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Affaire Judie Roy : Lettre ouverte de la NCHR et de la POHDH a l’Inspecteur Général en chef de la Police


jeudi 31 juillet 2003

Port-au-Prince, le 28 juillet 2003

LETTRE OUVERTE

Monsieur Evens Pierre SAINTURNE

Inspecteur Général en chef de la Police Nationale d’Haïti

En ses bureaux.-

Monsieur l’Inspecteur Général en chef,

La Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH) et la Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens (NCHR), profondément bouleversées par le comportement inqualifiable de certains membres de la Police Nationale d’Haïti, croient qu’il est nécessaire de s’adresser à vous, en qualité de responsable de la Police des polices afin que l’Inspection Générale prenne les mesures urgentes qui s’imposent dans le cas ci-dessous mentionné, ce dans le but de maintenir la confiance de la population en la Police Nationale d’Haïti (PNH).

Monsieur l’Inspecteur Général en chef,

Le 14 juillet 2003, vers une (1) heure de l’après-midi, des policiers de la Brigade de Recherches et d’Intervention (BRI) à bord de six véhicules, dont certains portant des plaques officielles ont fait une descente des lieux au # 42 de la rue La Retraite, Lillavois 35, au local de la mission Freewill Baptist Church où Madame Judie C. ROY avait loué une maison depuis tantôt un mois et quelques jours. Selon les informations recueillies, cette intervention, ayant conduit à l’arrestation de Madame Judie C. ROY, Jeantel JOSEPH, Chavannes JOSEPH, Adler REVOT était accompagnée de la plus grande brutalité policière. Les trois proches de Madame Judie C. ROY ont été sauvagement battus au moment de leur arrestation, les membres de la mission ont été contraints de se coucher à plat ventre. Qui pis est, des objets importants appartenant à la mission tels que Quatre Vingt Quinze Mille Dollars Américains ($ 95,000 US), la caisse de la mission, Cinq (5) ordinateurs, deux (2) véhicules dont une rodéo noire immatriculée C - 6239, Trois (3) génératrices et des pièces d’identité auraient été emportés par les policiers.

Emmenés à l’Académie de police, Madame Judie C. ROY et ses trois proches ont été torturés. Madame Judie C. ROY a été frappée à la tête et au dos à l’aide d’une barre de fer après qu’elle ait été attachée à l’aide de fil à ligaturer à un bureau.

Vers 7 heures du soir, ils ont été transférés au commissariat de Delmas 33 et gardés dans une cellule secrète. Des hommes en civil ont marché sur Madame Judie C. ROY, battu à coups de pierres, Jeantel JOSEPH, Chavannes JOSEPH et Adler REVOT.

La POHDH et la NCHR s’interrogent sur la présence de ces hommes en civil dont le commissariat de Delmas en regorge et qui torturent les retenus. Sont-ils des policiers ou des civils à la solde de la PNH ?

Monsieur l’Inspecteur Général en chef,

Dans l’intérêt de la justice et de l’avenir de l’institution policière, la POHDH et la NCHR pensent que le comportement de ces policiers mérite d’être sanctionné. Elles s’empressent donc de vous dénoncer ces faits alarmants et vous demandent de diligenter une enquête sérieuse aux fins :

1) D’identifier les policiers fautifs ;

2) De les sanctionner sur le plan administratif ;

3) De les soumettre à la justice répressive.

Comptant sur votre participation à l’établissement d’une société respectueuse des lois et des principes, la POHDH et la NCHR vous prient de recevoir, Monsieur l’Inspecteur Général en chef, leurs distinguées salutations.

Elifaite SAINT-PIERRE, POHDH

Vilès ALIZAR, NCHR