Perspectives

Crise : Beaucoup de promesses, sans résultats concrets des autorités face à une remontée de l’insécurité en Haïti


mercredi 17 avril 2019

P-au-P, 17 avr. 2019 [AlterPresse] --- Les nombreuses dispositions, annoncées par l’administration du président Jovenel Moïse, pour freiner l’insécurité en Haïti, demeurent, jusqu’à date (avril 2019), sans grand effet, comme des coups d’épée dans l’eau, selon les témoignages recueillis par l’agence en ligne AlterPresse

Comme à l’accoutumée, Jovenel Moïse a affirmé, sur son compte twitter, « avoir passé des instructions formelles », aux plus hauts responsables de la sécurité d’Haïti, « pour contrer les bandits armés, qui menacent la paix dans les foyers et la sécurité publique ».

Dans la presse, , sans donner plus de détails, le premier ministre nommé, Jean Michel Lapin, qualifie de « guérilla » le banditisme armé, à l’origine de la recrudescence de l’insécurité en divers endroits sur le territoire national, en Haïti.

Une rencontre spéciale a eu lieu, le mardi 16 avril 2019, entre les membres du Conseil supérieur de la Police nationale (Cspn), autour de l’expansion des gangs armés dans le pays, notamment dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, se contente d’informer Lapin.

Pour sa part, le porte-parole de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Michel-Ange Louis-Jeune, a également promis des dispositions institutionnelles, visant à ramener le calme à Port-au-Prince et ses environs.

Les agents des forces de l’ordre seront renforcés à travers la capitale, Port-au-Prince, a tenté de rassurer, le 16 avril 2019, le porte-parole de la Pnh.

Impuissance du régime politique actuel face aux gangs armés

En dépit des multiples décisions, réitérées par l’administration politique actuelle, pour combattre l’insécurité, les gangs armés continuent de faire la loi dans divers quartiers populaires, notamment dans la grande agglomération de Cité Soleil, qui avait connu quelques années d’apaisement, et à La Saline, dans l’objectif de parvenir à contrôler le flux d’argent dans le plus grand marché public d’Haïti, le marché de la Croix des Bossales.

La population, qui continue d’exprimer ses préoccupations quant à la nonchalance et à l’apparence d’impuissance des autorités face à ce climat de terreur, est aux abois.

Chacune et chacun exhortent leurs voisines et voisins à redoubler de vigilance, dans les rues et les quartiers, devenus progressivement espaces de non droit, occupés par des gangs armés, qui y font régner leur « loi de terreur ».

Depuis plusieurs jours, une situation de tension provoque la paralysie des activités, surtout dans les quartiers de Cité Soleil, La Saline et au bas de la ville, plus particulièrement, au niveau de la Croix-des-Bossales, où des tirs nourris sont régulièrement entendus.

C’est dans une atmosphère tendue que le premier ministre nommé a fait, le mardi 16 avril 2019, le dépôt de ses pièces au bureau de la chambre des députés, situé à proximité de La Saline, pendant que retentissaient des tirs nourris, selon des informations rapportées par les médias.

La panique aurait même gagné le parlement.

Aucune information n’a encore été communiquée, par les autorités policières, sur ce qui serait à l’origine de ce regain d’insécurité, en plusieurs endroits, dans la zone métropolitaine de la capitale.

Toujours est-il que les riveraines et riverains, dans différents quartiers, à Port-au-Prince, déplorent encore, ces dernières semaines, de multiples cas d’agressions armées, de braquage, de vols de véhicules, etc., perpétrés par des bandits armés, qui profitent d’une situation d’impunité.

Dans ce contexte, différents gouvernement étrangers, comme les Etats-Unis d’Amérique, ont récemment demandé à leurs citoyennes et citoyens de se garder de se rendre en Haïti, rudement éprouvée par une crise globale multiforme et une absence flagrante de gestion institutionnelle.

Haïti fait toujours face à des défis importants, tels le respect et la protection des droits humains, y compris les questions touchant à l’égalité et l’équité de genre, ont admis, le 12 avril 2019, les Nations unies, appelant à promouvoir l’état de droit et la bonne gouvernance dans la république caribéenne. [emb rc apr 17/04/2019 13:00]