Dépêches

L’insécurité persiste en Haïti, en dépit des dispositions annoncées


lundi 22 avril 2019

P-au-P, 22 avr. 2019 [AlterPresse] --- En ce mois d’avril 2019, Haïti fait face à une recrudescence de l’insécurité, en dépit de dispositions, fréquemment annoncées par les autorités, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Une attaque a été perpétrée, le vendredi 19 avril 2019, par des bandits armés contre le commissariat de police de la Petite Rivière de l’Artibonite (département de l’Artibonite).

Le commissariat de police demeurait fermé, durant le weekend écoulé, les policiers ne se sentant pas en sécurité, a informé la mairesse, Marie Jacqueline Ozile.

Depuis l’opération, conduite en vain par la Police nationale d’Haïti (Pnh), le jeudi 4 avril 2019, à Marchand Dessalines, dans le département de l’Artibonite, pour tenter de capturer le présumé chef de gang de Village de Dieu, Arnel Joseph, un vent de panique souffle dans ce dit département.

Des gangs armés ont également créé, la semaine écoulée, une situation de tension dans plusieurs quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Cité Soleil, La Saline, au bas de la ville, plus particulièrement, au niveau de la Croix-des-Bossales et au Bicentenaire, où des tirs nourris ont été entendus.

Plusieurs opérations policières seront mises en œuvre à l’encontre des gangs armés, qui sèment la panique dans divers points du pays, a annoncé, le samedi 20 avril 2019, le président du Conseil supérieur de la Pnh (Cspn), le premier ministre nommé (en attente de ratification par les deux chambres) Jean Michel Lapin.

Pour sa part, un des dirigeants de Konbit òganizasyon politik, sendikal ak popilè, Guy Numa, impute aux autorités le climat d’insécurité, qui frappe diverses couches dans la population.

Les autorités seraient de connivence avec des gangs armés, à travers le pays. Ce qui rend extrêmement difficile le travail de l’institution policière, estime le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), Pierre Esperance, pointant du doigt le Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales (Mict).

Dans une note, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse, le Mict a apporté un démenti formel aux déclarations du principal responsable du Rnddh, qu’il qualifie de « diffamantes », « dangereuses et totalement infondées ».

Le Mict déclare exhorter la population « à la prudence face aux intoxications de l’opinion, faites à travers la diffusion d’informations trop souvent erronées, aux conséquences, cependant, combien désastreuses ».

Le Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales se dit déterminé à maintenir la sûreté de l’État, à lutter contre l’insécurité et à contribuer à ramener la paix et la sérénité dans les communes, sections communales, quartiers et habitations du pays.

Pourtant, cela fait des mois depuis que la population attend encore la concrétisation de ces promesses de sécurité. [emb rc apr 22/04/2019 12:40]