Perspectives

Politique/Crise : La présidence toujours en butte à l’intransigeance de l’opposition en Haïti


mercredi 10 juillet 2019

P-au-P, 10 juil. 2019 [AlterPresse] --- Plusieurs dirigeants de l’opposition et représentants d’organisations de la société civile continuent de rejeter l’appel au dialogue du président de la république, de plus en plus contesté, Jovenel Moïse, pour la formation d’un nouveau gouvernement, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Lors d’une cérémonie officielle, organisée, le mardi 9 juillet 2019, au Palais national, pour honorer trois joueurs de la sélection nationale masculine senior de football (qui a été éliminée en demi-finale de la coupe d’or 2019, le mardi 2 juillet 2019, sur un pénalty litigieux, accordé au Mexique), Jovenel Moïse a déclaré souhaiter doter le pays d’un gouvernement, pour pouvoir débloquer la situation en Haïti.

Il en a profité pour prêcher, de nouveau, le dialogue et le vivre-ensemble entre les secteurs de la vie nationale.

Des discussions sont en cours entre Jovenel Moïse, des protagonistes politiques et de la société civile, en vue de la formation d’un gouvernement, a confirmé l’un de ses conseillers politiques, Guichard Doré.

Le sénateur Antonio Chéramy, plus connu sous le nom de chanteur « Don Kato », repousse toute idée de « cohabitation » avec Jovenel Moïse.

Ce discours de « cohabitation », mis en avant, sur la scène politique, par des personnalités politiques, dont le président de la chambre des députés Gary Bodeau, réputé proche du régime tèt kale au pouvoir, est alimenté par Jovenel Moïse, dénonce le parlementaire Chéramy, qui y voit une tentative de manipulation et de diversion.

Invitant à un dépassement de soi, Gary Bodeau propose la mise en place d’ « un gouvernement de cohabitation pour répondre à la crise politique actuelle ».

La démission de Jovenel Moïse constitue un passage obligé pour résoudre la crise actuelle, souligne le sénateur Antonio Chéramy, qui jure d’empêcher la tenue de toute séance, au sénat, devant aboutir à la ratification d’un nouveau gouvernement.

Chéramy exige de savoir, dans la transparence, qui, parmi les protagonistes, accepteront de discuter, avec Jovenel Moïse, de « formation de gouvernement de cohabitation ».

Le lundi 10 juin 2019, au début d’une nouvelle série d’actions de mobilisation, dans les rues contre son régime, Jovenel Moïse a connu un échec cuisant, dans sa demande de pourparlers. Aucun secteur invité n’a, alors, répondu à l’invitation de Jovenel Moïse à parler de la crise politique en Haïti.

De son côté, interrogé par AlterPresse, le secteur démocratique et populaire dit ne pas être intéressé à participer à la formation d’un nouveau gouvernement avec le président Jovenel Moïse, rappelant combien la démission de Jovenel Moïse est un préalable au dénouement de la crise.

Depuis le renvoi, le lundi 18 mars 2019, du gouvernement de Jean Henry Céant, par la chambre des députés, la ratification du premier ministre nommé Jean Michel Lapin est dans l’impasse.

Entre-temps, des mouvements de protestations, émaillés de violences, continuent de réclamer la démission de Jovenel Moïse et la tenue d’un procès Petrocaribe équitable.

Les protestataires en Haïti, qui s’élèvent contrela présence de Jovenel Moïse à la présidence politique, critiquent également l’incapacité du régime en place à résorber notamment la crise socio-économique, marquée par une inflation de plus de 18 %, une dépréciation constante et accélérée de la gourde, par rapport au dollar américain, ainsi que beaucoup d’actes d’insécurité, de banditisme armé, qui tend à s’étendre, sous diverses formes, à travers le territoire national.

A seulement 2 mois de la fin de l’exercice fiscal en cours, aucune disposition n’est prise pour finaliser le budget national ou loi de finances 2018-2019, qui, apparemment, ne bénéficie guère d’intérêt pour l’équipe qui prétend mener à bon port la barque nationale en Haïti. [emb rc apr 10/07/2019 13:35]