Développement durable

Infrastructures : Kayla souhaite une réponse politique pour résoudre le problème de logements, 11 ans après le séisme du mardi 12 janvier 2010 en Haïti


lundi 11 janvier 2021

P-au-P, 11 janv. 2021 [AlterPresse] --- Le regroupement Konbit ayisyen pou lojman altènatif (Kayla) préconise une réponse politique pour résoudre le problème de logements sur le territoire national, 11 ans après le terrible séisme du mardi 12 janvier 2010 ayant fait environ 300 mille morts en Haïti.

« La population doit d’abord résoudre le problème politique, à savoir renverser le régime en place, qui tente d’établir une dictature dans le pays, pour établir un gouvernement progressiste, capable de mettre en œuvre un plan de logements sociaux », recommande Reyneld Sanon, secrétaire exécutif de Kayla, en conférence de presse, ce lundi 11 janvier 2021, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

A travers ce plan de logements sociaux, qui doit s’inscrire dans un programme global de développement, l’État devrait, entre autres, créer un Ministère de logements ainsi qu’une banque spéciale, dont les fonds devraient être orientés exclusivement dans la construction des logements sociaux.

Ce problème de logements existe, bien avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010, rappelle Kayla, soulignant une dégradation des conditions de logements en Haïti.

Kayla appelle la population à contraindre les autorités étatiques à résoudre, d’abord, les problèmes politiques, qui seraient aussi liés à la question de logements dans le pays.

À Canaan (banlieue située au nord-est de Port-au-Prince), espace où se sont réfugiées beaucoup de familles sinistrées dans le tremblement de terre du mardi 12 janvier 2010, les gens sont aujourd’hui livrés à eux-mêmes, sans aucun service public de base, à savoir des écoles pour les enfants, des hôpitaux et de l’électricité publique.

Structurel, le problème de logements en Haïti doit être rattaché à une mauvaise gestion de l’État, à la base du désastre du 12 janvier 2010, considère Kayla.

D’autres catastrophes et destructions de plusieurs centaines de maisons par les autorités ont également aggravé la situation de logements sur le territoire national.

Kayla cite « l’expulsion forcée » de plusieurs dizaines de familles, notamment à Shada 2 (Cap-Haïtien / Nord), où le conseil municipal de la ville a détruit, en juin 2020, leurs logements, sous prétexte de déloger un gang, qui s’était établi dans la zone.

En juillet 2018, pas moins d’une dizaine de maisons ont été détruites à Pèlerin 5 (à l’est de la capitale, Port-au-Prince) pour protéger la famille de Jovenel Moïse.

En octobre 2016, lors du passage du cyclone Matthew, qui a ravagé le grand Sud d’Haïti, 80% des maisons ont été détruites à Jérémie (département de la Grande Anse, une partie du Sud-Ouest d’Haïti), selon un rapport officiel du gouvernement provisoire de Jocelerme Privert, cité par le regroupement Konbit ayisyen pou lojman altènatif.

En 2014, plusieurs centaines de familles se sont retrouvées dans les rues, après que l’administration du président Joseph Martelly et du premier ministre Evans Paul avait lancé une opération de destruction de leurs maisons au centre-ville de Port-au-Prince, dans l’objectif de construire une cité administrative, encore inexistante en l’année 2021. [mj emb rc apr 11/01/2021 15:20]