Dépêches

Haiti - Élections : Le gouvernement et le CEP regrettent le peu d’enthousiasme manifesté par les électeurs


vendredi 21 avril 2006

P-au-P., 21 avr. 06 [AlterPresse] --- Le gouvernement de transition et le Conseil Electoral Provisoire (CEP) constatent et regrettent le peu d’enthousiasme manifesté par les citoyens vis-à -vis du second tour des législatives de ce 21 avril.

Le premier ministre Gérard Latortue, qui a voté en milieu de matinée à Pétion-Ville (périphérie est), exprime sa joie de voir les élections se dérouler « dans la paix ».

S’adressant à des journalistes, Latortue souligne qu’aucune intimidation n’a été enregistrée et que les électeurs « votent librement », sans tentative de manipulation de la part du gouvernement.

A propos de la faible participation observée jusqu’à présent, Latortue note que « c’est une tradition en Haiti que les élections parlementaires ne sont pas prises au sérieux ». Mais, ajoute le premier ministre, « cette tradition doit changer ».

Il rappelle que « la Constitution de 1987 accorde vraiment le pouvoir au Parlement ». Par exemple, le président élu, René Préval, « ne pourra pas faire le choix d’un Premier Ministre sans l’accord du Parlement », souligne-t-il.

Le secrétaire général du Conseil Electoral Provisoire (CEP), Rosemond Pradel, a relevé, pour sa part, que les opérations se déroulent dans la convivialité et sans irrégularités. « Les gens votent calmement », dit-il.

Pour lui, le peu d’affluence de la matinée du 21 avril s’explique par le fait que « les Haitiens demeurent encore présidentialistes » et que « les candidats, appauvris, n’ont pas pu faire campagne sérieusement au deuxième tour afin de mobiliser les électeurs ».

Pradel invite la population à faire le déplacement durant le temps qui reste, de manière à augmenter le taux de participation. « Nous ne pouvons pas laisser le choix du Parlement s’effectuer dans de telles conditions ».

« Le parlement est un gros morceau du pouvoir », justifie le secrétaire général du CEP. « Si cette tendance se maintient, ce sera regrettable », prévient Rosemond Pradel.

Le directeur général du CEP, Jacques Bernard, se dit « confiant qu’avant la fin de la journée, nous aurons un bon pourcentage d’électeurs à voter ». Selon lui, les citoyens se sont rendus compte que « ce n’était pas la peine de se précipiter dans les centres de vote ».

Bernard admet cependant que les 60% de participation du premier tour ne seront pas atteints.

3.5 millions d’électeurs sont attendus aux urnes pour choisir 30 sénateurs sur un total de soixante candidats et 97 députés parmi 194 postulants, afin de former le nouveau Parlement appelé à recevoir, le 14 mai prochain, l’investiture du président élu René Garcia Préval. [gp rc apr 21/04/2006 11:00]