Perspectives

25 novembre, Journée internationale contre la violence faite aux femmes

Haïti : Sensibiliser les jeunes sur la violence faite aux femmes


samedi 25 novembre 2006

P-au-P, 25 Nov. 06 [AlterPresse] --- Le gouvernement haïtien se montre préoccupé par la situation des femmes haïtiennes, aux termes d’une série de conférences de sensibilisation, organisées du 20 au 24 novembre 2006, en prélude à la Journée internationale contre la violence faite aux femmes (25 nov.).

Ces séances de sensibilisation, qui portent l’empreinte du Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes (MCFDF), ont eu lieu dans plusieurs écoles de Port-au-Prince et des grandes villes de province.

« Ces activités visaient à informer les jeunes filles et garçons sur la problématique de la violence faite aux femmes en Haïti », a précisé à AlterPresse, Rachel Élien de la section de communication du MCFDF.

Rachel Élien affirme que les jeunes sont eux aussi conscients du problème et manifestent le désir de participer, à titre bénévole, à des programmes de sensibilisation. « La violence faite aux femmes est une question de santé publique », ajoute la fonctionnaire du Ministère à la condition féminine.

A l’occasion de la Journée internationale contre la violence faite aux femmes ce 25 novembre 2006, le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a plaidé en faveur de la non-tolérance vis-à-vis de ce fléau.

« Les violences que subissent les femmes causent d’indicibles souffrances, détruisent les familles d’une génération à l’autre et appauvrissent les communautés. Elles empêchent leurs victimes de réaliser leurs potentialités, restreignent la croissance économique et retardent le développement. En matière de violence contre les femmes, il n’y a pas de société civilisée », a affirmé le numéro 1 de l’ONU.

Pour lutter contre ce fléau, Kofi Annan croit que « nous devons faire évoluer un état d’esprit qui est encore trop courant et trop enraciné et montrer une fois pour toutes que cette violence (…) est inexcusable. »

En Haïti, outre les séances de sensibilisation, un rassemblement sur le thème « Ann kwape vyolans fanm ap sibi nan katye popilè yo », a lieu ce 25 novembre sur la place Catherine Flon au Champ de Mars (centre de la capitale).

Ce rassemblement contre l’impunité et pour la Justice est l’occasion pour les organisateurs d’interpeller les autorités face à l’insécurité qui sévit et de se positionner sur la situation générale du pays dans le contexte de l’occupation étrangère.

La Coordination Nationale de Plaidoyer pour les Droits des Femmes (CONAP) est la principale initiatrice de cette activité soutenue par le Ministère à la Condition féminine.

Parallèlement, ce Ministère a profité de la journée du 25 novembre pour plancher sur un « protocole d’accord sur l’octroi et la gratuité du certificat médical relativement aux agressions sexuelles. »

Adopté de concert avec le Ministère de la Santé Publique et celui de la Justice, ce protocole contient 5 articles. Ces institutions étatiques exigent qu’un certificat médical soit délivré à toute personne, notamment les femmes victimes d’agressions sexuelles, par toute institution sanitaire ou tout médecin gynécologue diplômé.

Ce certificat délivré à la victime devra servir à l’identification de l’élément médico-légal et à l’établissement de l’élément de preuve dans toute procédure civile ou pénale.

Il devra également aider à l’identification des traces biologiques pouvant objectiver l’existence d’une relation sexuelle non consensuelle entre la victime et l’agresseur présumé, ainsi qu’à permettre au magistrat de former sa conviction, d’asseoir et de motiver son jugement.

Selon un rapport de la Solidarité des Femmes Haïtiennes (SOFA), plus de 330 femmes et filles âgées de 6 à 67 ans sont victimes de viols, de harcèlements et d’irresponsabilité paternelle dans 4 départements d’Haiti, durant la période allant de janvier à juin 2006.

Le 14 novembre 2006, un atelier sur la problématique de la violence faite aux femmes s’était déroulé à Port-au-Prince, suite à une étude réalisée par deux expertes latino-américaines, Soledad Larrain (ancienne vice-ministre au Chili) et Elisa Fernandez du Costa Rica.

Cet atelier visait à produire des recommandations en vue de politiques publiques et d’actions institutionnelles coordonnées sur la prévention, la prise en charge et la réinsertion des victimes de la violence faite aux femmes. [do apr 25/11/2006 13 :30]