuvres sur l’ensemble du pays.

Sophie Boutaud de la Combe revient sur ce sujet pour tenter de faire lumière sur un incident survenu, le 6 août 2008, à Cité Soleil, grande agglomération populaire au nord de la capitale, où deux policiers haïtiens ont été molestés par des casques bleus brésiliens.

Les policiers victimes sont soignés dans un hôpital de la capitale haïtienne.

Invité à la conférence hebdomadaire de la Minustah, le commissaire Frantz Lerebours, porte-parole de la Pnh, avise de la conduite d’une enquête conjointe autour de ce dossier.

A la fin de l’enquête, dont aucun délai n’est annoncé, les responsabilités seront fixées, soutient Lerebours.

Les résultats de l’enquête seront publiés, mais les noms des témoins interrogés ne seront pas communiqués, fait savoir le porte-parole militaire de la Minustah.

Une rencontre a même eu lieu, le vendredi 8 août dernier, entre le directeur général de la Pnh, Mario Andrésol, et les poids lourds de la Minustah autour de cet incident.

Des organismes de droits humains ainsi que d’autres associations et personnalités se sont élevés contre l’agression des deux policiers haïtiens, le 6 août 2008, par des militaires de la Minustah, dont les circonstances ne sont pas encore élucidées. [do rc apr 14/08/2008 14 :30]