Développement durable

Haiti - Énergie : An 201 de l’Indépendance


mardi 19 avril 2005

En marge des Journées de l’Energie, réalisées à Port-au-Prince du 18 au 21 Avril 2005 par le Cabinet d’Etudes Archer et Associés / Instituto Privado Haitiano-Catalán de Técnicas Energéticas - IPHCATEN

Par Marc Antoine Archer [1]

Soumis à AlterPresse le 27 mars 2005

« A force de sacrifier l’essentiel pour l’urgent,

On finit par oublier l’urgence de l’essentiel. »

(Edgar Morin)

En ce début de siècle, à un tournant décisif de l’histoire énergétique de l’humanité, nous nous retrouvons, en Haïti, face à un scénario dramatique : La société haïtienne n’a pas atteint le seuil de production et de consommation énergétique lui permettant d’envisager l’amorçage d’un développement social et économique. Le contexte énergétique mondial étant en plus défavorable - nous devons penser que la tendance naturelle ira vers l’aggravation de la situation : Produits pétroliers de moins en moins disponibles donc de plus en plus chers, pression médiatique de plus en plus forte sur l’utilisation des énergies polluantes- il va être de plus en plus difficile, voire même impossible, de créer un environnement énergétique facilitateur de développement et basé sur les énergies carbonées. Le contexte énergétique local, quant à lui, se caractérisant par l’absence de ressources pétrolières, la sous-exploitation du potentiel hydroélectrique, l’épuisement progressif des ressources forestières et la faible utilisation des énergies renouvelables et des technologies propres, donne lieu à un panorama sombre . A cela, il faut en plus ajouter que plusieurs contraintes entravent le développement du secteur énergétique haïtien, entre autres :

a- La dépendance totale vis-à -vis des sources extérieures d’approvisionnement en produits pétroliers.

b- L’inexistence de contrôle réglementaire sur le marché local de l’énergie.

c- L’insuffisance de planification au niveau de ressources de la biomasse

d- Le faible niveau d’efficacité lié aux équipements utilisés.

e- Les difficultés liées aux subventions des énergies de substitution (gaz butane, pétrole,GPL).

f- L’absence :

- De contrôle du flux de bois-énergie sur le circuit énergétique urbain et métropolitain.

- De sensibilisation énergétique de la population

- D’initiatives viables au niveau du secteur privé.

- De planification projective et prospective.

- De projets de vulgarisation énergétique.

Dans un tel contexte, il est opportun de penser à trouver des moyens autochtones (l’importation de modèles énergétiques allochtones ne peut tout résoudre) de fonctionnement et de faire des choix judicieux, pertinents au niveau des investissements, des politiques à implémenter dans le cadre de la satisfaction des impératifs, des contraintes énergétiques qui se présentent :

-  Sécurité dans l’approvisionnement.

-  Suffisance de ressources économiques pour satisfaire la demande ;

-  Contrôle des différents coûts stratégiques associés à l’énergie.

-  Recherche d’Autonomie au niveau de la production.

-  Minimisation des Impacts produits sur l’Environnement

-  Satisfaction des besoins énergétiques de la totalité de la population

-  Compétitivité de l’économie du pays

o Réduction de la facture énergétique

o Réduction du coût énergétique lié à la production

o Consommation Responsable (Eduquer la consommation)

Haïti ne peut renoncer à créer des conditions de bien-être pour la totalité de sa population et la satisfaction énergétique des besoins de base est le premier pas. Il faut donc des initiatives, des actions agressives et de qualité.

La première obligation, et c’est là le grand rôle à jouer par nos hommes politiques, est celle de doter le pays d’un Plan Energétique National ayant pour objectif global : Faciliter la mise en place d’une couverture énergétique capable de satisfaire les besoins énergétiques globaux de la population haïtienne.

Et, pour objectifs spécifiques, en tant que grandes lignes stratégiques :

- Obtenir une couverture électrique à l’échelle nationale durant les 10 prochaines années et assurer cette couverture électrique de façon effective.

- Faciliter l’accès à un service électrique de qualité.

- Minimiser les impacts négatifs sur l’environnement

- Faciliter la mise en place et de façon durable, des piliers du développement de la structure énergétique du pays.

- Création d’emplois, de nouveaux métiers, de nouvelles spécialisations et même d’une nouvelle industrie dans le pays (associée à la gestion de l’énergie)

- Création de structures permettant la diversification énergétique dans le pays.

- Etablir un Cadre Général de fonctionnement à travers :

o Une Redéfinition du modèle de fonctionnement permettant d’intégrer tous les acteurs.

o Etablissement d’une nouvelle structure Energétique

o Elaboration d’un Cadre Légal adapté à la réalité haïtienne

 Cadre Technico-Normatif

 Cadre Pénal

En ce sens, j’ai voulu croire que la réalisation d’une Semaine de l’Energie en Haïti ou de « Journées de l’Energie » pourrait être une bonne façon d’initier ce débat en apportant aussi des pistes de solution. Voilà donc pourquoi je lance ces Premières Journées de l’Energie (...).

En Haïti, fort heureusement pour nous Haïtiens, l’Avenir est ouvert. Le futur, chers amis, se construit. Nous sommes tous importants si nous voulons créer une œuvre durable.

Contact : Marc Antoine ARCHER

(509) 557 85 64

(509) 249 24 22

(34) 630 061 612

marc@archer.jazztel.es

[1Marc A. Archer, physicien industriel, eco concepteur, ex professeur à l’Université Autonome de Barcelone