Dépêches

Haïti : Justice toujours attendue dans une affaire de 200 enfants empoisonnés en 1996


lundi 7 août 2006

P-au-P, 7 août 06 [AlterPresse] --- L’Association des Parents des Enfants Victimes d’Intoxication au Diéthylène Glycol (APEVIDIGH) dénonce l’inaction de la justice dans le dossier des médicaments empoisonnés distribués par les Laboratoires Pharval et qui ont intoxiqué 200 enfants d’Haïti en 1996.

Lors d’une conférence de presse à laquelle a assisté un reporter d’AlterPresse le 3 août écoulé, les responsables de l’APEVIDIGH se sont montrés indignés de ce que, 10 ans après, la justice ne s’est pas prononcée sur cette affaire, dans laquelle .

Les dirigeants de l’association pointent notamment du doigt Rudoph Boulos, un responsable de Pharval, actuellement admis à participer au deuxième tour des élections sénatoriales dans le département du Nord-est, sous la bannière de la Fusion des Sociaux Démocrates.

l’APEVIDIGH indique que des correspondances ont été adressées au Conseil Electoral Provisoire (CEP), au Ministre de la Justice, au Commissaire du gouvernement, à la Primature et aux deux chambres du corps législatif en vue d’obtenir le retrait de Boulos de la course électorale.

« Si la justice faisait son travail, un homme comme Boulos ne devrait pas se porter candidat », soutient Berthony Philibert, un des porte-parole de l’association.

Le 5 juin 2006, les Laboratoires Pharval avaient accusé l’APEVIDIGH « manipulation et exploitation, à des fins de politique partisane, des souffrances occasionnées par des étrangers, Allemands et Hollandais, à des familles haïtiennes ».

Dans une note à AlterPresse, la direction de Pharval affirmait avoir « mis à la disposition des avocats américains, hollandais et allemands plus de 300,000.00 dollars américains pour obtenir justice et réparation pour les parents, de la firme Hollandaise VOS ».

La note précisait que Rudolph Boulos accusé dans ce dossier, n’est pas propriétaire des Laboratoires Pharval.

En réaction, Pierre Berthony Philibert indique que l’APEVIDIGH a un dossier contre Boulos qui, lors du drame, « était PDG des Laboratoires Pharval ».

Les défenseurs des victimes promettent de porter le dossier par devant le Tribunal Pénal International (TPI) au cas où la justice haïtienne ne serait pas en mesure de leur donner satisfaction. [do gp apr 07/08/2006 00:30]