Dépêches

Haiti : Espoir difficile à garder pour les victimes de l’incendie du marché Tête Bœuf


jeudi 30 juin 2005

P-au-P., 30 juin 05 [AlterPresse] --- Les commerçants victimes de l’incendie criminel du marché Tête Bœuf survenu le 31 mai 2005 dénoncent la lenteur des autorités en place dans le traitement du dossier.

Réinstallés pour la plupart dans le marché de Tabarre (Nord de la capitale), ces commerçants reprochent au gouvernement de transition le non respect de ses promesses, un mois après le sinistre. « Jusqu’à aujourd’hui, rien n’est fait pour soulager notre sort » a indiqué un grossiste qui a affirmé avoir enregistré des pertes de l’ordre de 300.000,00 gourdes (US $ 7.500,00).

En dépit de notre situation précaire, « les banques commerciales et les particuliers qui sont nos créanciers réclament le paiement des dettes et la mairie de Port-au-Prince n’a pas respecté ses engagements envers nous », a-t-il poursuivi.

Une vendeuse, qui a affirmé avoir perdu des marchandises 200.000,00 gourdes (US $ 5.000,00), a déploré le comportement des autorités municipales de la commune de Tabarre qui, a-t-il affirmé, « exigent 30,000 gourdes (US $ 750,00) à chaque personne pour un pavillon de 8 m2 ». D’autres abus ont été dénoncés.

Une manifestation a été organisée par des commerçants contre les responsables de la mairie de Tabarre, en particulier la mairesse principale Suzie Julien.

Interrogée par AlterPresse, Suzie Julien s’est dit indignée des reproches qui lui sont faits. Selon elle, « les sommes exigées des vendeurs et vendeuses sont requises pour moderniser le marché et offrir aux occupants un certain confort ». Elle a critiqué les secteurs qui « montent les petits marchands et marchandes contre lui » en dépit de sa « bonne volonté ».

Le gouvernement provisoire avait annoncé des dispositions pour venir en aide aux commerçants victimes de l’incendie du marché de Tête-bœuf. La mairesse adjointe de la capitale, Yannick Mézile, avait ouvert un centre d’enregistrement pour ces derniers au local même de la mairie. A cette date, les promesses tardent à se matérialiser. [lf gp apr 28/06/2005 6:15]