Dépêches

3 mai, journée internationale de la liberté de la presse

Médias : Des responsables, journalistes et spécialistes livrent leur diagnostic sur la presse en Haïti


jeudi 9 mai 2019

P-au-P, 09 mai 2019 [AlterPresse] --- A l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse, le vendredi 3 mai 2019, plusieurs personnalités dans le monde des médias en Haïti ont discuté, lors d’une table ronde, sur l’état actuel de la presse en Haïti et les défis que les journalistes auront à affronter, selon les données rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Le journaliste Gotson Pierre, coordonnateur du Groupe Médialternatif et éditeur de l’agence en ligne AlterPresse, a salué les efforts déployés par des medias et journalistes pour que la presse demeure libre. Il a, cependant, fait part de ses préoccupations au sujet de l’exercice de la profession journalistique en Haïti.

De son point de vue, la tendance du moment réside dans l’information-spectacle, dans laquelle la mise en scène est devenue plus importante que le contenu, critique-t-il.

« Il y a la concurrence, il y a la compétition et c’est normal. Mais, les journalistes ont intérêt à développer le travail collaboratif, à travailler au renforcement de l’engagement démocratique », souligne Gotson Pierre, responsable de la station AlterRadio 1061 FM.

Par ailleurs, Pierre demande aux autorités de mette en place un programme national, visant à favoriser l’appropriation de l’Internet en Haïti.

Il y a une sorte de complicité entre les journalistes et les chefs de gangs dans les interviews, dénonce le fondateur de la Radio Solidarité, Venel Remarais, lors de son intervention.

« Le problème, ce n’est pas le fait de donner la parole aux présumés bandits, mais plutôt cette complicité, qui existe entre le journaliste et ces derniers. Cela me fait honte ! », exprime Remarais.

Le journaliste peut interviewer tout le monde, dans la mesure où il traite les sujets avec distance, nuance le rédacteur en chef du Nouvelliste, Frantz Duval, faisant valoir la liberté de la presse.

« On n’a jamais refusé de passer les propos de Ben Laden, même dans les pays qu’il avait attaqués, comme les Etats-Unis d’Amérique. Le responsable de Daesh (groupe islamique armé) vient de sortir de sa cachette après 5 ans. La presse internationale a fait écho de ses dernières déclarations. Mais tout est dans la distance », signale Duval, président de l’Association nationale des médias en Haïti et Président-directeur général (Pdg) de Radio Magik 9.

Le vice-recteur aux affaires académiques à l’Université d’Etat d’Haïti, Hérold Toussaint, a insisté sur l’importance de l’éducation au média, qui, malheureusement, n’existe pas dans les écoles en Haïti, regrette-t-il.

« On ne peut pas parler de presse, en omettant la question de l’éducation. [..]..Il doit toujours y avoir une collaboration entre l’université et les médias », affirme Toussaint. [dj emb rc apr 09/05/2019 16:15]