Dépêches

Justice : Une impunité « extrêmement dangereuse pour la démocratie et les droits humains en Haïti », dénonce la Pohdh


mercredi 15 mai 2019

P-au-P, 15 mai 2019 [AlterPresse] --- L’impunité, qui gangrène la justice, serait « extrêmement dangereuse pour la démocratie et les droits humains en Haïti », alerte la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains, dans une note, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

La Pohdh élève sa voix contre l’impunité, dont jouissent les gangs, avec l’appui d’autorités politiques et économiques sur le territoire national, en Haïti.

Les dernières nominations, irrégulières de juges, par le régime politique au pouvoir, viseraient à contrôler la justice, fustige-t-elle.

Récemment, le titulaire démissionnaire du Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp), Roudy Aly a nommé plusieurs juges à la tête de juridictions du pays, dont Me Patrique Rameau Métellus à la tête de la Cour d’appel de Port-au-Prince.

Ces nominations, rejetées par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), constituent un obstacle à l’avancement de dossiers, dont le procès relatif à la mauvaise gestion de plusieurs milliards de dollars américains (Ndlr : US $ 1.00 = 90.00 gourdes ; 1 euro = 103.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.90 gourde aujourd’hui) du programme PetroCaribe d’aide vénézuélienne à Haiti.

De hauts dignitaires de l’Etat, dont des premiers ministres, ainsi que d’anciens ministres, d’anciens directeurs généraux et des responsables de firmes de constructions ont été, entre autres, indexés dans la mauvaise gestion de plusieurs milliards de dollars américains du programme PetroCaribe.

Par ailleurs, la Pohdh signale une insécurité et un banditisme d’Etat, prenant la population en otage en Haiti, depuis le début de l’année 2019.

La Pohdh cite, en exemples, une fusillade, enregistrée, le mercredi 24 avril 2019, à Carrefour Feuilles (banlieue sud-est de la capitale) où huit personnes ont été assassinées par des bandits armés, du gang de Sony Jean, alias Ti je, la prolifération d’armes à feu à travers le teritoire national, en Haïti, et les connivences avérées entres autorités et chefs de gangs.

Sony Jean a été abattu, le lundi 29 avril 2019, à Delmas 83 (au nord-est de la capitale), au cours d’un affrontement armé avec la Police nationale.

Après les révélations de Jean Renel Sénatus, président de la commission sécurité et justice au sénat, le sénateur Garcia Delva a, lui-même, reconnu avoir communiqué par téléphone avec Arnel Joseph, un chef de gang activement recherché par la Police nationale d’Haïti (Pnh). [emb rc apr 15/05/2019 15:55]