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Haïti-Insécurité : La tentative d’arrestation d’Arnel Joseph « n’est pas un échec », selon le spécialiste en sécurité, Rodolphe Mathurin


mercredi 10 avril 2019

P-au-P, 10 avr. 2019 [AlterPresse] --- L’opération, conduite par la Police nationale d’Haïti (Pnh), le jeudi 4 avril 2019, à Marchand Dessalines, dans le département de l’Artibonite, pour tenter de capturer le chef de gang de Village de Dieu, Arnel Joseph, ne doit pas être assimilée à un échec.

C’est l’opinion exprimée, sur AlterRadio et AlterPresse, par un spécialiste en sécurité, Rodolphe Mathurin, pour qui la réussite de pareilles opérations requiert un climat politique approprié.

L’opération contre Arnel Joseph n’est pas arrivée à terme, mais elle n’est pas un échec, soutient-il, exhortant les autorités étatiques à mettre l’institution policière davantage en confiance.

Les opérations, menées par la Pnh, le jeudi 4 avril 2019, à Marchand Dessalines (département de l’Artibonite), pour tenter de capturer Arnel Joseph, ont fait un mort par balle et plusieurs blessés.

Une précédente opération policière avait contraint le présumé chef de gang du village de Dieu, à Port-au-Prince, à se retrancher, depuis quelques temps, dans le département de l’Artibonite.

Rodolphe Mathurin appelle à la mise en place d’une ambiance politique générale pour aider la police à mieux faire son travail.

Les questions de sécurité, d’une manière générale, ne concernent pas uniquement l’institution policière. La police nationale n’est rien toute seule, elle existe à partir d’une ambiance politique, fait-il remarquer.

En dehors des considérations d’ordre structurel, il faut considérer le contexte global du pays et les attitudes des protagonistes politiques pour évaluer la situation de l’insécurité dans le pays, signale-t-il, soulignant un déficit de l’Etat en matière de gestion de l’espace depuis des années.

Il fustige certaines interventions à la radio, « extrêmement dangereuses », qui tendraient à démotiver les policiers nationaux.

Par ailleurs, le spécialiste en sécurité Rodolphe Mathurin en a profité pour tirer la sonnette d’alarme sur la façon, dont les produits pétroliers sont stockés en Haïti, en dehors des principes de sécurité.

Les consommatrices et consommateurs sont livrés à eux-mêmes, dans ce contexte de rareté de carburant, déplore-t-il.

Le problème d’indisponibilité de produits pétroliers sur le territoire national, constaté depuis janvier 2019, persiste jusqu’au mois d’avril 2019, en dépit de nombreuses dispositions annoncées par le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (Bmpad). [emb rc apr 10/04/2019 16:45]