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Politique : Spectacle « dégradant et honteux », offert par Jovenel Moïse, selon une trentaine d’écrivaines et d’écrivains en Haïti


jeudi 13 juin 2019

P-au-P, 13 juin 2019 [AlterPresse] --- Une trentaine d’écrivaines et d’écrivains qualifient de « dégradant et honteux » le spectacle, qu’offrent le président Jovenel Moïse, le gouvernement et la majorité parlementaire, à la nation et au monde.

« Nous vivons, en direct, la déroute d’un gouvernement dépassé, juste préoccupé à sauver ses privilèges et son butin mal acquis sur le dos de la nation », critiquent ces écrivaines et écrivains, dans une lettre ouverte, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Le système social actuel, basé sur l’exclusion et les inégalités, serait à la base de la descente aux enfers de la nation haïtienne, insistent-ils.

Ces écrivaines et écrivains saluent le courage des hommes et des femmes, en général, et des jeunes, en particulier, qui se battent « contre l’obscurité, qui veut nous recouvrir ».

Les écrivaines et écrivains disent appuyer les milliers de protestataires, qui demandent, dans les rues, la démission de Jovenel Moïse de la présidence politique en Haïti.

Toutefois, « la transformation durable de notre société doit passer par la prise en compte des valeurs et les principes, capables d’assurer l’avènement d’une société plus juste, solidaire et fraternelle », font-ils remarquer.

« Aucune construction démocratique n’est possible en Haïti sans la réduction des inégalités, sans une nouvelle éthique et des moyens pour soutenir le service public dans la valorisation du bien commun ».

Ces écrivaines et écrivains appellent à la mise en place d’un État de droit, pouvant garantir « un vrai procès Petrocaribe historique ».

Le dimanche 9 juin 2019, des milliers de personnes ont manifesté dans la capitale, Port-au-Prince, et dans plusieurs autres villes de province, pour exiger la démission de Jovenel Moïse, soupçonné d’avoir, à travers sa firme dénommée « Agritrans », utilisé des « stratagèmes de détournement de fonds », suivant le deuxième rapport d’audit, sur les fonds PetroCaribe, de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca), remis au sénat le 31 mai 2019.

Depuis plus d’une semaine, les manifestantes et manifestants réclament globalement une reddition de comptes sur la dilapidation présumée de plusieurs milliards de dollars américains (Ndlr : US $ 1.00 = 96.00 gourdes ; 1 euro = 110.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.00 gourdes aujourd’hui) des fonds PetroCaribe, de l’aide vénézuélienne à Haïti. [emb rc apr 13/06/2019 13:50]