Perspectives

Relancer le processus électoral en Haïti, une vraie priorité ?


mardi 12 octobre 2021

Par Gotson Pierre

P-au-P., 12 oct. 2021 [AlterPresse] --- Le gouvernement de facto entreprend des démarches pour former un nouveau Conseil électoral provisoire, première étape pour relancer le processus électoral en Haïti, observe AlterPresse.

C’est une priorité pour le premier ministre Ariel Henry. Il a adressé, ces derniers jours, des correspondances à différents secteurs de la vie nationale pour qu’ils puissent proposer les noms de leurs représentantes/représentants devant faire partie de l’organe électoral.

Parmi les entités sollicitées figurent les organisations de défense des droits humains et les organisations de femmes, tel que prévu par l’accord politique du 11 septembre 2021 « pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire », signé par Ariel Henry et plusieurs partis politiques de l’ancienne opposition.

Neuf secteurs sont concernés dans la formation du Conseil électoral, qui sera formé de 9 membres. Chaque secteur devrait proposer 3 noms et un d’entre eux sera retenu par le chef de gouvernement.

Ces démarches sont entreprises 3 semaines après le renvoi du Cep controversé de Jovenel Moïse.

Enthousiasme, mais surtout rejet

Depuis plusieurs jours, le relai est pris par des dirigeants de l’ancienne opposition, maintenant alliés à Ariel Henry, qui s’activent à convaincre des personnalités de certains secteurs à répondre favorablement à la démarche du gouvernement, avons-nous appris.

Ils pensent que c’est la voie à suivre, même si la première étape de constitution d’un nouveau gouvernement n’a pas encore été franchi, contrairement à ce qui était prévu par l’accord du 11 septembre 2021.

Mais de leurs côtés, certaines organisations, préposées à être parties prenantes de la mise en place du nouveau Conseil électoral, critiquent publiquement la démarche d’Ariel Henry.

Il en est ainsi de l’association féministe Fanm Deside, du Sud-Est, qui ne veut pas d’une « représentation hypocrite » destinée à servir une « hégémonie politique corrompue ». Elle s’est exprimée dans une correspondance adressée à Ariel Henry.

Justice et Paix (Jilap), l’organisation de défense des droits humains de l’Église catholique, estime, pour sa part, qu’ « aucune condition n’est réunie pour la tenue des élections ». C’est ce que déclare sa coordonnatrice, Jocelyne Colas Noël, dans une interview à AlterRadio, soulignant que la priorité devrait être plutôt le rétablissement de la sécurité.

Le climat de terreur persiste

La semaine a commencé sous le signe de la terreur dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Des tirs nourris à Martissant (sud de la capitale), lundi 11 octobre 2021. Situation de panique. Rançonnement de chauffeurs et passants par des bandits armés. La veille, un dangereux chef de gang avait menacé d’empêcher toute circulation automobile et de personnes, à Martissant.

À Montagne Noire (est de la capitale), barricades de pneus usagés enflammés dans les rues, pour protester contre l’enlèvement, durant le weekend écoulé, d’au moins cinq résidents de la zone.

Mouvement de protestation également à Delmas 28 (nord de la capitale) pour exiger la libération immédiate et sans condition, du pasteur Éliodor Dévariste, enlevé le samedi 9 octobre 2021. [gp apr 12/10/2021 07:40]