Perspectives

Haïti - Produits Pétroliers : Les accords conclus avec le FMI interdisent les subventions, selon le gouvernement intérimaire


mercredi 5 avril 2006

P-au-P., 05 avr. 06 [AlterPresse] --- Les relations de tout gouvernement avec le Fonds Monétaire International (FMI) n’autorisent pas les subventions des biens de consommation, dont les produits pétroliers, suivant les déclarations faites le 4 avril 2006 par le Premier Ministre du gouvernement intérimaire d’Haïti, Gérard Latortue, en marge de l’inauguration officielle des travaux de réparation de la route Port-au-Prince / Mirebalais de 43 kilomètres, au nord est de la capitale.

« Quand on fait de la bonne gouvernance économique, on ne peut pas entrer dans la logique de la subvention. Le programme de bonne gouvernance avec le FMI interdit les subventions », a répondu Latortue, questionné par la Presse sur les mesures prises par son gouvernement pour faire face à la hausse récente des prix de l’essence 91 et 95 octane sur le marché national.

Le Chef du gouvernement de transition rejette les assertions imputant à son administration la nouvelle augmentation des prix des produits pétroliers dans le pays.

« Le prix de l’essence est en hausse partout dans le monde, aux Etats-Unis, en France, au Canada. Haïti n’est pas un pays producteur de pétrole. Comment peut-on comprendre que le gouvernement de transition augmente le prix » ? s’est-il interrogé.

Gérard Latortue soutient que le président Vénézuélien Hugo Chavez, promoteur de l’accord Petrocaribe avec plusieurs pays des Caraïbes, n’a pas décidé de traiter avec son administration, en dépit des discussions entamées avec le gouvernement de Caracas sur la possibilité d’acheter l’essence à un prix préférentiel.

Soulignant que Chavez est un bon ami du président élu haïtien René Garcia Préval, le Premier Ministre sortant forme le voeu que la république d’Haïti bénéficie des avantages du programme Petrocaribe sous le prochain gouvernement qui sera issu des législatives du 21 avril 2006.

A une question mettant en cause son administration dans le coût élevé de la vie, sans cesse enregistré dans le pays de mars 2004 à aujourd’hui, Latortue, un tantinet agacé, a rétorqué : « Je ne suis pas venu faire le procès du gouvernement ».

La cherté de la vie est un problème économique lié à l’offre et à la demande, explique Gérard Latortue ajoutant que toute rareté des biens sur le marché entraîne une augmentation des prix et que la hausse du tarif des transports publics charrie des conséquences négatives sur les prix.

Le Premier Ministre de transition affirme placer la mise en œuvre des infrastructures routières, comme le démarrage du chantier Port-au-Prince / Mirebalais le 4 avril 2006, dans la perspective de recherche de « solutions durables » au phénomène d’augmentation des prix dans le but de « provoquer une plus grande disponibilité de produits en circulation » sur le marché national. [lf rc apr 05/04/2006 10:00]