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Criminalité : 20 policiers nationaux interpellés dans l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président de facto, Jovenel Moïse, en Haïti


mardi 10 août 2021

P-au-P, 10 août 2021 [AlterPresse] --- Une vingtaine de policiers nationaux ont été interpellés, dans le cadre de l’enquête relative à l’assassinat, le mercredi 7 juillet 2021, de l’ancien président de facto, Jovenel Moïse, en sa résidence privée, à Pèlerin 5 (municipalité de Pétionville, à l’est de la capitale, Port-au-Prince), a fait savoir la porte-parole de la Police nationale d’Haïti (Pnh) , l’Inspectrice générale Marie Michelle Verrier, en conférence de presse, le lundi 9 août 2021, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Dans le cadre de ce dossier, 44 personnes ont été interpellées, dont 18 Colombiens, 4 Haïtiano-Américains ainsi que 22 Haïtiens dont 20 policiers, a indiqué la porte-parole de la Pnh.

Le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse a été transféré au parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince.

Des armes, munitions, grenades, gilets par balles, entre autres, qui ont été saisis dans plusieurs résidences, ont été également transférés au parquet, y compris un montant de 117 mille 475 gourdes et 40 mille 480 dollars américains (Ndlr : US $ 1.00 = 100.00 gourdes ; 1 euro = 114.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.80 gourde aujourd’hui), trouvés sur les trois Colombiens qui ont été tués dans le cadre de l’opération concernant l’assassinat de Jovenel Moïse, poursuit Verrier.

Le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Me. Bed-Ford Claude, a déjà décerné plusieurs mandats d’amener contre plusieurs personnalités, dont la juge Wendelle Coq Thélot de la Cour de Cassation, les pasteurs Gérard Forges et Gérald Bataille, l’homme d’affaires Samir Handal et les dirigeants politiques Paul Denis et Liné Balthazar, dans le cadre de ce dossier d’enquête.

Des partis politiques, organisations de droits humains et religieuses y voient des manœuvres de persécution politique.

Le juge d’instruction Mathieu Chanlatte est chargé de mener l’enquête judiciaire sur cet assassinat, après le transfert, par le parquet de Port-au-Prince, du dossier au cabinet d’instruction.

Plusieurs organismes nationaux de droits humains dénoncent le choix de Mathieu Chanlatte pour instruire le dossier d’assassinat, du 7 juillet 2021, de Jovenel Moïse. Mathieu Chanlatte n’avait pas montre d’impartialité, dans plusieurs dossiers de corruption, comme celui de Dermalog dans lequel est impliquée Martine Joseph Moïse, l’épouse de Jovenel Moïse.

Plusieurs juges avaient décliné la proposition du doyen du tribunal civil de Port-au-Prince, Me. Bernard Saint-Vil, d’instruire ce dossier.

L’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen (Opc) a plaidé en faveur de la mise en place d’une commission d’enquête internationale sur le meurtre de Jovenel Moïse.

« La contribution de l’Organisation des Nations unies (Onu) se révèle importante pour la conduite d’une bonne enquête, afin que tous les commanditaires, les auteurs intellectuels et matériels de cet assassinat crapuleux de Jovenel Moïse soient identifiés et traduits en justice, conformément au Droit pénal international et au Droit international des droits humains », estime l’Opc. [mj emb rc apr 10/08/2021 13:25]