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Haïti-Genre : Des féministes appellent à une plus grande reconnaissance de la journée nationale du mouvement des femmes


lundi 8 avril 2019

P-au-P, 08 avr. 2019 [AlterPresse] --- Il y a un manque de reconnaissance de la journée nationale du mouvement des femmes en Haïti, 33 années après (3 avril 1986-3 avril 2019), ont estimé des organisations féministes, selon les données rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

La date du 3 avril est loin d’avoir tout son sens dans la société haïtienne.

Nombreuses sont celles et ceux, qui ignorent la représentation de cette date contrairement à la journée internationale des droits de la femme, le 8 mars.

C’est ce qu’a fait remarquer la fondatrice de l’ancien journal féministe Enfo Fanm, Clorinde Zéphyr au micro d’AlterRadio, à l’occasion de la journée du 3 avril 2019.

Elle craint qu’il y ait une sorte de confusion entre ces deux dates, dont l’une est universelle et l’autre qui est exclusivement celle des femmes haïtiennes.

La journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes « est étroitement liée avec l’histoire du pays et l’oppression de la gente féminine haïtienne de manière spécifique. », précise Clorinde Zéphyr.

La coordonnatrice de la Solidarite fanm ayisyèn (Sofa), Sabine Lamour, a rappelé le sens symbolique et politique de la date du 3 avril, lors d’une conférence, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

« À chaque fois que les femmes dérogent à leur place dans la société, soit on les tue, comme on l’a fait pour Sanite Belair, soit on les traite de folles, comme on l’a fait pour Défilée, ou bien on les viole, comme on l’a fait pour Yvonne Hakim Rimpel », explique-t-elle.

La date du 3 avril est centrale et fondamentale pour les féministes haïtiennes, souligne Sabine Lamour.

« Par rapport à la situation politique actuelle du pays et à l’augmentation de la violence faite aux femmes, s’il y a une célébration dont nous devons nous approprier, sans aucune déviation de son sens profond, c’est le 3 avril », a encouragé, pour sa part, Clorinde Zéphyr.

Après la chute du dictateur Jean Claude Duvalier, la ligue féminine d’action sociale avait organisé, le 3 avril 1986, une grande manifestation, en vue de dénoncer la violation des droits des femmes à l’époque.

Cet événement, grande première dans l’histoire nationale, a réuni des milliers de manifestantes et de manifestants, dont des femmes de différents secteurs de la vie nationale. [dj emb rc apr 08/04/2019 14:50]