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États-Unis : Les migrantes et migrants haïtiens dénoncent les mauvais traitements des gardes américains, durant leurs expulsions vers Haïti

Par Marlyne Jean

P-au-P, 21 sept. 2021 [AlterPresse] --- Ils sont plus d’une centaine de migrantes et migrants haïtiens majoritairement jeunes à être refoulés, ce mardi 21 septembre 2021, à Port-au-Prince, à travers deux vols, dans le cadre des expulsions en provenance des Etats-Unis d’Amérique, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Appréhendés sur la frontière américano-mexicaine, ces migrantes et migrants tentaient d’entrer sur le territoire américain.

560 migrantes et migrants haïtiens ont été refoulés depuis le 19 septembre 2021, à Port-au-Prince, parmi des milliers qui campent à Del Rio, au Texas (États-Unis d’Amérique).

« La presse doit voir les images des jeunes, qui descendent des avions, menottés comme des criminels. Je suis descendu de l’avion, les mains et pieds menottés », dénonce un jeune trentenaire, à son arrivée sur le tarmac de l’aéroport international Toussaint Louverture.

Il s’est montré très ému et remonté contre les traitements qu’il a subis, depuis Texas jusqu’à Port-au-Prince.

Très en colère, suite à leurs déportations et les mauvais traitements endurés, certains des migrants ont attaqué l’avion qui les transportait, en lui lançant leurs chaussures.

L’un d’entre eux a essayé de gravir les marches de l’avion pour s’en prendre à l’un des étrangers à bord, mais il a été retenu par des policiers et d’autres migrants qui étaient sur place.

Un autre migrant a débranché violemment un appareil, qui était attaché à l’avion.

« Depuis Texas, ils nous ont menottés, alors que nous ne sommes pas des voleurs. Pourquoi avons-nous des autorités dans un pays, alors qu’elles ne peuvent pas nous défendre ? Elles défendent uniquement leurs intérêts personnels », dénoncent des migrants haïtiens en t-shirt blanc.

« Ils nous ont ordonné de rester sous le pont. Une fois sous le pont, ils ne nous ont pas donné à manger », raconte une migrante en larmes.

Les migrants ont témoigné avoir été emprisonnés pendant des jours, sans pouvoir se baigner et se brosser les dents.

Les filles n’avaient pas accès à des serviettes hygiéniques. N’ayant pas été nourris correctement, les migrants ont été tous privés de leurs bagages, condamnent-ils,

Les migrants s’indignent d’avoir été déportés, sans être avertis et sans recevoir de documents appropriés.

Après avoir visionné des images, qualifiées d’extrêmement troublantes, le département de la sécurité intérieure des États-Unis a annoncé l’ouverture d’une enquête du Bureau de la responsabilité professionnelle des douanes et des patrouilles frontalières, sur les abus contre les migrants.

Il déclare prendre au sérieux les allégations, faisant croire que des abus auraient été commis sur des migrants dans ses centres.

« Les conclusions de l’enquête complète, qui sera menée rapidement, définiront les mesures disciplinaires appropriées à prendre ».

« Le seul crime, que l’Haïtien a commis, est qu’il a envie de vivre », déclare un jeune déporté, qui se dit spécialiste en développement et technologie médicale.

Ce dernier explique avoir été contraint de quitter le pays, parce qu’il n’arrivait pas à trouver de travail en Haïti, depuis qu’il a bouclé ses études en 2016.

Les migrantes et migrants ont été accueillis sous des tentes à l’aéroport international Toussaint Louverture, où ils pouvaient subir des tests de nouveau coronavirus, manger un plat et suivre des procédures d’enregistrement.

Certains migrants affirment qu’ils ont vendu tous leurs biens en Haïti, pour se rendre, soit au Chili, soit au Brésil.

Ils jurent de retourner en terre étrangère pour chercher un mieux-être, tout en dénonçant l’irresponsabilité des dirigeants haïtiens. [mj emb apr 21/09/2021 16:30]