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Haïti-Justice : La crise risque de perdurer au niveau de l’appareil judiciaire, laisse entendre l’Office de la protection citoyenne


mardi 30 mars 2021

P-au-P, 30 mars 2021 [AlterPresse] --- L’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen (Opc) appelle à la mise sur pied d’une cellule d’urgence, « aux fins de traiter les cas nécessitant une décision judiciaire urgente », dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ce souhait de l’Opc est fait au nom des milliers de personnes en situation de détention préventive prolongée, particulièrement celles qui sont malades, justifie l’Opc.

L’Association nationale des magistrats haïtiens (Anamah), le Réseau national des magistrats haïtiens (Renamah), l’Association professionnelle des magistrats (Apm) et l’Association des juges de paix haïtiens (Ajupha) avaient sollicité les bons offices de l’Opc, en vue de trouver une issue favorable à la crise, qui perdure, depuis le début de la grève illimitée, le 15 février 2021, au sein de l’appareil judiciaire, à travers une correspondance.

Ces associations de juges ont lancé, depuis le lundi 15 février 2021, une grève générale illimitée, pour exiger le retrait de l’arrêté présidentiel en date du 11 février 2021, renvoyant illégalement à la retraite trois juges à la Cour de Cassation.

Elles ont aussi dénoncé la sanction, prise à l’encontre du greffier Christopher Lespérance, pour avoir siégé à l’audience d’habeas corpus en faveur de la libération du juge Yvickel Dabrésil, le jeudi 11 février 2021.

« La solution à cette grève revêt une dimension juridico-politique et l’action introduite par la juge Wendele Coq Thélot risque de perdurer, au niveau de cette juridiction, avec des conséquences néfastes sur les personnes en détention préventive prolongée », prévient l’Opc.

Dans sa démarche, l’organisme public de droits humains a effectué plusieurs rencontres avec le titulaire de facto du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), qui évite, selon lui, de s’immiscer dans l’affaire concernant le renvoi des juges à la retraite, mais accepte de discuter sur la sanction prise contre le greffier.

Le président de la Cour de cassation a décidé de décliner une rencontre avec l’Opc autour de cette affaire, en évoquant qu’un recours a été exercé par les juges en question auprès de la Cour de cassation.

Le magistrat déclare observer un droit de réserve, en raison du fait que cette affaire sera portée devant la Cour de cassation pour décision finale, suivant le déroulement du recours. [emb rc apr 30/03/2021 13:55]