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Haïti-Politique : L’opposition plurielle ou hétéroclite ne serait-elle pas le meilleur soutien de Jovenel Moïse ?


jeudi 13 juin 2019

Débat

Par Guy Marcel Craan*

Soumis à AlterPresse le 11 juin 2019

Si on fait l’inventaire, au pifomètre, de ceux et celles, qui demandent la démission de Jovenel Moïse, on peut dire, sans risque de se tromper, que ce camp est beaucoup plus nombreux que ceux et celles, qui ont voté pour lui octroyer ce fameux mandat de 5 ans, lequel il croit être irrévocable. Certes, ses partisans ne peuvent plus chanter sur les places publiques « nou pran l, nou pran l nèt, sa k pa kontan… » Ils sont pourtant assez actifs dans le financement des activités de préservation du pouvoir ou des dividendes, qu’ils ont engrangées au cours de ces dernières années.

Dans l’histoire récente du pays, on n’a pas vu de gouvernements résister à autant d’assauts vigoureux et réitérés. L’opposition, à force de multiplier les coups, ne prend pas le temps pour se rendre compte que Jovenel, malgré les frappes reçues, avance vers ses objectifs. « Les événements de 6-7 juillet » de l’année dernière ne l’ont pas empêché de tout tenter pour conserver le gouvernement Lafontant, ni s’impliquer dans un nouveau scandale « le dermalogate ». Le locked-down de février dernier l’avait rendu plus enhardi, comme en témoignent son discours accusant l’opposition de pactiser avec les bandits et les dealers, l’affaire des mercenaires et le renvoi humiliant de son premier ministre. Sans vouloir imaginer qui ce crocodile va encore croquer ou de quelle nature va être le prochain scandale ?, je voudrais surtout comprendre comment fait-il pour résister à ces coups de boutoir.

On ne peut pas attribuer aux conseillers du Président, ni à ceux qui exécutent ses ordres, le fait qu’il ne soit pas encore englouti par cette crise parfaite. Si on devait qualifier l’action de ses collaborateurs, on pourrait dire « ils cherchent des problèmes sans faire exprès » (A. Nakamoura).

Regardons du côté de « l’opposition », cette masse de gens voulant le départ, avec ou sans condition, de Jovenel Moïse : on pourrait d’ores et déjà ajouter Haïti dans la série, qui comprend le Soudan et l’Algérie. Où l’on a vu des populations vaincre des régimes, beaucoup plus coriaces que cette petite « kleptocratie » chancelante. D’abord la constellation des gens qui demande le départ de Jovenel semble être plus opposée entre eux que contre le pouvoir tèt Kale. Les affrontements sur les réseaux sociaux et les media traditionnels sont des illustrations.

La population a entendu l’appel au départ du Président suivant toutes les déclinaisons : Il ne peut plus faire partie de la solution, Il faut des hommes et des femmes nouveaux, Partez mais partez tous etc.

Est-ce que vous vous rendez compte, qu’il s’agisse de Jovenel Moïse, qu’il s’agisse de la population en général, ils attendent que vous parliez d’une seule voix, pour que la question démission se règle définitivement. Pourquoi tout ce temps perdu, toutes ces vies fauchées, tout ce chaos ? Faites ce qu’il faut ou taisez-vous.

*Médecin

 

 

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