Documents

Football/Abus sexuels : Le non-lieu du juge Emilio Accimé en faveur de Yves Jean-Bart, « une honte » pour la justice d’Haïti, selon le Calsdh


mercredi 25 novembre 2020

Note du Collectif d’avocat.es spécialisé.es en litige stratégique de droits humains (Calsdh)

Document soumis à AlterPresse le 25 novembre 2020

Le Collectif d’Avocat.es Spécialisé.es en Litige Stratégique de Droits Humains (Calsdh) constate avec étonnement que le juge instructeur Emilio ACCIMÉ s’est empressé de rendre son ordonnance de clôture dans le cadre du dossier impliquant le nommé Yves Jean-Bart dit Dadou pour des faits d’abus de pouvoir et d’agressions sexuelles sur des jeunes footballeuses haïtiennes. Cette ordonnance est rendue, alors que des citations à comparaître ont été émises par ledit Magistrat à des organisations de défense de droits humains, dont KRIFANM Ayiti (Krifa), notre cliente qu’il devrait auditionner le 23 novembre 2020.

Le Calsdh estime que la légèreté, avec laquelle ce dossier est traité, constitue une violation grave du droit d’accès à la justice, au moment où l’on assiste à une répétition répandue des actes de violence à l’égard des femmes et des filles en Haïti.

Le Calsdh en profite pour demander aux autorités compétentes d’adopter toutes les mesures nécessaires, en vue de sécuriser les témoins, les victimes ou dénonciateurs/ dénonciatrices qui se sont déjà exprimés sur ce dossier.

Le Calsdh plaide en faveur de l’adoption d’une politique de non divulgation des noms de victimes, des témoins et dénonciateurs/dénonciatrices, par les autorités judiciaires, s’agissant de dossier de violence basée sur le genre, en vue de faciliter leur témoignage et garantir leur protection.

En cette occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le Calsdh réaffirme sa détermination à faire du litige stratégique un instrument de lutte contre l’impunité en Haïti.

Port-au-Prince, le 25 novembre 2020

Me. Patrice FLORVILUS, Directeur