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Le GRALIP dit non au blocage du Droit à l’Information de la population


mercredi 27 novembre 2002

Port-au-Prince, le 26 novembre 2002

Declaration

Le Groupe de Réflexion et d’Action pour la Liberté de la Presse (GRALIP)
condamne avec véhémence les multiples tentatives des autorités et de leurs
partisans d’entraver, en cette fin d’année 2002, le droit à l’information du
public sur les événements en cours en Haïti depuis tantôt deux semaines.

Le GRALIP dénonce les fuites en avant répétées du régime lavalas et de ses
partisans face aux revendications légitimes de la population pour un mieux
être. Pour masquer ses lacunes, le régime ne rate jamais l’occasion de
s’acharner contre la presse indépendante qu’il tente maladroitement d’associer à une prétendue déstabilisation du pays orchestrée par des « laboratoires étrangers ».

Pour le GRALIP, menacer la vie des journalistes et agresser les médias,
comme les actes concrétisés contre les travailleurs de Presse au Cap-Haïtien
et aux Gonaïves, avec l’incendie partiel de Radio Etincelle, dans la nuit
du 24 au 25 novembre 2002 à la Cité de l’Indépendance, relève d’une volonté
délibérée de cacher la vérité au public, à l’instar des difficultés d’accès
aux informations lors de l’attaque suspecte contre le Palais National, le 17
décembre 2001. C’est ce contexte qui, aux yeux du GRALIP, a poussé sept (7) journalistes des Gonaïves à être contraints de se mettre à couvert, dès le 21
novembre 2002, pour ne pas subir la foudre des zélés et
fidèles regroupés autour de « l’armée cannibale ».

En considérant la gestion faite de l’affaire Métayer, le GRALIP estime que
le régime lavalas est entré dans une phase de légitimation du banditisme
institutionnalisé.

Le GRALIP condamne l’indifférence des autorités compétentes par rapport aux
persécutions entreprises par des groupes et individus connus contre des
journalistes et médias. Le GRALIP dit mille fois non à la criminalisation de
la vie politique faisant encourir de graves dangers aux journalistes voulant
informer la population convenablement sur les multiples faits troublants que
vit actuellement le pays.

Le Groupe de Réflexion et d’Action pour la Liberté de la Presse invite les
consoeurs et confrères à maintenir leur sérénité face à la systématisation
du climat d’intolérance entretenue par le règne de l’impunité en faveur de
brigands protégés et sans foi ni loi.

Le GRALIP invite les médias à mettre à la disposition de leurs journalistes
des moyens appropriés, susceptibles de leur permettre d’assurer la
couverture des faits troublants de l’actualité, dans un environnement de
concertation permanente entre l’ensemble de la corporation pour prévenir
opportunément les risques encourus dans l’exercice du métier.

Le GRALIP rappelle que la diffusion, de manière honnête, d’informations sur
ce qui se passe dans toutes les sphères de la vie nationale, que ces
informations plaisent ou dérangent, relève d’un droit essentiel garanti par
la Déclaration Universelle des Droits Humains et la Constitution d’Haïti,
sans considération de régime prônant le culte de la personnalité au
détriment d’actions concrètes pour améliorer les conditions d’existence de
toutes les couches du pays.

Pour le GRALIP,

Vario Sérant, Coordonnateur principal

Stéphane Pierre-Paul, Assistant Coordonnateur

Ronald Colbert, Administrateur