Dépêches

Haïti-Politique : L’Ocid craint une aggravation de la crise


lundi 25 mars 2019

P-au-P, 25 mars 2019 [AlterPresse] --- L’Observatoire citoyen pour l’Institutionnalisation de la démocratie (Ocid) alerte sur les risques d’aggravation de la crise politique, dans un communiqué dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

L’Ocid se dit préoccupé par la multiplication des décisions ou prises de position des acteurs politiques, en particulier ceux des pouvoirs publics qui contribuent considérablement à cette dégradation.

Les poches d’insécurité continuent de se multiplier dans le pays alors qu’aucune action énergique et soutenue n’a été jusqu’ici engagée pour rassurer la population frappée d’une véritable psychose de peur, critique-t-il, appelant à la mise en œuvre d’un plan cohérent de lutte contre l’insécurité.

L’Ocid recommande aux décideurs, plus particulièrement, au chef de l’État et aux deux chambres du parlement d’engager des actions énergiques affirmant leur volonté politique d’œuvrer à la stabilisation du pays.

Il les exhorte à engager un processus de dialogue plus crédible qui puisse rassurer un maximum d’acteurs politiques et de la société civile.

Le président Jovenel Moïse a appelé à l’union entre les divers secteurs de la nation afin de sortir Haïti de l’impasse, lors d’une conférence de presse tenue le 22 mars, après son retour de Miami, où il a participé à un mini-sommet entre le président Donald Trump et 5 chefs d’État et de gouvernement de la Caraïbe.

Le Secteur démocratique et populaire entend dialoguer, mais pas avec le président Jovenel Moïse, confie le député de Fanmi Lavalas Joseph Manes Louis.

Le Secteur, qui a rencontré la semaine dernière le sénateur américain Marco Rubio, en visite à Port-au-Prince, a eu, le samedi 23 mars, une réunion avec ses alliés en vue de préparer la relance de la mobilisation anti-gouvernementale pour le 29 mars prochain.

L’Ocid appelle le pouvoir en place à donner la priorité aux projets ou propositions de loi notamment le budget 2018-2019 ainsi que le projet de loi électorale, entre autres.

L’adoption de ces instruments s’avère cruciale pour éviter l’aggravation de la crise dans les mois et années à venir, souligne-t-il.

Il conseille de « mettre fin aux polémiques politiciennes entre responsables et institutions d’État qui ne font qu’écorner l’image des institutions et affaiblir davantage un État déjà fragile et en difficulté pour assurer ses fonctions régaliennes ».

La banalisation des demandes sociales n’aura d’autre conséquence que la radicalisation de la contestation, anticipe l’Ocid. [mff emb gp apr 25/03/2019 16 :10]