Perspectives

L’Ambassade de France à Port-au-Prince exprime ses préoccupations sur la situation des droits humains en Haïti


samedi 11 mai 2019

P-au-P, 10 mai 2019 [AlterPresse] --- L’Ambassade de France à Port-au-Prince exprime ses préoccupations sur la situation des droits humains en Haïti, lors d’une rencontre, le vendredi 10 mai 2019, entre l’ambassadeur de France en Haïti, José Gomez, et des militantes et militants de droits humains, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.

Les représentants de plusieurs organisations haïtiennes de défense des droits humains, en l’occurrence Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) et Marie Rosy K. Auguste, assistante-responsable de programme au Rnddh, ont pris part à cette rencontre.

Y étaient également présents, Me Gédéon Jean, directeur exécutif du Centre d’analyse et de recherche en droits humains (Cardh), Me Joseph Maxime Rony, coordonnateur général de la Plateforme des organisations haïtiennes des droits humains (Pohdh) et Pauline Lecarpentier, secrétaire générale du Bureau des droits humains en Haïti (Bdhh).

Les défenseuses et défenseurs des droits humains ont fait part de leurs inquiétudes, face à la recrudescence des violences, liées aux gangs, au dossier PetroCaribe et au fonctionnement de la justice en Haïti.

L’ambassadeur français en Haïti a déploré le nombre élevé de victimes innocentes, provoqué par les affrontements entre les gangs et les lâches assassinats qui ont touché les agents de l’institution policière.

Le diplomate José Gomez a applaudi les récentes opérations de la Police nationale d’Haiti (Pnh), menées contre les groupes criminels.

L’enquête en cours doit permettre de déterminer les responsabilités et de punir les coupables et les commanditaires des massacres, perpétrés (en novembre 2018) à La Saline (Port-au-Prince), souhaite-t-il, appelant à faire toute la lumière sur ces terribles événements.

Une tuerie, perpétrée les 1er et 13 novembre 2018, à La Saline, non loin du bord de mer à Port-au-Prince, a fait 64 morts et deux disparus, d’après un rapport du Rnddh, qui a aussi dénoncé un « massacre d’État ».

« Près de six mois après ces événements, le rapport, préparé par les Nations unies, n’a toujours pas été rendu public », regrette José Gomez.

Le diplomate français a, par ailleurs, condamné fermement les menaces à l’encontre des militants des droits humains.

D’autre part, l’ambassadeur José Gomez espère aussi que l’enquête, relative au dossier PetroCaribe, de dilapidation des fonds d’aide vénézuelienne à Haïti, permettra « de déterminer toutes les responsabilités et de mettre fin à une impunité inacceptable et dangereuse pour la démocratie haïtienne ».

« L’affaire PetroCaribe constituait un intolérable abus, commis au détriment du peuple haïtien », dit-il.

De hauts dignitaires de l’Etat, dont des premiers ministres, ainsi que d’anciens ministres, d’anciens directeurs généraux et des responsables de firmes de constructions ont été, entre autres, indexés dans la mauvaise gestion de plusieurs milliards de dollars américains du programme PetroCaribe.

Un audit incomplet de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratifs (Cscca) sur le programme PetroCaribe, rendu public le 31 janvier 2019, a révélé des irrégularités graves, des fautes de gestion et des détournements de fonds.

Récemment, des organisations de défense et de promotion de droits humains ont dénoncé une tentative de mise en accusation, déposée par une majorité de députés, visant à faire obstacle à la publication du rapport complémentaire de la Cscca, relatif à la gestion des fonds PetroCaribe.

Ces organisations de défense et de promotion de droits humains sont la Commission épiscopale nationale (catholique romaine) Justice et Paix (Ce-Jilap), le Centre d’analyse et de recherche en droits humains (Cardh), le Centre œcuménique des droits humains (Cedh), le Conseil haïtien des acteurs non-étatiques (Conhane) et le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), entre autres, regroupés au sein d’une structure appelée « Ensemble contre la corruption » (Ecc). [emb gp apr 10/05/2019 15:35]