La Caraibe en un coup d’oeil

Faire entendre les voix de la Caraïbe dans le débat mondial sur la communication


vendredi 11 avril 2003

P-au-P., 11 avr. 2003 [AlterPresse] --- Une quinzaine de communicateurs, membres d’associations de différents pays des Caraïbes, ont convenu, au début d’avril 2003, de renforcer un réseau d’actions sociales en communication, au terme d’un séminaire de deux jours tenu à Trinidad sous les auspices de la branche caraïbe de l’Association Mondiale pour la Communication Chrétienne (WACC-Caraïbe).

« Acteurs Sociaux dans les Caraïbes et Droit à la Communication dans la Société de l’Information » était justement le thème principal de ces deux journées d’échanges, où était représenté le Groupe Médialternatif de Haïti.

Participantes et participants se sont accordés à dynamiser un processus de sensibilisation aux enjeux et défis de la communication, en utilisant non seulement les nouveaux médias électroniques, mais aussi les médias traditionnels, sous l’impulsion de la WACC-Caraïbe jouant un "rôle moteur" dans la sensibilisation et la mobilisation.

L’intégration des organisations de masse et des groupes de communication figure au nombre des mécanismes (identifiés) d’échanges et de participation des secteurs exclus et démunis, notamment de débats d’intérêt public, incluant les politiques nationales et régionales. Cette approche devra aussi tenir compte du multilinguisme qui caractérise la diversité des Caraïbes.

Les participants ont tenté de redéfinir la Communication comme un modèle de réappropriation, de conversation où chaque interlocuteur donne et reçoit en même temps.

Face à la logique dominante de globalisation et de libéralisation accélérée du commerce, la WACC-Caribe oppose "une logique humaine, citoyenne et sociale", a rappelé Gotson Pierre, journaliste haïtien, président (2002 – 2005) de la branche caraïbe de la WACC. Il a insisté sur la nécessité pour les communicateurs régionaux de réfléchir et penser à partir d’une vision alternative de développement soutenu et durable.

Pierre a défini le Droit à la Communication comme droit à la liberté d’opinion, d’expression, mais aussi comme droit à la liberté de diffusion, la liberté d’Information, droit d’accès et droit à l’utilisation des moyens et technologies d’information et de communication.

« Tout cela fait partie de l’agenda de lutte pour la démocratisation de la communication. Tout cela est partie intégrante de l’engagement de la WACC. Nous voulons participer. Nous voulons être les acteurs de nos propres vies et non une marchandise que vendent les médias globaux à l’échelle planétaire. Nous ne voulons pas être les spectateurs de la guerre en direct qui insulte la dignité humaine au niveau global », a souligné Gotson Pierre.

Dans ce sens, « les problèmes de différents peuples, comme ceux de Cuba et d’Haïti, indiquent que nous sommes dans un processus de construction et de défis, un moment de reconstruction sociale, économique et religieuse, pour une nouvelle identification ou un nouveau sentiment de ce que nous sommes comme communicateurs », a renchéri Max Duenas, trésorier de la WACC Caraïbe.

La question du multilinguisme, la démocratisation de la communication, les expériences alternatives de communication dans la région, ont été aussi agités dans le cadre d’une confrontation libre d’idées et de recommandations à transmettre aux populations de manière non académique.

Les défis majeurs pour les communicateurs des Caraïbes seront de convertir les populations en récepteurs non passifs, en émetteurs actifs (tantôt dans une perspective de production, tantôt dans une perspective de réception), d’inclure des contenus critiques, de contribuer à l’éducation, à l’appropriation technologique et d’articuler les expériences.

Dans ce contexte, en considérant le profil spécifique des Caraïbes, il conviendra de perfectionner et de définir les canaux stratégiques d’actions à partir d’une vision et d’une perspective caraïbéennes propres.

Dans les prochaines semaines, la branche régionale de WACC soumettra, à ses membres, le document de base issu du séminaire des 1er et 2 avril 2003 qui devra être à la base d’un plan d’action.

A noter que les différents communicateurs présents au séminaire des 1 er et 2 avril 2003 de WACC-Caribe ont, tour à tour, exposé la situation spécifique de la communication dans chacun des pays représentés.

De même, ils ont débattu du mode d’insertion et du poids régional dans le processus du Sommet Mondial sur la Société de l’Information, qui se tiendra à Genève en décembre prochain . Pour de multiples raisons, les résultats attendus avec la tenue de ce sommet, qui vise à fixer les normes de la Société de l’Information, ont été relativisés. Entre autres, dans la situation mondiale actuelle, la crédibilité des Nations-Unies, qui organisent le sommet, est mise à rude épreuve, ont souligné les participants. [rc apr 11/04/03 13:00]