Perspectives

Haiti : Robert Manuel ne succèdera pas à Jacques Édouard Alexis comme chef de gouvernement


jeudi 12 juin 2008

P-au-P., 12 juin 08 [AlterPresse] --- Le choix de Robert Manuel comme premier ministre a été rejeté ce 12 juin par la chambre de députés.

Sur 85 députés présents, 57 ont voté en faveur du rapport de la commission chargée d’analyser le dossier du premier ministre désigné par le président René Préval, cette dernière ayant recommandé à l’assemblée de déclarer Robert Manuel « inéligible ».

22 ont voté contre le rapport, c’est-à-dire en faveur du Premier ministre désigné ; et six députés se sont abstenus de voter dans un sens ou dans l’autre.

Pour la commission, le profil de Robert Manuel ne répond pas à certains prescrits de la constitution du 29 mars 1987, notamment les alinéas 4 et 5 de l’article 157. Selon ces deux alinéas, pour être nommé premier ministre, il faut être propriétaire en Haïti et résider dans le pays depuis cinq années consécutives.

C’est le deuxième premier ministre désigné par le président René Préval à être rejeté par la chambre des députés, alors que le pays vit depuis deux mois au rythme des affaire courantes que liquide un gouvernement démissionnaire, après sa destitution par le sénat le 12 avril.

Robert Manuel a eu un traitement encore plus sévère que son prédécesseur d’infortune Éric Pierre, qui avait reçu l’aval du senat.

Ces rejets à répétition montreraient que le chef de l’État a perdu le contrôle de ses troupes. Le bloc majoritaire à la chambre des députés - qui défait les prétendants au poste de premier ministre - est composé en grande partie de députés élus sous la même plateforme politique que le chef de l’État, Lespwa (Espoir).

Ce bloc, appelé Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP), voudrait s’affirmer comme un interlocuteur incontournable dans le cadre des grandes décisions de l’État.

Un conflit larvé mettrait donc dos à dos René Préval et les parlementaires de sa formation politique, ce qui, selon certains milieux politiques appartenant a la coalition gouvernementale, ouvrirait la voie a un avenir politique incertain.

Certains parlementaires de Lespwa pensent cependant le contraire et estiment qu’on assiste à un renforcement de la démocratie en Haiti. [vs gp apr 12/06/08 19:00]