Dépêches

Haïti-Insécurité : De sérieuses menaces contre le défenseur des droits humains Pierre Espérance


samedi 27 avril 2019

P-au-P., 27 avril 2019 [AlterPresse] --- De sérieuses menaces pèseraient sur la vie de Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Une cellule criminelle serait constituée pour exécuter le défenseur des droits humains et un travail de renseignement aurait déjà été finalisé à cet effet, selon des informations communiquées à AlterPresse.

« Les menaces sont sérieuses », s’est inquiété Pierre Espérance lors d’une conversation téléphonique avec AlterPresse. Il a fait savoir que des individus suspects circulant à motocyclettes ont été remarqués près du local de l’institution.

La Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh), dont fait partie le Rnddh, a été alertée sur la question, a également appris AlterPresse.

Le pays connait depuis quelques temps une forte recrudescence de l’insécurité, marquée par des opérations meurtrières de gangs armés, qui occupent des quartiers de la capitale et certaines régions, notamment dans l’Artibonite (Nord).

Le dernier cas en date est celui de Carrefour Feuilles, secteur sud-est de la capitale, où huit personnes ont été assassinées et une vingtaine d’autres blessées, dans la nuit du mercredi 24 avril 2019. L’attaque a été perpétrée par un groupe d’individus armés, dirigé par le chef de gang SonyJean, plus connu sous le nom de Ti je, selon les informations rassemblées par AlterPresse.

Des violences, les 1er et 13 novembre 2018, à La Saline, au nord de Port-au-Prince, ont fait 64 morts et deux disparus, selon un rapport du Rnddh, qui a dénoncé un « massacre d’État ».

Après avoir échappé à une opération policière menée au Village de Dieu (au centre-ville de Port-au-Prince), le présumé chef de gang Arnel Joseph s’est retranché dans la commune de Marchand Dessalines (Artibonite). Il continue de terroriser la population de la région et a attaqué, le 19 avril, le commissariat de Petite Rivière.

Les autorités seraient de connivence avec des gangs armés, à travers le pays. Ce qui rend extrêmement difficile le travail de l’institution policière, avait estimé Pierre Esperance, pointant du doigt le Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales (Mict).

Dans une note, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse, le Mict a apporté un démenti formel aux déclarations du principal responsable du Rnddh, qu’il a qualifié de « diffamantes », « dangereuses et totalement infondées ».

Après des révélations de ses pairs, le sénateur Garcia Delva a admis publiquement, le mercredi 24 avril 2019, qu’il était fréquemment en contact, par téléphone, avec Arnel Joseph.

Le Rnddh a, à l’occasion, de nouveau, dénoncé les « accointances » entre les autorités étatiques et les bandits armés.

Il a aussi précisé que la justice, sur l’intervention des responsables gouvernementaux, procéderait à la libération de bandits notoires. [gp apr 27/04/2019 13:00]