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Haïti-Politique : Des mouvements de protestations à Port-au-Prince et Port-de-Paix pour exiger justice pour Jovenel Moïse


mercredi 8 septembre 2021

P-au-P, 08 sept. 2021 [AlterPresse] --- Des mouvements de protestations ont eu lieu, le mardi 7 septembre 2021, à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti et Port-de-Paix (département du Nord-Ouest) pour demander justice pour l’ancien président de facto Jovenel Moïse, deux mois après son assassinat le mercredi 7 juillet 2021, en sa résidence privée à Pèlerin 5 (à l’est de la capitale, Port-au-Prince), observe l’agence en ligne AlterPresse.

Ils étaient des dizaines de militants politiques, dont certains vêtus de maillots de couleur noire et munis de pancartes, à se rassembler devant la résidence officielle du premier ministre de facto Ariel Henry, à l’est de Port-au-Prince.

Les protestataires, éparpillés au milieu de la route, ont tenté de bloquer la circulation pendant le passage d’un cortège officiel.

« Justice pour Jovenel Moïse, sécurité, élections » figurent parmi les messages, inscrits sur des pancartes, lors d’une manifestation organisée à Port-de-Paix, avec plusieurs centaines de personnes.

Accompagnée d’une bande musicale créant l’animation lors du défilé, la foule réclamait justice pour l’ancien président de facto assassiné.

Jovenel Moïse a été livré par des responsables de sa sécurité, dont le commissaire divisionnaire Jean Laguel Civil, coordonnateur de la sécurité générale du président et le commissaire municipal Dimitri Hérard, responsable en chef de l’Unité de sécurité générale du Palais national (Usgpn), a révélé un rapport du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), publié le vendredi 20 août 2021.

Jean Laguel Civil, disposait d’environ cent mille (100,000.00) dollars américains pour soudoyer des agents affectés à la sécurité du président, en vue de faciliter la rentrée en douceur du commando dans la résidence de ce dernier.

De son côté, Dimitri Hérard devait fournir des armes et des munitions, dont des fusils d’assaut, des bonbonnes de gaz lacrymogène, des grenades et des scies électriques aux membres du commando, explique le rapport du Rnddh.

Ils ont, tous les deux, été arrêtés par la police ainsi que 18 autres policiers nationaux et 18 colombiens. Plusieurs mandats d’amener ont été décernés à l’endroit des personnalités, soupçonnées d’être impliquées dans l’assassinat.

Une nouvelle audition du commissaire divisionnaire Jean Laguel Civil n’a pas pu avoir lieu, le mardi 7 septembre 2021, en raison d’un problème d’électricité, auquel est confronté le Palais de justice à Port-au-Prince.

Son audition a été reportée à ce mercredi 8 septembre 2021.

« 7 juillet 2021 - 7 septembre 2021 : deux mois depuis que le président Jovenel a été lâchement, sauvagement et hideusement assassiné », a déclaré Ariel Henry, sur son compte Twitter.

Il a aussi affirmé que son gouvernement est déterminé pour que justice soit rendue et que les assassins de Jovenel Moïse soient déférés par-devant la justice.

De son côté, le titulaire de facto du Ministère des affaires étrangères, Claude Joseph, a réitéré sa demande auprès de l’Organisation des Nations unies (Onu), pour venir en renfort à la justice haïtienne, à travers un tribunal spécial international pour faire la lumière sur ce dossier d’assassinat.

« 2 mois après, les auteurs intellectuels et les financiers de ce crime continuent de circuler librement en toute impunité », fustige Claude Joseph.

L’épouse de l’ancien président assassiné, Martine Joseph Moïse, estime qu’il s’agirait d’une bataille économique et non politique.

« Ils ont fait cela pour montrer que les personnes, qui viennent de loin, ne doivent pas connaître une vie meilleure », a-t-elle laissé entendre sur son compte Twitter, le mardi 7 septembre 2021. [mj emb rc apr 08/09/2021 10:35]