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Dernière ligne droite du FSM 2003


mardi 28 janvier 2003

Porto Alegre, 28 janv. 03 [AlterPresse] --- Une grande
marche contre la Zone de Libre Echange des Amériques
(ZLEA) et pour la paix a mis fin, dans la soirée du 27
janvier à Porto Alegre, aux principales activités
publiques du troisième Forum Social Mondial (FSM).

Une multitude de personnes a defilé sans incident dans
les rues de cette ville du sud du Brésil, rééditant le
succès de l’immense manifestation d’ouverture du FSM.
Une fois de plus, c’était le rendez-vous de la
couleur, de la chanson engagée et de la diversité pour
rejeter catégoriquement la guerre et la perspective
d’intégration de l’Amerique du Sud et La Caraibe
à ï¿½ une zone de commerce libre avec le Mexique,
les Etats-Unis et le Canada. "Non à la guerre et à 
l’ALCA (sigle en Espagnole de la ZLEA)", lisait-on sur
une des principales banderoles de la marche.

Les Etats-Unis ont specifiquement été pointés du
doigt, en particulier à cause de la démarche guerrière
du Président George Bush.

Auparavant, 20.000 des manifestants avaient assisté à 
la conférence du professeur américain Noam Chomsky
autour du thème "Comment affronter l’Empire", qui
s’est déroulé au gymnase "Gigantinho". L’éminent
intellectuel américain a qualifié de "dangereuse" la
perspective d’une guerre des Etats-Unis contre l’Irak.
Cette guerre, a-t-il affirmé, mettra certes fin au
règne du Président Saddam Hussein, mais provoquera
également la naissance d’un nouveau foyer de
terrorisme et une perte totale du contrôle des armes
chimiques et biologiques de destruction massive.

C’est la première fois que le thème du Combat contre
le Militarisme et la Promotion de la Paix a occupé une
telle place au FSM, ayant été un axe central de
discussion, de programmation et d’activités diverses,
visant spécifiquement à dénoncer les plans de
l’administration Bush sur le dossier irakien ou celui
du conflit israelo-palestinien.

D’ailleurs, juste avant la conférence de Noam Chomsky,
dans un geste symbolique qui a ému l’assistance, trois
membres de la délégation palestinienne et trois
délégués israéliens ont signé une "charte pour la
paix", qui reconnait l’Etat palestinien, avec pour
capitale Jerusalem.

Jusqu’à présent, le FSM s’est deroulé sans incident, à 
part une fausse alerte à la bombe ce 27 janvier. Une
"plaisanterie de mauvais gout", a conclu la police
après la découverte d’une boite suspecte au centre
universitaire catholique PUC, un des principaux sites
du FSM. 

Néanmoins, le Comité Organisateur a eu du mal cette
année à gérer le succès de ce qui est devenu depuis
trois ans le rendez-vous de la contestation de l’ordre
mondial actuel et de la construction d’alternatives
pour "un autre monde possible". De 20.000 personnes
en 2001, le nombre des participants est passé à 60.000
en 2002 et plus de 100.000 cette année.

Les participants ont deploré de nombreux problèmes
d’organisation. Un togolais ayant eu l’occasion de
participer à la deuxième édition du FSM l’année
dernière, s’est dit "insatisfait". Il a noté des
difficultés au niveau de la programmation, marquée par
plusieurs changements de dernière minute.

Le programme du FSM n’a été distribué que
partiellement dans l’après midi du 23 janvier,
première journée des activités. Ce programme contenant
plusieurs erreurs a du être réédité. Ce qui a perturbé
la participation aux activités. Il semblerait qu’un
problème informatique ait été à l’origine des
difficultés de programmation. Des données auraient été
perdues à la dernière minute.

Malgré l’effort notable deployé par le comité et les
nombreux moyens logistiques mis en oeuvre, les
problèmes de circulation d’un site à un autre n’ont
pas facilité les choses. "Je me sens fragmentée" a dit
une bresilienne.

D’aucuns se demandent si le contexte politique
brésilien, avec le passage à droite de l’Etat de Rio
Grande do Sul, auquel appartient la ville de Porto
Alegre, n’est pas à prendre en compte. L’implication
de l’Etat a été relativement moindre que l’année
dernière, laissant à la Mairie de Porto Alegre une
plus lourde responsabilité.

Par ailleurs, les récentes élections présidentielles,
législatives et municipales ont dû certainement
mobilisé un fort pourcentage des énergies et
ressources qui devraient être mises à la disposition
de l’organisation du forum, a estimé un Francais.

Le FSM n’a cependant rien perdu de son contenu et
surtout pas de son coté culturel et ludique. Le
"Campamiento des Jeunes" a fonctionné à plein régime.
"Je ne me suis jamais autant amusée, en dansant des
nuits entières sur des rythmes latinos", s’est rejouis
une libanaise. "Me voir parmi tant de jeunes, joyeux,
cela me fait rajeunir", a dit une chilienne d’age mur.

Ce 28 janvier, d’autres activités plutot restreintes
du FSM se poursuivront, notamment des réunions
d’articulation et de planification au niveau des
réseaux, organisations et mouvements qui étaient
présents à Porto Alegre. Les organisateurs rendront
également compte à la presse du bilan du forum.[gp apr
28/01/03 00:30]