Perspectives

Insécurité/Droits humains : L’opposition politique rend hommage aux policiers nationaux victimes en Haïti

Démenti formel des accusations de la direction générale de la police associant la mort, le 18 mars 2021, du policier de l’Udmo Jean Daniel Michel au pillage, le 17 mars 2021, de l’entreprise Universal Motors
mardi 30 mars 2021

P-au-P, 30 mars 2021 [AlterPresse] --- A travers la Direction politique de l’opposition démocratique (Dirpod), l’opposition politique a rendu hommage, ce mardi 30 mars 2021, aux policiers nationaux victimes en Haïti, notamment ceux tués lors de l’opération anti-gang à Village de Dieu, le vendredi 12 mars 2021, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

« L’opposition politique et la société civile organisent conjointement cet hommage, pour saluer la mémoire de tous les policiers tués dans l’exercice de leur fonction, qui sont victimes de répression syndicale, emprisonnés et mis sous sanction injustement », fait savoir Me. André Michel, l’un des porte-parole du Secteur démocratique et populaire et membre de la Dirpod.

Des photos de policiers victimes ont été exposées au milieu de bouquets de fleurs et de cierges allumées, lors de cette cérémonie d’hommage déroulée dans un hôtel à Port-au-Prince.

L’hymne national a donné le coup d’envoi de la cérémonie, suivie par une prière de circonstance présentée par le pasteur protestant Gérald Bataille ainsi que des mots de sympathies du pasteur protestant Gérard Forges aux policiers nationaux victimes et à leurs familles.

« Le moment est venu pour que les escadrons de la mort observent un arrêt dans l’assassinat des individus… la terre est souillée par le sang que vous avez fait couler », déclare le pasteur Gérard Forges.

« Si Abelson Gros Nègre s’était rebellé, il serait peut-être exécuté », lors de son arrestation arbitraire, le samedi 27 mars 2021, signale une sœur de l’ancien porte-parole du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17), lors de cette cérémonie spéciale du mardi 30 mars 2021.

La sœur d’Abelson Gros Nègre assimile l’arrestation de son frère, le samedi 27 mars 2021, à un « kidnapping ».

« Mon frère n’a fait objet d’aucune plainte dans son travail durant 11 ans », fait valoir la sœur d’Abelson Gros Nègre, tout en exigeant sa libération.

L’arrestation de l’ancien policier et porte-parole du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17), Abelson Gros Nègre, accusé d’être un membre actif du groupe Fantom 509 est un acte « arbitraire », avait dénoncé l’avocat Arnel Rémy, coordonnateur du cabinet « Advocatus Law Firm.

Arnel Rémy a également annoncé une action en habeas corpus contre le caractère arbitraire de cette détention et arrestation.

Parallèlement, des mouvements de protestation se sont poursuivis, ce mardi 30 mars 2021, à Carrefour Feuilles (banlieue sud-est de la capitale) pour exiger la libération d’Abelson Gros Nègre.

De son côté, la femme du policier Jean Daniel Michel, tué à Simon Pelé (quartier proche de Cité Soleil), le jeudi 18 mars 2021, par des individus armés, rejette les assertions, selon lesquelles son mari défunt aurait été un membre du groupe Fantom 509.

Elle apporte un démenti formel aux accusations de la direction générale de la Police nationale d’Haïti (Pnh), laissant accroire que le policier de l’Unité départementale de maintien de l’ordre (Udmo), Jean Daniel Michel, aurait « pris part, avec un groupe de vandales se réclamant de Fantom 509 », au pillage de l’entreprise Universal Motors, le 17 mars 2021, au cours duquel il aurait trouvé la mort.

Un avis d’information de l’inspecteur divisionnaire Prenel Duval, responsable de l’Udmo, annonce une messe symbolique à l’église (catholique romaine) Notre-Dame d’Altagrâce, le mercredi 31 mars 2021, en mémoire de l’agent 1 Jean Daniel Michel, tué, le 18 mars 2021, à Simon Pélé, par des individus armés non identifiés.

L’unité Udmo de la Pnh s’inscrit, ainsi, en faux contre les accusations de la direction générale de la police, associant la mort du policier national Jean Daniel Michel au pillage, le 17 mars 2021, de l’entreprise Universal Motors.

Réclamant la libération des policiers nationaux, injustement arrêtés à cause de leur bataille syndicale, la Dirpod dénonce aussi l’utilisation de la police nationale comme instrument politique et outil de répression au service du régime de facto.

Depuis un certain temps, plusieurs policiers nationaux sont victimes de l’insécurité, presque quotidiennement, relève Danio Syriac, porte-parole du parti politique Organisation du peuple en lutte (Opl), membre de la Dirpod. [mj emb rc apr 30/03/2021 16:35]