Perspectives

Haïti : Un mois après « Pays lock », de nouveaux mouvements anti-gouvernementaux se préparent


mardi 26 mars 2019

Par Gotson Pierre

P-au-P., 26 mars 2019 [AlterPresse] --- Comme à chaque date symbolique, depuis quelques temps, des mouvements de protestation sont annoncés pour le 29 mars 2019. C’est la date anniversaire de la constitution de 1987.

Des franges de l’opposition tentent d’adopter une logique unitaire et des réunions de concertation ont lieu. La coalition appelée Secteur démocratique et populaire se montre très active en ce sens.

Des annonces diverses, parfois menaçantes, revendiquées par des personnes ou groupes se multiplient sur les réseaux sociaux pour convier à des manifestations publiques et autres actions.

Nous sommes à un peu plus d’un mois du mouvement « pays lock » qui a paralysé les activités à travers le pays du 10 au 17 février derniers.

Les contrecoups socio-économiques sont importants, notamment pour le secteur touristique et hôtelier. La situation politique s’est détériorée et le premier ministre Jean-Henry Céant a été renvoyé la semaine dernière.

Dans ce contexte une certaine rivalité est apparue entre les deux chambres du parlement, faisant craindre le renforcement des blocages institutionnels. Ce qui pourrait alimenter les expressions de rejet de cette législature très décriée.

Le président Jovenel Moïse se montre assuré de pouvoir nommer dans les meilleurs délais un nouveau premier ministre devant remplacer Jean Michel Lapin qui expédie les affaires courantes.

Les tractations sont discrètes, mais on devrait être fixé dans moins d’un mois, si l’on en croit les prévisions de Moïse. Il souhaite être en phase avec les exigences du Fmi qui a annoncé une pause sur les démarches pour un prêt à Haïti de 229 millions de dollars sur 3 ans. Le Fond attend la mise en place d’un nouveau gouvernement et la préparation d’un budget pour l’exercice 2018-2019.

Jovenel Moïse renouvelle son appel à l’union entre les divers secteurs de la nation afin de sortir Haïti de l’impasse. Allusion faite explicitement à ses « frères et sœurs » de l’opposition, le 22 mars, au retour d’un mini-sommet à Miami avec le président Donald Trump et 4 autres chefs d’État et de gouvernement de la Caraïbe.

Le dialogue, oui, mais pas avec le président, clame à nouveau une partie de l’opposition, qui ne jure que par la démission du chef de l’État.

Les formations politiques les plus modérées parlent de la nécessité d’un vrai dialogue, pour aborder non seulement la crise conjoncturelle, mais aussi les problèmes socio-économiques de fond qui affectent la société.

L’Observatoire citoyen pour l’Institutionnalisation de la démocratie (Ocid) alerte sur les risques d’aggravation de la crise politique. Il recommande aux décideurs de mettre en œuvre les mesures économiques et sociales récemment annoncées et d’engager des actions énergiques en vue de la stabilisation d’Haïti.

L’Ocid appelle le pouvoir en place à donner la priorité, entre autres, au projet de loi électorale, alors que l’échéance des législatives partielles d’octobre prochain suscite beaucoup de questionnements. [gp apr26/03/2019 04 :00]