Perspectives

Haïti-Politique et Droits humains : L’arrestation de l’ancien porte-parole du Spnh-17, Abelson Gros Nègre, un acte arbitraire, dénonce Me. Arnel Rémy


lundi 29 mars 2021

P-au-P, 29 mars 2021 [AlterPresse] --- La Police nationale d’Haïti (Pnh) a procédé, le samedi 27 mars 2021, à l’arrestation de l’ancien policier et porte-parole du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17), Abelson Gros Nègre, accusé d’être un membre actif du groupe Fantom 509, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Des riveraines et riverains ont érigé des barricades des pneus usagés enflammés à Carrefour-Feuilles (banlieue sud-est de Port-au-Prince), pour protester contre l’arrestation jugée arbitraire de Abelson Gros Nègre qui faisait l’objet d’un avis de recherche de la part de la direction générale de la Police nationale d’ Haïti (Pnh).

Après son arrestation dans la zone de l’impasse Eddy, à Carrefour-Feuilles, par des agents de l’Unité départementale de maintien d’Ordre (Udmo), l’ex policier syndiqué a été conduit à la Dcpj, pour les suites nécessaires.

L’arrestation de l’ex-policier est illégale et arbitraire, déclare, à AlterPresse, Me. Arnel Rémy, coordonnateur du cabinet « Advocatus Law Firm », qui effectue, actuellement, un suivi sur ce dossier.

Quelle que soit l’infraction, reprochée à Abelson Gros Nègre, ce dernier doit pouvoir passer devant son juge naturel, 24 heures après son arrestation, rappelle Me. Rémy, qui y voit un acte de violation de droits humains.

Les avocats, qui travaillent sur cette affaire, vont poser une action en habeas corpus contre le caractère arbitraire de cette détention et arrestation, annonce-t-il.

Par ailleurs, le nommé Raphaël Jean, accusé également de faire partie du groupe Fantom 509, a été interpellé, le samedi 27 mars 2021, par la Dcpj, pour son implication présumée dans l’assassinat du policier Pierre-Richard Mystal.

Pierre-Richard Mystal a été tué et un autre blessé par balles, à Delmas, en marge d’un mouvement, le lundi 22 mars 2021, de policiers se réclamant du groupe Fantom 509, demanddant aux autorités de récupérer les corps des policiers tués, lors de l’opération anti-gang ratée à Village de Dieu (vers la périphérie sud de la capitale, Port-au-Prince), le vendredi 12 mars 2021.

Le directeur général de la Police nationale d’Haïti (Pnh), l’ancien militaire Léon Charles, avait annoncé le renvoi immédiat de tous les policiers, qu’il identifie comme des membres de Fantom 509, dont le coordonnateur du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17), l’inspecteur principal Jean Elder Lundi.

Léon Charles, dénoncé par plusieurs secteurs comme « instrument politique » aux mains du régime de facto, menace également de « procéder à l’arrestation, pour usurpation de titre, de toutes celles et de tous ceux, qui continuent de porter l’uniforme de la Phn, après leur révocation ».

Le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17) ne fait pas partie du groupe Fantom 509. Le Spnh-17 est une structure syndicale bien organisée, qui détient une reconnaissance légale de l’État haïtien, avait réagi le porte-parole de ce syndicat.

De son côté, la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (Pohdh) dénonce les persécutions politiques, à l’encontre de plusieurs policiers nationaux syndiqués, dont Jean Elder Lundi, de la part du directeur général par intérim de l’institution policière, Léon Charles.

La création du Spnh-17 constitue une avancée démocratique face à un régime fasciste, qui cherche à instrumentaliser et polariser la Pnh, souligne la Pohdh. [emb rc apr 29/03/2021 13:10]