Perspectives

Crise : La division persistante au sein de l’opposition traditionnelle, une gifle historique contre la démocratie en Haïti


mardi 31 août 2021

P-au-P, 31 août 2021 [AlterPresse] --- Alors qu’on croyait aplanir les querelles mesquines au sein de l’opposition traditionnelle en Haïti, les bouleversements politiques, survenus lors de la conférence citoyenne devant consacrer, le lundi 30 août 2021, la signature d’un accord pour une solution haïtienne à la crise, viennent de faire tomber les masques, selon les observations recueillies par l’agence en ligne AlterPresse.

Après une tentative de boycotter l’enregistrement de signatures d’approbation dudit document, par des protestataires politiquement motivés, les réactions sur les réseaux sociaux s’enflamment.

« C’est un combat contre les forces obscures, contre les ultra-conservateurs, contre les corrompus. Ils mettront leurs ressources et accointances, pour tenter de bloquer les avancées du peuple dans ses légitimes revendications. L’accord précipite les fauves hors de leurs tanières », affirme, dans un tweet, le Dr. Dunois Erick Cantave, membre du parti politique Mouvement patriotique populaire dessalinien (Mopod).

« Et puis en face, il y a les destructeurs, les briseurs de tables, ceux qui hurlent : P ap gen Akò (Il n’y aura pas d’accord). Sans prendre le temps de lire que l’Accord demande justice pour les victimes des crimes de sang, prône la justice sociale, décrie la corruption et l’impunité. Qui a peur de ça ? », renchérit la spécialiste en communication Monique Clesca, membre de la commission de la société civile pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise.

Les initiatrices et initiateurs de la conférence citoyenne du lundi 30 août 2021 pointent du doigt des secteurs de l’opposition, dont le Secteur démocratique et populaire, dans les troubles provoqués durant cette rencontre.

Le Secteur démocratique et populaire a dénoncé le comportement de certaines organisations, issues de la société civile et politiques, qui chercheraient, argue-t-il, à imposer une solution, alors qu’elles n’étaient pas impliquées dans les mobilisations contre le pouvoir de facto en place.

L’organisation sociopolitique Viv Ayiti informe qu’elle ne fait plus partie du Secteur démocratique et populaire (Sdp), suite à leur désaccord sur le choix d’un gouvernement monocéphale dirigé par Ariel Henry, dans une correspondance en date du lundi 30 août 201.

Viv Ayiti dit opter pour le choix d’un exécutif bicéphale.

Elle déclare s’opposer au choix d’Ariel Henry, qui a communiqué au téléphone, rappelle-t-elle, avec Joseph Félix Badio, accusé d’être impliqué dans l’assassinat, le 7 juillet 2021, de l’ancien président de facto Jovenel Moïse, le soir même du crime, selon le rapport du Réseau national de défense des droits humains (Rhddh).

Viv Haiti exige la démission du chef du gouvernement de facto, pour qu’il puisse répondre des faits qui lui sont reprochés.

L’ancien maire principal de la Croix-des-Bouquets (municipalité au nord-est de la capitale, Port-au-Prince), Rony Colin, avait déjà annoncé son retrait de cette structure, évoquant comme justification la dégradation de son état de santé.

« Aucune défection n’a été enregistrée dans les rangs du Secteur démocratique et populaire. Au contraire, plus d’une vingtaine d’organisations de la société civile et de la diaspora ont rejoint le Sdp au cours des deux dernières semaines. Le Sdp reste et demeure un bloc compact », tente de rassurer le Sdp.

Les perturbations, orchestrées par des militants politiques, le lundi 30 août 2021, lors de la session de clôture de la Conférence citoyenne, n’ont pas pu empêcher l’enregistrement de plus d’une centaine de signatures, de plusieurs organisations politiques et de la société civile.

L’ancien sénateur Steven Benoit indique avoir signé, ce mardi matin 31 août 2021, au nom de l’ « Entente nationale pour une transition de rupture », la proposition d’accord, rendue publique par la commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise.

« Ce à quoi nous assistons en Haïti est tout simplement extraordinaire : une commission de personnes de tous horizons, se réunissant par amour pour leur pays et leurs voisin, pour tracer une voie pour sortir d’une crise politique et apporter la stabilité, la prospérité et le respect pour les droits humains », a réagi, dans un tweet, le député démocrate étasunien Andrew Saul Levin, dit Andy Levin, membre de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants des États-Unis d’Amérique.

Levin a fait cette déclaration après l’enregistrement initié de signatures de la proposition d’accord du 30 août 2021, promue par la Commission de la société civile pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise.

Andrew Saul Levin encourage le gouvernement des États-Unis à applaudir cet effort et à travailler en étroite collaboration avec la commission, pour voir leur vision se réaliser.

« Je suis reconnaissant à l’envoyé spécial pour Haïti, l’ambassadeur Daniel Foote, pour son engagement, jusqu’à présent, de poursuivre son partenariat, pour accueillir cette solution dirigée par les Haïtiennes et Haïtiens », affirme-t-il. [emb rc apr 31/08/2021 11:35]