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Haïti-Assassinat Jovenel Moïse : Le Cardh appelle à prendre en compte certains aspects géopolitiques


mercredi 1er septembre 2021

P-au-P, 1er sept. 2021 [AlterPresse] --- Le Centre d’analyse et de recherche en droits humains (Cardh) demande à ce que certains aspects géopolitiques soient abordés dans le cadre du dossier d’assassinat, le mercredi 7 juillet 2021, de l’ancien président de facto, Jovenel Moïse, dans un rapport transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Le Cardh cite certains faits, comme la présence des Nations unies en Haïti depuis avril 2004, du groupe de travail sur les mercenaires ainsi que l’implication d’autres territoires étrangers : États-Unis d’Amérique, Colombie et République Dominicaine.

La compagnie CTU Security, ayant recruté les mercenaires et planifié l’assassinat du président, est basée aux États-Unis d’Amérique, plus précisément en Floride, et est présidé par Tony Intriago, américain d’origine colombienne, rappelle le Cardh.

« Joseph Vincent (55 ans), Haïtiano-américain, est un ancien informateur de la Drug Enfoncement Administration (Dea) ayant aidé à l’arrestation à PétionVille, le 5 janvier 2017, de Guy Philippe, sénateur élu pour la Grande-Anse » (une partie du Sud-Ouest d’Haiti).

Vingt-deux Colombiens, pour la plupart d’anciens militaires, selon le gouvernement de ce pays, ont été recrutés pour l’opération. Certains ont déclaré qu’ils avaient été recrutés pour arrêter le président et non pour le tuer, poursuit le Cardh.

La plupart de ces Colombiens ainsi que deux Haitiano-Américains sont en prison en Haïti, dans le cadre de ce dossier.

Près d’une quarantaine de personnes, dont une douzaine de policiers nationaux, ont été arrêtées, dans le cadre de l’enquête sur cet assassinat, avait informé la porte-parole de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Marie Michèle Verrier, lors d’un point de presse le vendredi 30 juillet 2021.

Des avis de recherche ont été émis contre plusieurs personnes indexées dans cet assassinat, dont la juge à la Cour de Cassation Wendelle Coq Thélot.

Selon le directeur général de la Police, Léon Charles, certaines réunions de planification de l’assassinat auraient été faites en République Dominicaine, rappelle le Cardh.

Il souligne aussi combien les premiers éléments de l’enquête judiciaire et policière sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, qui paraissent être, pour le moins, insuffisants, ne seraient pas à la hauteur du crime ayant une portée géopolitique complexe.

Les faiblesses de la justice et du droit haïtien, de nature diverse, donnent lieu à de grandes préoccupations, tant sur le plan procédural que par rapport aux éléments devant constituer le contenu du dossier, comme le mobile du crime, les auteurs intellectuels, l’entourage immédiat du président et la portée géopolitique.

Sur la portée géopolitique, l’enquête devrait chercher si l’assassinat de l’ancien président de facto ne serait pas lié à des intérêts de puissances étrangères, suggère-t-il.

Plusieurs organismes de défense des droits humains ont exprimé leurs réserves, quant à la désignation du magistrat Garry Orélien pour instruire le dossier d’assassinat de Jovenel Moïse.

L’incapacité et l’inexpérience de Garry Orélien constituent des obstacles pour traiter ce genre de dossier « très sensible ».

Gary Orélien a été désigné, par le doyen du tribunal civil de Port-au-Prince, Me. Bernard Saint-Vil, pour instruire l’affaire relative à l’assassinat de Jovenel Moïse, à la place du juge instructeur Mathieu Chanlatte, qui a désisté, le 13 août 2021, quelques jours après avoir été choisi. [mff emb rc apr 1er/09/2021 10:50]