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Cadre de discussions sur la Réforme de l’UEH


mardi 20 mai 2003

Document préparé par le Front de Résistance pour l’indépendance et L’autonomie De L’UEH

5 mai 2003

I.- INTRODUCTION

La question de l’Indépendance et de l’Autonomie de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), désormais connue sous le nom d’Université Nationale Autonome d’Haïti (UNAH), est un processus d’engagement pour la démocratie. Elle est l’expression de luttes dont les principales revendications restent la déconcentration de l’UEH, l’admission ouverte à l’UNAH et sa démocratisation. Ce mouvement universitaire tend vers un fonctionnement de l’UNAH qui fait la promotion sociale des intérêts nationaux et populaires. Cela requiert un nouveau budget universitaire qui est à la hauteur de 10% du budget de la République.

Mais, cette quête d’autonomie ne prend corps que dans un cadre de référence. Le référentiel demeure, en la circonstance, les besoins de développement national, lequel développement est ici entendu comme la réalisation des potentialités de toutes les Haïtiennes et de tous les Haïtiens. Comment l’UNAH peut-elle contribuer à la matérialisation de ce développement ? Nous postulons que des réformes curriculaire, administrative et de l’espace physique restent les médiations nécessaires par lesquelles l’UNAH passera pour apporter sa contribution dans la construction de la démocratie en Haïti. Ces réformes seront guidées par un cadre référentiel approprié.

II.- CADRE DE REFERENCE DE LA REFORME

La Réforme suppose une mise en question profonde du fonctionnement de l’UEH, fondé sur la transmission de connaissances simplement universelles. L’étude sur le patrimoine culturel national y est jusqu’à présent négligée. Réformer l’enseignement supérieur haïtien, c’est donc développer une pensée nationale dans tous les domaines de la connaissance. En particulier, l’éducation universitaire tournera autour de la réalisation de la synthèse des héritages de civilisations amérindienne, africaine et occidentale. Le contenu de la formation sera déterminé à partir des problématiques sociales et technologiques haïtiennes que ces civilisations nous permettent de résoudre. Dès lors, seront formés des professionnels compétents et engagés dans la défense des intérêts nationaux et populaires.

La prise en compte des héritages amérindiens, africains et occidentaux dans l’éducation universitaire, présuppose l’orientation de la formation selon un cadre interdisciplinaire. Il s’agit d’envisager la production et la diffusion de connaissances selon des approches épistémologiques complémentaires et non-contradictoires. L’unité de l’homme haïtien sera préservée dans cette quête de diversité. Une académie de la langue nationale sera fondée en vue de la cohésion idéologique nationale.

Bien compris, ce cadre orientera les pratiques d’enseignement-apprentissage, de recherche et de service à la communauté. Toutes ces relations pédagogiques viseront la formation de cadres réellement autonomes tournés vers la récupération de notre Indépendance nationale.

III.- LA REFORME CURRICULAIRE

L’Université est l’institution éducative par excellence, où se donnent l’enseignement culturel, l’enseignement professionnel et l’enseignement de la recherche. Cette triple caractéristique s’associe à la fonction sociale (préservation de l’identité culturelle et formation des adultes) pour faire de l’université, l’institution culturelle supérieure d’une Nation. Le curriculum occupe une place de choix dans l’accomplissement de ces tâches socioculturelles.

La Réforme curriculaire constitue une médiation académique importante dans toute démarche visant l’adéquation de l’enseignement supérieur aux nouveaux défis qui se posent dans la société. Le curriculum doit répondre à la question : quel type d’homme nous prétendons former à travers l’université ? Entre la définition et la construction d’un nouveau projet de société, et la matérialisation des grands choix économique, politique et culturel au bénéfice de la population, s’active le curriculum qui aide à former les agents préposés au développement national. En ce sens, la réforme curriculaire participe d’un processus politique d’orientation de la société.

L’Université d’Etat d’Haïti, de par son organisation spatiale, sa structuration facultaire et son inadaptation curriculaire, est incapable de remplir cette fonction d’orientation. La Réforme de l’UEH passe donc nécessairement par la refonte curriculaire, c’est-à -dire la restructuration des facultés, la réorganisation des cursus, l’élévation du grade universitaire, l’introduction d’une nouvelle pédagogie, etc.

3.1.- Restructuration des facultés

La restructuration des facultés doit tendre vers la rationalisation des dépenses, la pratique de la solidarité des enseignements et l’adéquation de l’enseignement universitaire avec les tâches majeures du développement national. Dans cette optique, la réorganisation suivante peut être expérimentée : on regroupera les facultés d’Ethnologie, des Sciences Humaines et de Linguistique Appliquée en deux Centres de Formation Universitaire : le Centre de Philosophie et des Sciences Humaines, qui se répartira en Départements de Philosophie, de Psychologie, d’Anthropologie, d’Histoire et de Géographie, de Science Politique et Juridique, de Sociologie ; et le Centre d’Art et de Communication, qui absorbera le département de Communication sociale de la FASCH, la Faculté de Linguistique Appliquée, l’Ecole Nationale des Arts, et comprendra un département de Lettres.

Le Département de Service Social de la FASCH rejoindra les départements de Gestion, d’Administration Publique et de Comptabilité de l’INAGHEI, d’une part, et le département d’Economie de la FDSE et le CTPEA, de l’autre, pour former le grand Centre de Formation en Sciences Sociales Appliquées.

L’Ecole Normale Supérieure restera l’institution universitaire qui forme des maîtres du secondaire, mais un Centre de Formation en Sciences de l’Education sera créé en vue de former des pédagogues, des didacticiens et des spécialistes de l’enseignement supérieur et de l’andragogie. La Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire deviendra le Centre de Formation en Agronomie et en Economie Rurale ; la Faculté des Sciences sera érigée en Centre de Formation Technologique. La Faculté de Médecine et de Pharmacie, la Faculté d’Odontologie et l’Ecole des Infirmières seront transformées en un grand Centre de Formation des Professionnels de la Santé.

3.2.- Promotion active de la Recherche et Réforme des grades

La pratique de la solidarité des enseignements n’est pas une mécanique qu’il suffit de mettre en mouvement. La réorganisation des facultés n’aboutit pas automatiquement à son application. L’interdisciplinarité comme mode d’action académique, nécessite la promotion active de la Recherche à l’UNAH.

Des Instituts de Recherche seront créés à cette fin. Nous prévoyons la création d’un Institut de Recherche en Sciences Naturelles, chargé de faire des études prospectives sur les potentialités naturelles du pays ; d’un Institut de Recherche en Sciences Sociales et Humaines, orienté vers la compréhension de l’homme haïtien dans ses multiples déterminations ; d’un Institut de Recherche en Education, ayant pour mission de réfléchir sur la pratiques éducatives nationales, et particulièrement la praxis de l’éducation des adultes ; d’un Institut de Recherches Technologiques et de Développement, étudiant les problèmes technologiques qui entravent le développement du pays ; et d’un Institut de Recherches culturelles, chargé de théoriser sur la synthèse des apports amérindien, africain et européen de la culture nationale.

Ces Instituts seront des centres intermédiaires qui permettront d’élever l’enseignement universitaire haïtien aux grades de maîtrise et de doctorat.

3.3.- La réforme des grades et la question des ressource humaines

L’Université d’Etat d’Haïti gère un Programme de licence avec mémoire, qui n’a pas d’équivalence certifiée au niveau international. Le seul cycle d’études supérieures à l’UEH, vaut, dans bien de cas, le deuxième cycle universitaire dans des pays européens, mais l’équivalence s’obtient ordinairement après une évaluation.

Le souci de graduation de l’Université d’Etat d’Haïti, n’a pas jusqu’à présent retenu l’attention des hommes politiques et universitaires, au point qu’il n’est pas encore mis à l’agenda politique ou universitaire par la lutte de professeurs et étudiants pour l’Indépendance et l’Autonomie de l’UEH. La politique éducative haïtienne a toujours traité l’UEH en parent pauvre. Aussi des professeurs ne sont-ils pas massivement formés en vue de relever le niveau académique et le degré universitaire. De même, ils ne sont pas encore reconnus comme des professionnels à part entière, en dépit du fait qu’ils maîtrisent des connaissances spécifiques et remplissent une fonction de service public.

La question de formation de ressources humaines est donc directement liée au défi de la professionnalisation du métier d’enseignant en général, et du professeur d’université, en particulier. La réforme des grades universitaires exige une politique de formation de professeurs, elle-même soutenue par une volonté politique de reconnaître socialement la profession d’éducateur. Ce problème peut être abordé à partir de deux angles : l’octroi de bourses d’études à l’étranger et la formation de personnel sur place, d’une part, et la promotion d’organisation d’enseignant chargée de défendre les intérêts de la profession et d’impulser l’intérêt de celle-ci pour le développement national.

Par ailleurs, la prise en compte des faiblesses du pays en terme de cadres par domaine de connaissance, est un élément important de la politique de formation de cadres pour le développement de l’UNAH. Par exemple, les Sciences Naturelles sont des domaines d’études où sont formés pas mal d’Haïtiens ; par contre, les champs de philosophie, d’épistémologie, d’archéologie,Â…, restent des disciplines encore minoritaires en Haïti.

L’objectif de réforme des grades exige la formation à court terme, de 50 professeurs au niveau doctoral et de 100 au niveau de la maîtrise ; un noyau de 30 professeurs animera les cinq (5) premiers Instituts de Recherche qui forment la colonne vertébrale de la réforme de grade à l’UEH. Ces Instituts fonctionneront en groupes de recherche interdisciplinaires où des étudiants qui se vouent à l’enseignement supérieur, s’initieront à la pratique d’investigation scientifique.

Des spécialistes en administration universitaire seront aussi formés dans la perspective de la gestion collective de l’UNAH ; autant dire que la bureaucratie universitaire doit être combattue sous toutes les formes.

A long terme, l’UNAH doit être elle-même capable de former ses cadres. Des programmes de maîtrise et de doctorat débuteront d’ici 2010, et ceci, dans les Centres de Formation qui disposent déjà de programme de post-gradué. De même, des programmes de spécialisation en Sciences agricoles, de l’environnement, de l’énergie, en technologies industrielles, en Santé Communautaire, etc., seront conçus à l’intention des gradués du premier cycle qui n’entendent pas mener une carrière universitaire. Au fur et à mesure de l’implantation de la politique de réforme des grades, le Programme de Licence sera aussi réformé pour correspondre avec sa vocation historique de formation professionnelle supérieure.

Entre le projet de réforme des grades et la question de formation des ressources humaines se situe donc la médiation nécessaire de valorisation de la profession enseignante. La société sait que les professeurs prêtent un service public unique qu’est l’éducation des jeunes et adultes ; elle sait aussi que la profession d’enseignement possède une connaissance ésotérique, c’est-à -dire une compréhension d’opérations intellectuelles spéciales et la maîtrise d’habiletés techniques spécifiques, mais elle ne la reconnaît pas encore en tant que telle. Cette reconnaissance tardive passe par une amélioration substantielle des conditions de travail et du traitement salarial des professeurs au triple niveau fondamental, secondaire et supérieur. Ils doivent pouvoir gagner leur vie et se réaliser personnellement pour s’intéresser à l’exercice de la profession. La réforme universitaire doit aboutir à la valorisation du métier d’enseignant.

3.4.- Le Service Social Universitaire et la Pédagogie active du travail

La réforme curriculaire doit tendre vers la formation de citoyens et citoyennes conscients de leur nécessaire participation au développement du pays. Cette tâche requiert l’ancrage de l’enseignement dans la réalité haïtienne, mais cet ancrage ne doit, en aucun cas, porter préjudice à la diffusion de connaissances à dimension universelle à l’UNAH. Au contraire, les étudiants doivent pouvoir réaliser la synthèse entre des savoirs proprement populaires et des connaissances accumulées par l’homme au cours des ans.

L’utilité sociale des professions est une préoccupation de la réforme universitaire avec l’engagement scientifique pour la transformation de la société. En ce sens, l’étudiant occupe une place de choix dans cette politique. Il choisit son curriculum en fonction des intérêts et motivations qu’il a su montrer pour sa propre réalisation et sa future participation à l’avancement matériel, scientifique, technologique et culturel de la Nation.

La pédagogie active du travail comme méthode d’enseignement/apprentissage permettra d’une part, de synthétiser les connaissances universelles et les savoirs locaux, de l’autre, d’introduire l’éduqué dans le monde de sa profession. Elle consiste à combiner savamment les méthodes actives d’enseignement/apprentissage (qui font intervenir la participation des étudiants dans la structuration des cours et l’évaluation de l’enseignement) avec la relation nécessaire du travail intellectuel/travail manuel. La Pédagogie active du travail tient compte de la place de la pratique dans la compréhension théorique du réel. Les problèmes pratiques qui se posent comme autant de défis au processus de développement du pays, sont des moyens pédagogiques dans la sensibilisation des étudiants sur leur rôle dans la société et à l’université.

Dans les ateliers de production, ils expérimentent la pertinence ou la congruence de la synthèse savoir universel/savoir local. Les expériences ainsi accumulées et appropriées leur seront utiles dans l’exercice de leur profession. A l’Université, ils auront eu l’opportunité de se rendre compte qu’une profession est la pratique d’un service social qu’ils apprendront à prêter à une collectivité, en partant de réels besoins exprimés par cette dernière. Du même coup, ils reproduisent l’unité dialectique de la théorie et de la pratique contenue dans le monde des hommes.

L’implantation d’atelier de production à l’Université, est aussi un moyen pédagogique d’apprendre à apprendre l’utilité sociale d’une profession. En même temps que l’étudiant produit des biens et services utiles à sa communauté, il réalise aussi sa propre individualité par sa contribution au fonctionnement de son atelier. Ceci est donc aussi un lieu d’épanouissement .

La Pédagogie active du travail doit déboucher sur l’acceptation du Service Social Universitaire d’abord comme rétribution des étudiants à la collectivité qui a consenti des sacrifices pour produire cette valeur qu’est le jeune formé, et ensuite comme stratégie d’évaluation ultime de l’étudiant avant sa graduation. Cette méthode d’enseignement/apprentissage prépare les esprits à s’ouvrir aux autres, à manifester de la solidarité concrète dans le processus de solution du problème des autres et à se rendre donc utiles à la société.

L’institutionnalisation du Service Social Universitaire est donc une élément non-négligeable de la réforme curriculaire. Le Service Social poursuit la formation des éduqués ; son institutionnalisation amplifie la portée des ateliers de production. La loi de 1973 sur le Service Civique en Agronomie sera adapté au contexte actuel du développement des professions et son application sera étendue à tous les Centres de Formation Universitaire de l’UNAH. Autant dire que les étudiants passeront deux années de Service Social où ils se spécialisent sur le terrain et perçoivent un salaire social qui sera indexé sur la valeur de la reproduction de ses capacités physiques et intellectuelles.

IV.- DE LA REFORME ADMINISTRATIVE à€ L’UEH

L’Université d’Etat d’Haïti est sous-administrée. Le personnel administratif est très souvent absent dans les discussions concernant l’avenir de l’institution. Représentant environ 5 % des composantes universitaires, la qualification de ses membres semble être un problème à la gestion adéquate de l’historique curriculaire des étudiants. De plus, le personnel administratif est souvent inféodé au Décanat en place qui se comporte comme un véritable cacique.

Par ailleurs, la gestion actuelle de l’UEH, contraste avec la volonté de participation des étudiants et professeurs, affirmée dans les luttes pour l’Indépendance et l’Autonomie de l’Université. Les doyens et conseils de direction utilisent les ressources de l’institution comme leurs propres propriétés privées. Ils embauchent des professeurs de leur choix, consentent des dépenses sans consulter les autres partenaires et recrutent le personnel selon leur propre vision. L’Université d’Etat d’Haïti perd de son caractère de Service Public. Pour recouvrer ce statut, l’UNAH doit être gérée de manière démocratique et professionnelle. Mais, cette forme de gestion implique la centralisation administrative et la déconcentration des services universitaires offerts à travers le pays.

4.1. - Centralisation démocratique de l’Administration de l’UEH

Le principe d’Autonomie de l’UEH pose la nécessité d’une administration centrale démocratique et compétente. La participation et la compétence sont les médiations nécessaires de cette centralisation démocratique. L’Administration de l’UNAH sera organisée de services académique, financier, de recherche et d’extension compétemment réunis sous l’autorité du Conseil Exécutif du Rectorat qui organise désormais le concours d’Admission en attendant l’admission ouverte. Chaque service établit son plan annuel à partir des discussions et évaluations réalisées de concert avec les organisations d’étudiants, de professeurs et du personnel administratif. Les vices recteurs coordonnent ses activités. Dans les régions académiques, les conseils de Directions ou coordinations seront des délégués de ces vices - rectorats. Les plans d’études et le budget de l’UNAH résulteront de ces consultations démocratiques. Si la gestion académique est décentralisée, la gestion financière sera centralisée de manière à allouer équitablement des ressources aux unités régionales de l’UNAH.

4.2. - Gestion académique de l’UNAH

Les Vices - rectorats aux affaires académiques et à la Recherche gèrent les dossiers des étudiants et professeurs avec les Conseils des Etudes. Cette gestion collective admettra l’observation de délégués de professeurs et d’étudiants qui seront des canaux d’information sur les revendications de ces catégories.

Ensemble, ils choisiront des comités d’évaluation des pratiques d’enseignement, des activités de services de recherche et des plans d’études selon le critère d’adéquation des activités académiques avec les problématiques sociales et technologiques du pays.

Le Vice - Rectorat à l’Extension Universitaire est chargé de diffuser les connaissances produites et de coordonner les activités de Service Social en général. Il fonctionnera comme un médiateur entre la société et l’Université. A ce titre, il gère les services à la communauté, par l’organisation de séminaires, de colloques et de conférences et la coordination des stages des étudiants et du recyclage des professeurs. Il siégera à la Commission Académique comme observateur de la Société.

4.3. - Gestion Professionnelle de l’UNAH

Le développement de la Science et de la Technique interdit la dominance de l’amateurisme et du pragmatisme vulgaire. L’UNIVERSITE, comme espace de formation de la conscience philosophique, doit démontrer l’application de cette caractéristique dans sa gestion quotidienne.

Une gestion professionnelle requiert l’embauche du personnel compétent. Le recrutement sur concours ouvert au public, participe du processus de gestion démocratique et professionnelle de l’UNAH.

Des Comités de Curriculum, de Recherche et d’Extension Universitaire seront formés de représentants de toutes les unités régionales de l’Université Nationale Autonome d’Haïti. Ils renseignent sur la professionnalisation de l’éducation universitaire.

V.- DE L’ESPACE PHYSIQUE A L’UNAH

La Réforme de l’espace physique de l’UEH implique une réforme de la mentalité des cadres actuels, une réforme de la mentalité des autorités d’Etat, une réforme de la mentalité des jeunes appelés à devenir de futurs cadres. Le sens de l’effort, voire des sacrifices doit faire partie de notre réflexe. Nous devons volontairement choisir l’éclatement du système ancien, à savoir transférer la faculté d’Agronomie dans le nouveau campus Artibonite à créer ; transférer la faculté des Sciences Humaines dans le nouveau campus Sud - Grand Anse à créer ; conserver la faculté des sciences appliquées et la faculté des sciences médicales dans le campus ouest Sud Est à créer ; une faculté des sciences sociales dans le campus Nord à créer. Les centres d’enseignement public sont éparpillés à travers les quartiers de Port - au - Prince. Nous devons les concentrer dans des campus régionaux à travers la république. Le pays sera divisé en 4 régions sur le plan de la formation universitaire :

Région Departement
I Nord Nord- Nord Est, Plateau Central
II Artibonite Artibonite, Nord Ouest
III Ouest L’Ouest, Sud Est
IV Sud Sud, Grande Anse

L’organisation de l’enseignement s’établirait à trois niveaux à l’échelle nationale :
- Niveau Faculté
- Niveau Département
- Niveau Cours

Une région peut avoir un niveau Faculté dans un domaine de l’enseignement, le niveau Département dans un autre domaine et le niveau Cours dans d’autres domaines.

Toutes les régions auront obligatoirement au moins une faculté, au moins un département en Agronomie et Economie Rurale et les propédeutiques : cours de Maths, de Physique, de Chimie, d’Histoire, de Grammaire, d’Economie, de musique Â…Â….

RégionFacultéDépartementCours Propédeutiques
I Nord Sciences Sociales
Anthropologie, Histoire, Géographie
Science Politique et Juridique
Sciences de l’Education
Sociologie.
Agronomie et Economie Rurale Math.- Physique, Chimie, Histoire, Economie, Grammaire, Musique, Biologie, Dessins, Sociologie
II Artibonite Agronomie et Economie Rurale Economie
Gestion /Informatique, Droit, Histoire
Cours
généraux de
base
III Ouest Sciences Appliquées, Sciences Médicales, Ecole Normale Supérieure,Sciences Sociales Appliquées Agronomie et Economie Rural Cours
Généraux
De Base
IV Sud Sciences Humaines et Philosophie, Psychologie, Lettres, Philosophie, Beaux Arts et Communication Sociale, Métiers traditionnels Agronomie et Economie Rurale Cours Généraux de base

L’université n’étant plus conçue comme un espace d’éducation supérieure concentrée dans la capitale proche des centres occidentaux de recherche, doit être développée sur tout le territoire national sur plusieurs secteurs. 4 campus doivent être crées. L’enseignement supérieur est disponible dans 4 centres universitaires publics.

1. Le Centre du Nord accueillera 5000 bacheliers venant essentiellement du Nord, du Nord - Est, du Plateau Central et des autres régions du pays. La spécialité du Nord sera les sciences sociales, entre autres les sciences politiques. La priorité est accordée au domaine de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, à l’environnement, à la santé publique, à la formation des maîtres.
2. Le centre universitaire de l’Artibonite recevra les bacheliers du Nord Ouest et de l’Artibonite et des étudiants des autres départements ayant déjà réussi avec succès, les propédeutiques dans leur région spécifique.
La spécialité du Centre sera l’Agronomie et l’Economie Rurale. Le centre sera localisé dans la région des Gonaïves. Il accueillera 5000 étudiants et s’installera sur 20 carreaux de terre.
3. Le campus universitaire de l’Ouest accueillera 25 000 étudiants venant essentiellement des départements du Sud Est et de l’Ouest. Sa spécialité sera les sciences appliquées et les sciences médicales.
4. Le Centre Sud - Grande Anse accueillera 5000 étudiants venant du Sud et de la Grande Anse. Sa spécialité sera les Beaux - Arts, la Communication Sociale et petits métiers traditionnels, les Sciences Humaines, les Lettres, la Philosophie.

VI.- RECHERCHE DE RESSOURCES

La réforme de l’UEH exige des débours importants. La recherche de ces fonds se caractérise par une démarche professionnelle, active, osée et originale. Autrement dit, l’UNAH engagera les services de cadres compétents et créatifs en la matière, mais ils travailleront selon le cadre librement choisi par la communauté universitaire. La lutte reste ouverte pour l’acceptation et la concrétisation de ce plan de réforme.
La première source de financement de la matérialisation de la réforme, demeure le budget de la République. Des mouvements sociaux universitaires doivent s’exprimer en vue de l’obtention de l’allocation de 10 % du budget national à la constitution de la nouvelle UNAH.

La cotisation des étudiants est aussi une source financière non-négligeable. La fiscalisation des frais d’immatriculation et leur gestion centralisée de manière démocratique, supposent la rationalisation des dépenses pour la reconstruction de l’UEH. C’est à partir de cette pratique de gestion que la solidarité nationale sera organisée autour du projet. Des concerts de musique rapporteront des fonds substantiels ; de même, des dons de tableaux de peinture seront reçus et vendus au profit de la reconstruction. L’Association des Médias mettra sur pied un marathon dans le même esprit de collecte de fonds. Des associations de soutien à la Réforme seront suscitées dans la diaspora haïtienne en vue d’étendre le mouvement de collecte de fonds.

Une autre source financière importante et permanente, sera constituée des produits de la vente de services d’évaluation, de recherche et d’extension universitaire. Ces fonds seront complémentés par la vente de produits fabriqués dans les ateliers de production qui seront établis sur la base de la rencontre théorie/pratique qui caractérisera désormais l’éducation universitaire haïtienne.

Enfin, des prêts internationaux négociés par l’UNAH elle-même, forment la dernière étape du processus de collecte de fonds pour la reconstruction de l’UEH. Ces négociations tiennent compte de la solidarité internationale effective et de l’autonomie réelle de l’UNAH. Autant dire que la coopération internationale universitaire ne doit pas mettre en question les principes constitutionnels d’indépendance et d’autonomie de l’UNAH. L’UNESCO sera le principal médiateur dans la recherche de ces prêts internationaux.

La Réforme mettra un certain temps à se réaliser. Nous prévoyons donc une période de dix ans pour la mise en place des infrastructures. Mais dès l’obtention de la nouvelle allocation budgétaire, les premières constructions vont démarrer. La réforme curriculaire et la réforme administrative commenceront dès l’investiture du nouveau Conseil Exécutif de Gestion de l’UEH.

Le budget suivant concerne seulement l’établissement des infrastructures, il donne un panorama global des dépenses à consentir et du nombre d’étudiants à être accueillis au cours du processus de réforme.

RégionsSuperficie campusCapacité d’étudiantsSurface bâtieCoût
Nord 20 cx 5000 8000 m² $us 8000000
Artibonite 20 cx 5000 5000 m² $us 5000000
Ouest 70 cx 15000 20000 m² $us 20000000
Sud 20 cx 5000 10000 m² $us 10000000
Total 130 cx 43000 m² $us 43000000

Dans un deuxième temps, le Front communiquera à la société un plan détaillé des recettes relatives à la construction globale de la démocratie à l’UEH. La formation des professeurs, la dotation de matériels et équipements didactiques, etc. sont autant d’activités dont le coût sera soigneusement présenté.

Commission de Réforme du Front de Résistance