Perspectives

Scruter le scrutin

Haïti - Elections : Incertitude affichée du CEP


mardi 15 novembre 2005

P-au-P., 15 nov. 05 [AlterPresse] --- Le Conseil Electoral Provisoire (CEP) est incertain sur la possibilité d’organiser réellement des élections législatives et présidentielles en Haiti avant la fin de l’année.

Le président du CEP, Max Mathurin, qui s’est entretenu avec la presse ce 15 novembre au siège de l’institution, était dans l’incapacité de confirmer la tenue du premier tour du scrutin durant le mois de décembre.

La seule assurance qu’a pu donner Mathurin est que « nous oeuvrons à trouver une journée au cours du mois de décembre pour organiser le suffrage ».

Mathurin a admis que divers problèmes techniques n’ont pas encore été solutionnés. Il reste, entre autres, à finaliser la liste des candidats au sénat et à la députation, ainsi que les maquettes de bulletins de vote pour les députés.

Un délai de 21 jours est requis pour l’impression et la livraison des bulletins.

Ces données doivent être prises en compte dans la mise au point d’un calendrier définitif des consultations.

Autre paramètre non moins important : la livraison et la distribution des Cartes d’Identification Nationale (CIN) ou cartes électorales. Selon max Mathurin, « le CEP n’a aucune influence sur la compagnie de fabrication et toute démarche en ce sens doit passer par l’OEA, signataire du contrat ».

Mathurin affirme ne pas avoir l’assurance de l’OEA de pouvoir remettre les CIN, avant le vote, aux 3,5 millions d’inscrits.

Pourtant, la semaine dernière, l’OEA avait publiquement rassuré sur la possibilité que toutes les cartes soient livrées avant la tenue du scrutin.

Au stade actuel, l’institution électorale ne cache plus son incertitude, affiche son insatisfaction et admet qu’elle a très peu de contrôle sur des leviers essentiels dans l’avancement du processus.

« Le CEP n’est pas satisfait de ses réalisations, en regard des retards accumulés dans l’exécution de ses tâches », s’autocritique Mathurin. Mais, selon lui l’entière responsabilité ne repose pas sur l’instance électorale.

Le CEP « n’est pas le seul opérateur » sur le terrain électoral, relève Max Mathurin. Il pointe du doigt des organismes internationaux qui ont des responsabilités dans la lenteur du processus.

Tout espoir ne parait cependant pas perdu et le CEP ne rejette pas l’idée de fixer le premier tour un autre jour qu’un dimanche, contrairement aux habitudes prises depuis 1987.

Vu les contraintes du moment, le président du CEP ne compte laisser de coté aucune possibilité. « Je ne crois pas que le peuple soit prédisposé à voter seulement un dimanche, il suffit de fixer une date et tout le monde sera motivé », déclare Mathurin, qui en appelle à la « patience » des citoyens. [lf gp apr 15/11/05 20:00]