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Douche froide pour le régime lavalas à l’occasion des obsèques du révérend père Antoine Adrien


samedi 24 mai 2003

P-au-P., 24 mai. 03 [AlterPresse] --- Le prêtre spiritain William Smart, ancien compagnon de lutte du père
Antoine Adrien,
a dénoncé à Port-au-Prince le 24 mai la passion du pouvoir absolu qui transforme des gens réputés
naguère honnêtes et bien intentionnés en « chimères » et en « macoutes
 » se
souciant fort peu des desiderata des couches vulnérables.

Il s’exprimait à l’occasion des obsèques du père Antoine Adrien, décédé
le
13 mai 2003 des suites d’une congestion cérébrale. Ces funérailles ont
été
chantées le 24 mai, sur la cour du Petit Séminaire Collège Saint
Martial, à 
Port-au-Prince, en présence d’une assistance nombreuse. Le Président
Jean
Bertrand Aristide et son épouse, Mildred Trouillot, le Premier ministre
Yvon
Neptune et le cabinet ministériel, presque au grand complet, plusieurs
centaines de proches du défunt et des dizaines de prêtres venus de
divers
diocèses d’Haïti, étaient présents.

Un autre prêtre bien connu de la Congrégation du Saint Esprit, Max
Dominique, a affiché la même déception par rapport au régime lavalas.
Il a
rappelé le combat intense mené par le défunt contre les différentes
formes
de répression perpétrées tantôt par l’ancienne armée (d’Haïti) dissoute
de
facto, tantôt par les macoutes (milice duvaliériste). Et s’il était
encore
en vie, il aurait dénoncé, avec la même rigueur, les exactions commises
souventes fois par des unités spécialisées de la police nationale (« 
Swat
Team » et CIMO) et des corps de brigands comme « Dòmi Nan Bwa » et « 
l’armée
cannibale », a renchéri le père Dominique.

Les deux prêtres spiritains ont salué la manière toute particulière
dont le
révérend père Adrien avait vécu sa foi, en adhérant notamment à 
l’option
préférentielle pour les pauvres.

Aucun des officiels présents à la messe n’a eu à prendre la parole.
Plusieurs jours auparavant, la Congrégation Saint Esprit avait mis en
garde
les politiciens haïtiens contre toute exploitation politique et
démagogique
des obsèques du père Adrien.

En 1996, l’ancien président René Préval avait honoré le défunt pour son
combat inlassable en faveur de la démocratie et l’éducation en Haïti.
Mais,
peu après cette cérémonie, au Petit Séminaire Collège Saint Martial, le
père
Adrien, cloué par la maladie à une chaise roulante, avait déchiré et
jeté
les décorations, une façon de marquer ses distances par rapport la
gestion
du pays par le régime lavalas. Quand le père Max Dominique dévoila ce
témoignage, une grande émotion enveloppait la cour du Petit Séminaire
Collège Saint Martial.[vs apr 24/05/03 20 :00]