Perspectives

La Guyane : capitale de la coopération régionale pendant six jours


dimanche 4 décembre 2005

P-au-P., 4 déc. 05 [AlterPresse] --- Cayenne a accueilli du 22 au 28
novembre 2005 plus d’une centaine de journalistes venus participer au
vingt-sixième congrès de l’Union des clubs de la presse de France et
francophones (UCPF).

Cette manifestation axée sur la coopération régionale a coïncidé avec le
vingtième anniversaire de l’UCPF.

De tous horizons

Les congressistes venaient notamment d’Europe, de l’Amazonie et de la
Caraïbe dont Haïti.

« Cette manifestation restera dans les annales. Car c’est la première fois
qu’un congrès de cette importance a eu lieu en Guyane. Et c’est à 
l’initiative du club de la presse », a lancé sous un air enjoué le président
du club de presse de Guyane, Frantz Montoban, à la clôture du congrès.

Lors d’une plénière, au local de la Chambre de commerce, ouverte au public,
ce dernier a pu trouver certaines réponses quant à la manière dont les
journalistes échangent avec leurs voisins régionaux et internationaux et au
statut exact des journalistes dans ces coopérations, à savoir acteurs ou
spectateurs.

Les propositions

Pour parvenir à la concrétisation de ces échanges d’informations, la
journaliste présentatrice de France 3, Audrey Pulvar, a suggéré la création
d’une agence de presse caribéenne alors que Gaston Janvier, journaliste
haïtien vivant depuis bientôt cinq ans en Guadeloupe, a proposé tout
simplement l’adjonction d’une section francophone et créolophone à l’agence
de presse dont disposent déjà les pays de la Caraïbe anglophone.

Auparavant, l’animatrice du magazine hebdomadaire Métropolis diffusé sur
Radio Métropole, Nancy Roc, exilé depuis cinq mois au Canada, avait lancé
l’idée d’une page Guyane-Haïti sur l’agence en ligne AlterPresse
(www.alterpresse.org).

Journalistes et communicants

Les autres thèmes, ayant alimenté les ateliers lors de ce congrès, ont trait
notamment aux caractéristiques des relations entre journalistes et
communicants, à la façon d’intéresser la presse hexagonale (française) aux
activités de ses régions et aux nouvelles menaces pour la liberté de la
presse.

L’un des ateliers les plus animés a été celui axé sur les relations entre
les journalistes et les communicants. L’accent a été mis sur la manière dont
les deux pouvaient se compléter et travailler en harmonie, dans la mesure où
chacun reste à sa place, sait exactement ce qu’il doit faire et ne s’avise
pas d’empiéter sur le travail de l’autre.

La participation Haïtienne

La participation de la délégation haïtienne à ce congrès a été très active.
Ce qui a fait le bonheur du président de l’Union du club de presse de
Guyane, Frantz Montoban qui est d’origine haïtienne.

« Les journalistes haïtiens ont été le fer de lance de cette manifestation
ici. Car vous avez pris la parole, vous avez échangé. Vous aviez droit à 
plusieurs interventions dans les médias (les courants amazoniens et
nationaux). Et aujourd’hui, on sait qu’il y a en Haïti des journalistes
valables qui peuvent représenter leur pays, dans de bonnes conditions ; même
si la situation n’est pas toujours évidente dans la pratique quotidienne »,
a relevé Montoban.

Résolution du congrès

Au terme de son vingt-sixième congrès, l’UCPF s’est engagée à impulser des
débats et à prendre des positions concernant l’avenir de la Presse, en
regard des problématiques liées notamment aux concentrations, à la
précarisation des métiers, à l’évolution de nos pratiques professionnelles,
à une meilleure connaissance de nos métiers dans le public et à la liberté
de la presse.

L’UCPF envisage également de se donner les moyens pour mieux faire entendre
sa voix dans le concert des associations de journalistes. Elle entend mener
cette « action internationale renforcée en direction de territoires
pertinents (Europe, Caraïbes, Amazonie, méditerranée, Afrique, ...) à travers
les « clubs ou groupements régionaux de clubs ».

Découvrir la Guyane

A côté des ateliers et plénières, les congressistes, du moins la majorité,
ont pu, à travers des visites guidées et excursions, découvrir les attraits
de cette terre immense, mais vide.

En effet, sur une superficie trois fois plus grande que celle d’Haïti, on ne
compte que quelques deux cent mille habitants.

Celui ou celle, qui visite la Guyane pour la première fois, est très
certainement frappé(e) par sa végétation abondante. Les palmiers, les
fleuves, les insectes, la forêt et les fleurs sont autant de composants de
sa flore et de sa faune.

Le Centre spatial

Deux des temps forts ont été une visite en forêt, marquée par une simulation
spectaculaire d’une opération des Forces armées (en Guyane) pour libérer un
otage et une visite des installations techniques du centre spatial Guyanais.
La base spatiale de Kourou et son musée de l’espace constituent deux pôles
d’attraction qui drainent une grande partie du tourisme d’affaires.

La terre du métissage

La Guyane est la terre par excellence du métissage. On y dénombrerait une
quarantaine de nationalités différentes. On regroupe, entre autres sur le sol
Guyanais, les amérindiens, les marrons, les créoles Guyanais, les hexagonaux,
les créoles Antilles françaises, les créoles Antilles anglophones, les
haïtiens, les surinamiens et les brésiliens.

A cheval sur le Nord et le Sud

La Guyane est dans des rapports entre le Nord et le Sud, a déclaré, en marge
du congrès, le président du conseil régional (de la Guyane). « 
Institutionnellement, nous sommes le Nord. Mais, nous sommes un pays du Sud
 ; nous devons regarder vers notre Sud aussi. C’est une question de
solidarité nationale », a renchéri Antoine Karam.

Selon Karam, « la Guyane a tout intérêt dans une coopération régionale
rénovée avec ses voisins de l’Amérique du Sud et plus largement de la
Caraïbe. [vs apr 04/12/05 10:00]