Dépêches

Une militante féministe américaine rend hommage à une homologue haitienne, décédée aux Etats-Unis


mercredi 6 juillet 2005

P-au-P., 05 juil. 05 [AlterPresse] --- Beverly Bell, directrice du Centre pour la Justice Economique et militante féministe américaine, a rendu récemment un hommage appuyé à son homologue haitienne, Marie Simone Alexandre, décédée le 27 juin dernier d’une tumeur cérébrale aux Etats-Unis, a appris AlterPresse.

Simone Alexandre a succombé au cours d’une troisième opération, suite à une hémorragie interne lors d’une seconde intervention chirurgicale.

Marie Simone Alexandre est une ancienne militante de l’organisation feministe Solidarité des Femmes Haitiennes. Elle a collaboré avec plusieurs institutions de promotion du développement et a été membre du conseil d’administration de l’organisme Lambi Fund.

Beverly Bell a souligné que Simone Alexandre a commencé à travailler en 1980 avec les groupes ruraux et les Ti Komité legliz (Communautés Ecclésiales de Base - TKL). Elle a contribué au processus d’éducation populaire des paysans à la mise en place de silos collectifs pour la conservation de grains et à la construction d’organisations démocratiques dans plusieurs régions.

En 1987 beaucoup des amis de Simone Alexandre ont été victimes lors des attaques contre le mouvement TKL, promu à l’époque par les pères Jean Bertrand Aristide, Jean-Marie Vincent et Jean Pierre Louis.

En 1990, Simone Alexandre a été personnellement victime lors du massacre des paysans de Piatre (Nord). Sa maison a été pillée et incendiée, a rappelé Beverly Bell.

Dans les années 2000, Simone Alexandre a émigré aux Etats-Unis. Elle a été traumatisée par ce qu’elle a vécu en Haiti, a témoigné la militante américaine. La défunte souhaitait établir un centre de réadaptation pour Haitiennes victimes de violence aux Etats-Unis.

L’histoire de Simone reflète beaucoup des aspects de celle d’Haiti, a souligné Beverly Bell. Elle faisait preuve d’une détermination intarissable pour la justice et a dû faire face à la violence, la conduite corrompue de l’Etat et l’impunité légalisée, a-t-elle ajouté. [jj gp apr 06/07/05 13 :00]