A travers Haiti

Haïti-Agriculture : Plus de 2 mille paysannes et paysans déplacés, à cause des violences de gangs dans le Bas Artibonite, déplore le Capac


lundi 10 juin 2019

Saint-Marc (Haïti), 10 juin 2019 [AlterPresse] --- Les violences, orchestrées par des gangs armés, dans les communes du Bas Artibonite, auraient contraint plus de 2 mille paysannes et paysans à se déplacer vers d’autres lieux.

Cette alerte est lancée aux autorités par le Centre d’animation paysanne et d’action communautaire (Capac) [1], à travers une note, en date du 10 juin 2019, transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

La plupart des paysannes et paysans déplacés « vivent dans des conditions déplorables, sans accès à des soins de santé, à la nourriture ou à l’eau potable ».

Les groupes armés du chef de gang Arnel Joseph [2] - auraient pris le contrôle des zones cultivables, en l’occurrence les localités de Savien, dans la commune de Petite Rivière de l’Artibonite, les communes de l’Estère et de Marchand Dessalines.

Arnel Joseph et ses acolytes, vivement recherchés par la police, sèment la terreur au niveau du département de l’Artibonite, depuis quelques temps.

Les manœuvres armées de ces gangs affectent les travaux des paysannes et paysans, ainsi que les communautés locales, dont la principale source de revenus est la culture rizière, souligne le Capac.

A cause de ces manœuvres des gangs armés, qui intimident les paysannes et paysans éleveurs, les zones cultivables sont réduites, tandis que l’alimentation pour les animaux se raréfie dans le Bas Artibonite.

Pourtant, dans ces zones, les précipitations sont régulières et les systèmes d’irrigation disponibles.

Le Centre d’animation paysanne et d’action communautaire critique les autorités, qui auraient donné « carte blanche » à ces groupes armés.

Les paysannes et paysans en difficulté, dans le Bas Artibonite, souhaitent retourner dans leurs localités respectives et se remettre immédiatement à leurs activités traditionnelles, souligne le Capac, se disant inquiet des conséquences des actes d’intimidation de ces individus armés sur la survie des populations.

Le contrôle des zones, par les gangs armés, risque d’empêcher les paysannes paysans de cultiver leurs champs, avec, comme conséquence, une pénurie alimentaire accrue, dans les mois à venir, craint le Centre d’animation paysanne et d’action communautaire.

La Police nationale d’Haïti (Pnh) doit agir, le plus vite possible, conformément aux principes du droit international humanitaire et autres instruments juridiques pour rétablir l’ordre.

Le Centre d’animation paysanne et d’action communautaire appelle la Pnh à « prendre toutes les mesures nécessaires, pour arrêter tous les individus armés, qui sèment la terreur au sein des communautés, puis les conduire devant la justice ».

Il exhorte également le gouvernement à rétablir l’autorité de l’État sur toute l’étendue du département de l’Artibonite, par tous les moyens de droit. [emb rc apr 10/06/2019 15:00]

[1Ndlr : le Centre d’animation paysanne et d’action communautaire (Capac) est une association haïtienne de développement, fondée en 2004 à Croix-des-Bouquets, à environ 13 km au nord-est de Port-au-Prince, dans le département de l’Ouest d’Haïti.

[2Le chef de gang Arnel Joseph est recherché, depuis plus de 7 mois, par la Police nationale d’Haïti (Pnh), qui a émis, en ce sens, un avis en date du 3 novembre 2018. Une opération, conduite début avril 2019, par la Pnh, pour le capturer dans l’Artbonite, a avorté.