Développement durable

Agriculture : Planter des barrières végétales atténuerait l’impact des ouragans sur les cultures en Haïti, selon une étude de la Fao


mercredi 29 mai 2019

P-au-P, 28 mai 2019 [AlterPresse] --- Une étude de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) recommande de planter des barrières végétales, pour atténuer l’impact des ouragans sur les cultures en Haïti.

Ces cultures de pois, l’une des cultures de subsistance les plus importantes dans les communes de Bainet (Sud-Est) et de Grand Goâve (département de l’Ouest) en Haïti, sont menacées par les ouragans, indique, à ce sujet, un communiqué de la Fao, transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Planter des haies, des arbres et une variété d’herbes fourragères très hautes (herbe d´éléphant) offre une protection naturelle et stabilise les sols, fait valoir la Fao.

« Dans certaines exploitations, les agriculteurs haïtiens ont associé ces "barrières vivantes" à des techniques d’agriculture de conservation et d’agroforesterie pour améliorer la qualité des sols, réduire les pertes en eau par évapotranspiration et ruissellement et améliorer son infiltration dans le sol ».

Par cette combinaison, les agricultrices et agriculteurs ont pu augmenter la valeur nette de leur production de 110%, pendant des années sans catastrophes naturelles, souligne le communiqué.

Des résultats mineurs, mais non moins importants, ont été aussi atteints au cours des années cycloniques.

Un bilan officiel, du passage du puissant cyclone Matthew sur Haïti, les lundi 3 et mardi 4 octobre 2016, avait fait état de 108 morts et d’immenses dégâts matériels.

« Dans les exploitations, affectées par l’ouragan Matthew (2016), les avantages nets de cette protection de la culture du pois étaient 52% plus élevés que ceux des parcelles, qui maintenaient les pratiques traditionnelles », relève l’étude de la Fao.

Celle-ci avait pour objectif analyser les bonnes pratiques pour faire face aux catastrophes naturelles en Bolivie, en Colombie, en Haïti, au Guyana, en Jamaïque et dans sept autres pays du monde.

Plus de 900 exploitations, réparties dans 10 pays à travers le monde, ont été examinées dans le cadre de cette étude.

En moyenne, les pratiques améliorées généraient 2.2 fois plus d’avantages que les pratiques traditionnelles, notamment une augmentation de la production et une réduction des dommages et pertes, dus aux catastrophes naturelles, note l’analyse de la Fao.

Le fait que ces solutions ne nécessitent pas d’investissements substantiels, les rend ainsi accessibles aux petits agriculteurs, fait-elle remarquer. [emb apr 28/05/2019 14 :10]