Perspectives

Politique/Crise : L’opposition propose une alternative consensuelle pour une refondation d’Haïti

Proposition de mise en place d’une « Autorité nationale de transition » (Ant) pour contrôler les actions du pouvoir exécutif, durant une période de transition politique (juin 2019 - février 2022)
vendredi 21 juin 2019

P-au-P, 21 juin 2019 [AlterPresse] --- Une frange de l’opposition [1] plaide en faveur d’une alternative consensuelle pour une refondation d’Haïti, pendant une période de transition (juin 2019 - février 2022), dans un document remis, à la presse, ce vendredi 21 juin 2019.

Ce document, que s’est procuré l’agence en ligne AlterPresse, fait suite aux consultations, menées par l’opposition auprès de différents secteurs de la vie nationale, en vue de proposer une alternative concertée et consensuelle pour une refondation de l’État.

La démission du président Jovenel Moïse, indexé dans un scandale de corruption, relative à la dilapidation présumée des fonds PetroCaribe, constitue un passage obligé pour résoudre la crise actuelle, estiment divers secteurs du pays, insatisfaits de la gestion de la chose publique par la deuxième équipe tèt kale.

Des séries de mobilisations, avec des marées humaines dans les rues, ont été enclenchées, le dimanche 9 juin 2019, à Port-au-Prince et dans les villes de provinces du pays, pour forcer Jovenel Moïse à laisser le pouvoir et réclamer l’organisation d’un procès équitable pour juger toutes les personnes impliquées dans le gaspillage de ces fonds publics.

A travers ce plan de sortie de crise, l’opposition exige le départ, sans délai, de Jovenel Moïse de la présidence et son remplacement par un juge de la Cour de Cassation, intègre et sans appartenance politique connue.

Un premier ministre, avec une expérience dans la gestion de la chose publique, devrait être issu de l’opposition engagée.

Une entité multisectorielle, dénommée « Autorité nationale de transition » (Ant), aura aussi la charge de contrôler les actions du pouvoir exécutif, durant la transition, devant être bouclée, en février 2022, par l’installation d’un nouveau président, issu d’élections crédibles, souhaitent les initiatrices et initiateurs de cette proposition d’ « alternative consensuelle » pour une refondation d’Haïti.

Des sessions de concertation devraient aboutir à la formation d’un comité d’organisation de la conférence nationale souveraine et à la mise en place d’un secrétariat technique dudit comité.

Le document d’ « alternative consensuelle » pour une refondation d’Haïti prévoit l’élaboration, pendant la période de transition (juin 2019 - février 2022) d’une nouvelle Constitution, qui prendra fin le 7 février 2022, avec l’installation du nouveau président élu démocratiquement.

Une feuille de route du gouvernement de transition devra comprendre la mise en place des mesures, visant la réalisation du procès PetroCaribe et les jugements d’autres cas de corruption avérés.

Cette feuille de route devrait prendre en compte le renforcement des structures de l’Unité de lutte contre la corruption (Ulcc), de l’Unité centrale de renseignements financiers (Ucref), de la Commission nationale des marchés publics (Cnmp) et de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca).

La tenue des procès, relatifs aux massacres de La Saline (novembre 2018), de Carrefour Feuilles (dans la nuit du mercredi 24 avril 2019) et à tous les autres cas de violations des droits humains, et l’accompagnement des victimes sont parmi les propositions, formulées dans la proposition d’ « alternative consensuelle », de l’opposition politique à Jovenel Moïse, pour une refondation d’Haïti. [emb rc apr 21/06/2019 17:25]

[1La frange de l’opposition politique regroupe, entre autres, quatre sénateurs de l’opposition, les Forces de l’opposition progressiste (Fop), des organisations ouvrières et enseignantes