Perspectives

Politique/Droits humains : Doutes sur l’opportunité de solutions durables à l’insécurité en Haïti, avec la réactivation de la commission nationale de désarmement, anticipe la Fjkl


mercredi 13 mars 2019

P-au-P, 12 mars 2019 [AlterPresse] --- La réactivation de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (Cnddr), ne portera pas de fruit, estime la Fondasyon Je Klere (Fjkl).

Cette nouvelle commission de désarmement n’apportera aucune solution durable à l’insécurité, qui règne en Haïti, déclare Marie Yolène Gilles, directrice exécutive de la Fjkl, lors d’une conférence de presse, le mardi 12 mars 2019, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Depuis quelque temps, les cas d’attaques de bandits et d’autres agressions armées, sur les citoyennes et citoyens, se multiplient, à travers le territoire national, en Haïti, sans aucune disposition institutionnelle de prévention.

La Police nationale d’Haïti (Pnh), qui subit également les violences armées de bandits, qui sèment la mort dans ses rangs, serait impuissante à faire face à ce regain d’insécurité, sous de nouvelles formes et sous divers tentacules.

Il se dit que certaines autorités seraient de connivence avec les gangs armés, qui se déploient en divers points du territoire national en Haïti.

La presse nationale relate seulement une partie de ces multiples cas d’agressions armées, qui tendent à gagner en ampleur, partout en Haïti, selon les témoignages recueillis par l’agence en ligne AlterPresse.

Tous les jours, les familles rapportent beaucoup de cas de proches, victimes de violence armée, en divers endroits.

Les gangs armés opèrent à visière levée. Beaucoup de voix se demandent qui a intérêt à alimenter ces gangs en armes et munitions.

Bénéficiant de l’impunité institutionnelle, les gangs armés gagnent de plus en plus de territoire en Haïti. Ils tendent à faire régner leurs propres lois dans divers quartiers, notamment dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Le vendredi 8 mars 2019, très tôt dans la matinée, des tirs d’armes ont créé l’émoi et la panique chez habitantes et habitants, dans la capitale, particulièrement au nord et à l’ouest de Port-au-Prince, dans les environs de la grande agglomération de Cité Soleil ainsi qu’à La Saline, à proximité desquelles se trouve une grande station d’autobus et d’autres véhicules de transports publics, qui font la navette entre Port-au-Prince et diverses autres villes, en province.

L’initiative présidentielle, de réactiver la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (Cnddr), serait entreprise dans le but de leurrer les citoyennes et citoyens, critique la Fjkl, qui déplore une absence de volonté réelle pour effectuer un désarmement total à travers le territoire national en Haïti.

« Nous ne devons pas renouveler une commission, qui n’a pas donné de résultats », conseille la Fjkl.

« Nos frontières sont aujourd’hui livrées aux gangs armés et les zones de non droit se multiplient, malgré le support apporté par la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) à l’État haïtien en 2004 », signale-t-elle.

La présence d’étrangers armés, sur le territoire haïtien, en dit long sur les contours de la politique de désarmement, annoncée dans le pays, critique-t-elle.

8 personnes, dont cinq Américains, un Serbe et un Russe, ont été arrêtés, le dimanche 17 février 2019, en flagrant délit, avec des armes de guerre et de munitions, sur le sol national.

Les 7 étrangers ont laissé le pays, en direction des Etats-Unis d’Amérique, trois jours plus tard, soit le mercredi 20 février 2019, suite à un transfert autorisé par le Ministère de la justice et de la sécurité publique.

La Fondasyon Je Klere recommande aux autorités de mettre en place un bon service de renseignements ainsi qu’une structure, qui contrôle la circulation des armes à feu sur le territoire national et les frontières.

Elle encourage à consolider la capacité de la Police nationale d’Haïti (Pnh) pour qu’elle soit plus opérationnelle.

Accompagné du premier ministre Jean-Henry Céant et du président de la Cour de Cassation, René Sylvestre, le président Jovenel Moïse a procédé, le lundi 11 mars 2019, au Palais national, à l’installation des 9 membres de cette nouvelle commission de désarmement.

La réactivation de la Cnddr avait été annoncée, en novembre 2018, par Jovenel Moïse, suite aux mobilisations anti-gouvernementales.

Créée en 2004, la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (Cnddr), dans laquelle plusieurs milliers de dollars américains (Ndlr : US $ 1.00 = 83.00 gourdes ; 1 euro = 100.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.80 gourde aujourd’hui) ont été investis, avait échoué. [mj emb rc apr 12/03/2019 15:25]